Sexe, love et gaudriole : le blog Sexe de Flu
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A corps et écrits. A vous de lire entre les lignes. Voir aussi les collections enfer et curiosa.

Effeuillage : Osez les sextoys d'Ovidie

Posté par Mon Missionnaire le 24.04.08 à 16:48 | tags : porno star, livre érotique, orgasme, sextoy
Ovidie, elle a l'air cool. Elle avait déjà fait le topo sur le point G, maintenant elle s'attaque aux sextoys. Pourtant, s'il y a bien un sujet bateau, passé et repassé au fil de l'actualité, c'est bien celui des sextoys. Mais Ovidie, elle, arrive à vous intéresser au thème, à vous apprendre mille choses en racontant ses propres expériences et même, à faire sourire par son franc-parler. Et finalement, s'il y a bien un livre utile concernant les sextoys, c'est celui-ci. Osez les sextoys, publié aux éditions de la Musardine. Avec mode d'emploi, présentation, les questions (pas forcément) posées, les lieux où en acheter. Très complet, en 140 pages. Un passage, un seul, pour faire monter la sauce :

"L'inconvénient, lorsqu'on découvre les vibromasseurs, c'est que très vite la façon de se masturber évolue. Tandis qu'il ne faut plus que quelques secondes au plaisir pour "monter", nos doigts d'antan semblent bien laborieux à frotter indéfiniment le clitoris en quête d'un orgasme de plus en plus long à venir. Pour ma part, c'est à partir de ce jour que mes orgasmes, que j'avais déjà facilement "à répétition", sont devenus particulièrement nombreux. Là où avant un, deux ou trois orgasmes pouvaient me satisfaire, c'était désormais vers la dizaine que m'entraînaient les sextoys.
Mon rituel masturbatoire a donc connu une évolution radicale. Car, qu'on se le dise, on ne sort pas tout à fait dans le même état d'un petit orgasme que d'une grosse dizaine. J'ai rapidement compris que lors de mes pratiques solitaires, je ne déchargeais plus la même quantité d'énergie ni ne sécrétais le même taux d'endorphines qu'auparavant. J'ai également constaté un renforcement de mes contractions périnéales lors de mes orgasmes. C'est à cet instant que j'ai réfléchi à la manière d'utiliser à bon escient cette importante réaction physique résultant de mes capacités multi-orgasmiques. Il devenait nécessaire de joindre l'utile à l'agréable."

Osez les sextoys, Ovidie, La Musardine, 2008

Ed fox : le pied est-il glam ?

Posté par Mon Missionnaire le 01.04.08 à 14:04 | tags : livre érotique, fétichisme, interview, photo érotique

C'est facile de reconnaître un joli pied d'un pied pas beau. C'est facile de dire ce qu'on préfère entre la cheville et le talon, les orteils vus du dessus ou du dessous. Mais à quel moment peut-on se dire fétichiste des pieds ? Est-ce quand on prend plus son pied (ho ho ho) quand on le lèche ou qu'on le masse ? Qu'on le touche avec sa main ou avec le joujou sexuel que Dame nature nous a donné ? Bref, j'avais des questions bien naïves à poser à Ed Fox et il y a répondu. Le photographe publie chez Taschen Ed Fox : Glamour from the Ground Up : l'occasion de faire le point et de nous demander tout simplement si le pied est sexy. Ou pas.

Lire l'interview d'Ed Fox


Effeuillage : le sexe selon Paulo Coelho

Posté par Mon Missionnaire le 27.03.08 à 16:23 | tags : livre érotique, amour, sexe et société
Je sais, je sais : Paulo Coelho, certains diront que c'est de la littérature de jeunes filles, voire de gare SNCF. Le genre d'auteurs dont on aime beaucoup le livre sur le coup, mais qu'on oublie totalement deux jours après, tout incapables qu'on est de répéter "de quoi ça parle". Et je sais que le trip mystique genre Légende personnelle, ça laisse certains de marbre.

Mais tant pis. J'apprends récemment que Paulo Coelho tient son blog et j'ai été ravi de découvrir qu'il publiait actuellement des textes sur le sexe. Tirés de mystérieuses conversations avec un certain J., c'est un moyen comme un autre de respirer un peu...
...Entre les sextoys, le Viagra, les rapports de Durex sur qui baise le plus ou le mieux, les spams qui vous poussent à vous mettre des machines sur le zizi pour vous faire croire qu'il pousse comme un poireau, on a envie de dire STOP. Assez, y en a marre, ¡callate!, casse-toi pauvre con. Et rappeler, un instant seulement, que le sexe n'est pas une affaire de performance. Juste de relaxation, d'aisance avec l'être cher, de partage de plaisirs, de capacité à être altruiste. Mais tout ça, l'auteur brésilien en parle mieux que moi.

- On devrait prendre conscience que, lorsque deux corps se rencontrent, ils entrent ensemble en territoire inconnu. Transformer cela en expérience quotidienne, c'est perdre le côté merveilleux de l'aventure.
- Y a-t-il une solution ?
- La première : vous n'êtes pas seul. Si l'autre personne vous aime, lui ou elle partage les mêmes doutes, aussi sûr que vous avez l'air de paraître.
La seconde est : ouvrir la boîte secrète de vos fantasmes, et n'ayez pas peur de les accepter. Les normes sexuelles, ça n'existe pas, vous devez trouver les vôtres, et respecter une seule condition : ne jamais rien faire sans le consentement de l'autre.
La troisième : sanctifier ce qui est sacré. Soyez créatif, purifier votre âme à travers des rituels que vous inventerez - comme créer un espace sacré, faire des offrandes, apprendre à rire ensemble, afin de laisser tomber la barrière de l'inhibition. Comprendre que ce que l'on fait est la manifestation de l'énergie divine.
La quatrième : explorez votre côté opposé. Si vous êtes un homme, cherchez quelques fois à penser et agir comme une femme, et vice versa.
La cinquième : comprendre que l'orgasme physique n'est pas exactement le seul objectif de l'acte sexuel, mais sa conséquence, qui peut avoir lieu ou non. Le plaisir n'a rien à voir avec l'orgasme, mais avec la rencontre.
La sixième : soyez telle une rivière, coulant entre deux rives opposées, comme la montagne et le sable. D'un côté, la tension naturelle, de l'autre, la relaxation totale.
La septième : identifiez vos peurs, partagez-les avec votre partenaire.
Et finalement, la huitième : donnez-vous le droit au plaisir. Aussi anxieux que vous êtes à donner, l'autre désire exactement la même chose. Si, lorsque deux corps se rencontrent, tous deux veulent donner et recevoir, tous les problèmes disparaissent.
Alexander Lowen disait que le comportement naturel de l'homme est ouvert à la vie et l'amour. Cependant, notre culture nous a forcé à croire qu'il n'en était pas ainsi, que nous devions rester fermés et méfiants. Nous pensons qu'en agissant de cette façon, nous ne serons pas blessés par les surprises de la vie. Mais ce qui se passe, c'est que nous ne tirons aucun avantage de nos vies.


L'auberge espagnole : sainteté et sexualité

Posté par Mon Missionnaire le 19.03.08 à 17:00 | tags : orgasme, livre érotique, auberge espagnole, vécu
Je ne sais si vous êtes au courant, mais les rues d'Espagne s'apprêtent, pour la Pâques, à grouiller de statues de figures religieuses énormes et baroques. Jésus, Marie, peut-être Joseph : les confréries religieuses sortent les icônes dans les rues pour se lamenter de la mort du Christ, avant de fêter Sa résurrection. Hier soir, donc, on répétait dans les rues de Grenade avant l'arrivée des milliers de touristes. Près de chez moi, des badauds en masse, les statues sacrées entourées d'or et de fleurs, une fanfare militaire qui joue des airs mélancoliques accompagnés d'un funeste tambour. Je pensais que j'allais trouver ça kitsch, et en fait pas du tout. C'est d'une beauté envoûtante, cette cérémonie, l'Histoire semble rugir devant nous, tandis qu'on admire les pénitents cagoulés tels des membres du Ku Klux Klan (un peu flippant sur les bords, d'ailleurs).

Le mysticisme, donc, s'empare de l'Espagne pour cinq jours. L'occasion, pour nous, de rendre hommage à l'héritage catholique que la péninsule a apporté au monde occidental. Et la figure de proue d'un tel légat, c'est Sainte Thérèse d'Avila. On apprend chez notre ami Wikipédia qu'elle a été élevée entre les romans et les édifiantes vies de saints. Qu'elle a déjà succombé à la tentation dans sa jeunesse avant que son père l'envoie au couvent, à Avila. Elle y trouve son bonheur, mais il semble aussi qu'elle n'arrête pas de souffrir de problèmes de santé. Bref, ce qu'on retiendra d'elle, ce sont son esprit réformateur et le fait qu'elle a vu tous ceux qui squattent le Paradis : Jésus, le Père, Marie, des saints, des anges, etc. Et surtout, surtout, un ange, dont elle parle dans sa biographie et qui a inspiré cette magnifique sculpture du Bernin. Je vous restitue ce passage littéraire resté célèbre :

"Je voyais dans les mains de cet ange un long dard qui était d'or, et dont la pointe en fer avait à l'extrémité un peu de feu. De temps en temps il le plongeait, me semblait-il, au travers de mon cœur, et l'enfonçait jusqu'aux entrailles ; en le retirant, il paraissait me les emporter avec ce dard, et me laissait tout, embrasée d'amour de Dieu.

La douleur de cette blessure était si vive, qu'elle m'arrachait ces gémissements dont je parlais tout à l'heure : mais si excessive était la suavité que me causait cette extrême douleur, que je ne pouvais ni en désirer la fin, ni trouver de bonheur hors de Dieu. Ce n'est pas une souffrance corporelle, mais toute spirituelle, quoique le corps ne laisse pas d'y participer un peu, et même à un haut degré. Il existe alors entre l'âme et Dieu un commerce d'amour ineffablement suave. Je supplie ce Dieu de bonté de le faire goûter à quiconque refuserait de croire à la vérité de mes paroles. Les jours où je me trouvais dans cet état, j'étais comme hors de moi ; j'aurais voulu ne rien voir, ne point parler, mais m'absorber délicieusement dans ma peine, que je considérais comme une gloire bien supérieure à toutes les gloires créées."

Sainte Thérèse d'Avila, carmélite réformatrice, docteur de l'Eglise, Chapitre XXIX

J'ai souligné en gras les quelques passages qui montrent combien l'extase spirituelle se rapproche des plaisirs charnels. Une jouissance telle qu'elle en vient à être douloureuse, ça resemble bien à un orgasme, non ? Et combien d'autres mystiques ont fait de même ! Angèle de Foligno nue au pied de la Croix, Catherine de Sienne, furieuse, criant "Amour, amour !" dans l'église, ou encore Madeleine de Pazzi, roulant dans la neige pour calmer le feu qui brûlait ses membres. Toutes réussissent à prouver une chose : on peut parler à Dieu comme on parle à son amant.

Vis ma vie de sextoy

Posté par Mon Missionnaire le 10.03.08 à 14:07 | tags : livre érotique, blogs sexy, sextoy
Telex : "Et le voilà qui arrive et qui coupe notre moment complicité, dès qu’il entre dans la pièce, elle n’a d’yeux que pour lui. Il m’énerve, il la suit partout. Moi aussi, je le ferais, si j’avais des pattes…Mais je n’ose rien dire, il est bien plus grand que moi."
Extrait d'un des textes proposés au nouveau concours de Pinkeo. Il s'agit, cette fois, d'envoyer un petit texte sur le thème "Une journée dans la peau d'un sextoy". Tous les textes seront publiés, mais quatre seulement seront sélectionnés et leurs auteurs recevront un Rapid Rabbit en cadeau. Les autres recevront tout de même un petit cadeau surprise.

La société du sexe marchand

Posté par Mon Missionnaire le 07.03.08 à 13:39 | tags : livre érotique, interview, sexe et société
Imaginez que la prostitution devienne une part du grand marché mondial. Qu'on achète des actions d'un tel bordel, qu'on se vende des parts de société résonnant aux noms de "Ginette" ou "La grande Berta" ou encore "Lulu les gros nénés". Que les projets de parcs à thèmes orgiaques se multiplient sur tout le territoire, qu'on aille à Disneyland comme on va tirer son coup.
Dans une société où le capitalisme investit tout, croit que tout peut susciter des profits, et qui a déjà pénétré et créé un marché du sexe. Dans un monde où une Indienne a récemment vendu sa virginité sur EBay, Charles Robinson est allé encore plus loin. Son premier roman le laisse imaginer le projet d'un entrepreneur charismatique, une Cité qui témoigne du "processus d'érotisation de la société". Dans une région sinistrée économiquement, en France, il présente son projet savamment calculé dans Génie du proxénétisme, à la manière d'un Chateaubriand présentant le Génie du Christianisme dans une société révolutionnaire et laïcisée.
La question qu'on se pose alors est simple : apologie ou réquisitoire ? Un peu des deux, comme on peut le lire dans l'entretien réalisé par Céline Ngy.

Lire la chronique du Génie du proxénétisme
Lire l'interview de Charles Robinson

Effeuillage : la clé du clitoris

Posté par Mon Missionnaire le 18.02.08 à 16:25 | tags : cunni, livre érotique, clitoris

Mais en 2007, un constat : alors que tout le monde devrait connaître cet organe grâce à l'enseignement sexuel dispensé à l'école, on constate que nombre d'hommes (et de femmes) n'en ont jamais entendu parler, ou choisissent de faire comme s'ils n'en avaient jamais entendu parler : le clitoris, encore aujourd'hui, reste le plus souvent passé sous silence. En dépit de l'offensive des sextoys clitoridiens, rarement désignés comme tels, les hors-séries sexy des magazines évoquent très peu le petit détonateur - préférant se cantonner aux conseils en lingerie ou aux Kama-sutra illustrés. Au cinéma ? Les films grand public limiteront presque toujours les scènes d'amour à un classique missionnaire. La pornographie, alors ? Le film X qui s'est le plus préoccupé du clitoris le plaçait au fond de la gorge de l'actrice Linda Lovelace : c'était en 1972, le monde découvrait Gorge Profonde... pas vraiment le top pour faire jouir une femme. [...]
En 2007, tous les adolescents savent ce qu'est la sodomie, mais beaucoup d'entre eux ne peuvent pas situer le clitoris. Cantonné aux préliminaires, ce petit centimètre carré aux milliers de ramifications joue les seconds rôles : simple mise en bouche, quand il n'est pas excisé, destiné à provoquer une lubrification vaginale pour passer aux choses sérieuses. Bien sûr, il n'en est pas systématiquement ainsi. Mais dans notre imaginaire, notre culture, nos représentations artistiques, la relation sexuelle est une pénétration. Or, le clitoris ne se pénètre pas.

Extrait du livre La revanche du clitoris, essai signé par Maïa Mazaurette et Damien Mascret, publié aux éditions La Musardine, collection L'attrape-corps. Pour plus d'infos, vous pouvez lire les trois réponses que Maïa nous a donné aux trois questions que nous lui avons posées.
Lire l'interview de Maïa Mazaurette

10 courtisanes françaises exubérantes

Posté par Mon Missionnaire le 15.02.08 à 15:07 | tags : livre érotique, femme, pute, secret érotique

Faisons donc le récapitulatif des courtisanes françaises, réelles ou non, qui ont marqué l'histoire en prouvant combien elles savaient ce que liberté sexuelle voulait dire. D'une certaine façon, elles méritent bien un hommage.

Ce ne sont évidemment pas de bons exemples pour la jeunesse. Ces femmes libres payaient leur liberté en se livrant à la prostitution de haut vol. Mais elles avaient des caractéristiques amusantes.

1. La Dame aux Camélias (Marie Duplessis, 1824-1847)
Elle portait toujours à la boutonnière un camélia de couleur blanche, ce qui lui valut son surnom... Sauf quelques jours par mois. La fleur était alors de couleur rouge, et ses amis comprenaient le message. Une pièce d'Alexandre Dumas fils la rendit célèbre dans le monde entier.

2. Valtesse de la Bigne
(Lucie Emilie Delabigne, 1848-1910)
Son "centre du plaisir" était abondamment ombragé du plus beau rouge de Venise et elle avait, malgré la froideur de ses sentiments et la distance qu'elle conserva toujours à l'égard du sexe ennemi, le don physiologique bien curieux d'être constamment "prête pour l'amour".

3. Lola Montès (Maria Dolorès Elisa Rosanna Gilbert, 1818-1861)
Sa vie fut incroyablement romanesque : elle eut pour amants la plupart des têtes couronnées de son temps et fut un moment la favorite de Louis II de Bavière. Peu avare de ses charmes, elle apparut un soir dans un petit salon, le visage dissimulé sous un masque de carnaval, à peine vêtue d'une paire de bottes dans lesquelles elle avait glissé une cravache... Les spectateurs furent éblouis par "ses petits seins gonflés à la voluptueuse sensibilité..."

4. La Présidente (Aglaé-Joséphine Savatier, 1822-1889)
On peut l'admirer nue et de marbre au Musée d'Orsay, immortalisée par le sculpteur Jean-Baptiste Clésinger dans son oeuvre La femme piquée par un serpent (Illus). Un critique de l'époque trouva que "cette femme piquée par un serpent n'exprime pas le moins du monde la douleur [...], mais les convulsions du plaisir."

5. La Païva (Thérèse Lachmann, marquise de Païva, 1819-1884)
Elle naquit dans le ghetto de Moscou en 1819. Après des débuts dans la galanterie, elle épousa en juin 1851 le marquis Albino-Francesco de Païva-Aranjo. Le lendemain de ses noces, elle aurait dit à son mari : "Vous avez voulu coucher avec moi et vous y êtes arrivé en faisant de moi votre femme. Je voulais une position sociale et je l'ai, mais votre femme n'est qu'une prostituée... Retournez au Portugal ! Je resterai ici avec votre nom et je continuerai à faire la putain."

6. La Belle Otéro
(Caroline Otéro, 1868-1965)
Née vers 1868 en Galicie, on la décrivait comme une "femme aux lèvres sanglantes, aux cheveux noir corbeau pleins de luxuriants ondoiements..." elle fit profiter de ses grâces la plupart des souverains de l'époque - Edouard VII, Léopold II de Belgique, Nicolas II de Russie, Alphonse XIII d'Espagne, le Shah de Perse - avec qui elle appliquait à la lettre sa devise : "La fortune ne vient pas en dormant... seule."

7. La Barucci (Giulia Benini, 1837 ?-1870 ?)
Elle promit une nuit d'amour "gratuite" à un jeune officier, si celui-ci oserait se promener nu sous ses fenêtres, avenue des Champs-Elysées. Ce qu'il fit, à cheval, à la tête de ses troupes. Cela devait en valoir la peine.

8. La Castiglione (Virginia Oldoini, comtesse Verasis di Castiglione, 1837-1899)
Une grande partie du charme de cette belle espionne tenait à un petit détail, rapporté par Horace de Viel-Castel : "sa gorge est vraiment admirable ; elle se dresse fièrement comme la gorge des jeunes Mauresques ; les attaches n'ont pas de plis ; en un mot, les deux seins semblent jeter un défi à toutes les femmes."

9. Mata Hari (Marghareta Geertruda Zelle, 1876-1917)
Espionne au service de l'Allemagne, elle fut surtout "danseuse nue". Son spectacle de "danses indiennes" se terminait toujours de la même manière : "Elle jette au loin les ornements qui cachent ses seins. Puis nue, démesurément grande et blanche, elle s'allonge immensément, toute droite dans les ténèbres..."

10. Nana
(personnage de roman, fille de Gervaise et de Lantier)
Pour son roman, Emile Zola a sans doute essayé de faire la synthèse de tous les personnages réels que nous venons de croiser pour dresser le portrait de son héroïne. Sa première apparition sur la scène de théâtre, est une révélation : "elle était nue avec une tranquille audace. Une simple gaze l'enveloppait ; ses épaules rondes, sa gorge d'amazone dont les pointes roses se tenaient levées et rigides, comme des lances, ses larges hanches qui roulaient dans un balancement voluptueux, ses cuisses de blonde grasse, tout son corps se devinait, se voyait sous le tissu léger, d'une blancheur d'écume."

Avant-première : cet inédit est extrait du livre "1001 secrets érotiques" de Marc Dannam, disponible à partir du 28/02 aux éditions La Musardine.


10 manières d'agiter la "Tige de Jade"

Posté par Mon Missionnaire le 13.02.08 à 16:51 | tags : livre érotique, bite, secret érotique
Rapide topo : hier, je reçois un nouveau livre des éditions La Musardine, "Osez...1001 secrets érotiques", de Marc Dannam. Je l'ai ouvert et ne l'ai pas refermé depuis. C'est une véritable Bible de la sexualité, une mine d'informations qui nous a fait penser, Mambo Miam Miam et moi, qu'on pouvait vous en publier quelques extraits.

Le livre sort officiellement le 28 février : d'ici là, vous pourrez retrouver sur SLG les secrets érotiques patiemment accumulés par Marc Dannam et publiés par La Musardine.

Le principe est simple : une centaine de listes, dix secrets à savourer à chaque fois. Aujourd'hui, "Dix manières d'agiter la Tige de Jade d'après les érotologues chinois" :

Selon le maître taoïste Li Tsong-Hsuan, médecin du VIIe siècle : "il y a neuf manières d'agiter la Tige de Jade..." Soit neuf manières pour l'homme de faire mouvoir son sexe dans le vagin de son amoureuse. Neuf ? Voyons voir !

1. "S'en servir comme un fléau, de droite et de gauche, à la manière dont un général courageux disperse les rangs ennemis."
2. "La mouvoir de haut en bas comme un cheval sauvage qui fait le saut de mouton en passant une rivière."
3. "Se retirer et s'enfoncer comme un vol de mouettes qui se jouent dans les vagues."
4. "Alterner rapidement des coups profonds et peu profonds, à la manière d'un moineau bécquetant des grains de riz délaissés dans le mortier..."
5. "Des coups profonds et peu profonds en succession régulière, comme de grosses pierres s'abîmant dans la mer."
6. "Pousser en avant avec lenteur, comme un serpent qui entre dans son trou pour hiberner."
7. "Des poussées rapides, à la manière d'un rat effrayé qui se précipite dans son trou."
8. "S'élever lentement, comme en traînant les pieds, à la manière d'un faucon agriffant un insaisissable lapin."
9. "S'élever d'abord, puis piquer du nez, comme une grande voile qui brave le coup de vent."
10. Mais le bon maître oubliait la dixième : simplement se tenir immobile, et attendre que cela se passe...

Avant-première : cet inédit est extrait du livre "1001 secrets érotiques" de Marc Dannam, disponible à partir du 28/02 aux éditions La Musardine

100 orgasmes féminins différents

Posté par Mon Missionnaire le 16.01.08 à 15:29 | tags : orgasme, livre érotique, femme
Vous connaissez sans doute ce mythe étrange de la Grèce antique : Zeus et Héra, sa femme, se disputaient un jour pour savoir qui de l’homme ou de la femme éprouvait le plus de jouissance pendant l'amour. Zeus pensait qu'il s'agissait de la femme, Héra de l'homme. Ne pouvant se mettre d’accord, ils allèrent consulter Tirésias. Celui-ci avait vécu autrefois comme femme et vivait à cette époque en tant qu’homme. Il leur répondit donc sans hésiter : quand l’homme jouit une fois la femme jouit neuf fois. Si la jouissance se compose de dix parties, l’homme n’a droit qu’à une seule et la femme emporte les neuf autres. Héra, fâchée d'avoir tort, lui arracha les yeux et pour compenser, Zeus lui offrit le don de la voyance. D'autres versions concluent l'histoire en affirmant qu'Héra arracha les testicules de Tirésias afin qu'il redevienne femme, capable d'une meilleure jouissance.

Tout ça pour vous dire que Karen Manning (Moaning ?), une mère de famille anglaise de 41 ans, vient de publier un livre sur l'orgasme féminin. Une Bible du plaisir qu'elle a pu écrire après des années d'expériences avec son mari. La chanceuse dit qu'elle a pu identifier une centaine d'orgasmes différents, de A à Z. Le traditionnel "Oh Mon Dieu", celui qu'on a dans un avion, mais aussi d'autres plus orginaux, comme l'électrifiant, qui laisse les spasmes envahir votre corps, l'orgasme rapide ou la "vague déferlante". Avec tout ça, les hommes se retrouvent avec plus grand-chose. Et pourtant, je suis sûr qu'il existe bien.... trois, cinq, sept orgasmes masculins différents, non ? Ok, je sors.

Effeuillage : L'érotisme de l'Immeuble Yacoubian

Posté par Mon Missionnaire le 11.01.08 à 16:45 | tags : drague, livre érotique, femme
J'avais un peu du mal à rentrer dans ce livre. Difficile de m'en décoller maintenant. L'Immeuble Yacoubian, d'Alaa El Aswany (qui a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 2006) nous fait découvrir l'Egypte au XXe siècle à travers une galerie de portraits passionnante. Riches, pauvres, modernes ou réactionnaires, jeunes et vieux se concentrent dans ce seul immeuble des beaux quartiers du Caire. Et on y découvre toutes les facettes de l'Egypte telle qu'on ne la connaissait pas : corruption, islamisme, désespoir, homosexualité latente, poids des traditions. La sexualité, dans un tel contexte, fait figure de pierre angulaire dans un monde où l'on préfère ne pas la voir. L'Immeuble Yacoubian, je vous le conseille, donc, et je retiens un passage parmi de nombreux autres...

Au cours de cette année, Boussaïna avait appris beaucoup de choses : par exemple, qu'elle avait un beau corps, attirant, et que ses grands yeux couleur de miel, ses lèvres pulpeuses, sa poitrine abondante, son postérieur rond et frémissant, ses deux fesses tendres étaient des éléments importants dans sa relation avec les gens. Elle vérifia que tous les hommes, si vénérable que soit leur apparence et si élevée que soit leur position, étaient extrêmement faibles devant une belle femme. Cela la poussa à faire des expériences divertissantes et pleines de malice : si elle rencontrait un homme agé et respectable, elle aimait le mettre à l'épreuve. Elle adoucissait sa voix, se dandinait, cambrait sa poitrine plantureuse et savourait ensuite le spectacle de l'homme vénérable qui s'adoucissait, se mettait à parler d'une voix tremblante et dont les yeux se brouillaient de désir. Voir les hommes soupirer après elle la comblait d'une délectation qui était comme un baume qui remplissait son coeur d'une joie vindicative. Au cours de cette année, elle s'était également rendu compte que sa mère avait complètement changé. Lorsque Boussaïna abandonnait un travail à cause du harcèlement des hommes, sa mère accueillait la nouvelle dans un silence proche de la contrariété. Une fois que le cas s'était reproduit, elle avait dit à Boussaïna qui se levait pour quitter la pièce :
- Tes soeurs et ton frère ont besoin du moindre centime que tu peux gagner. Une fille débrouillarde sait à la fois se préserver et préserver son emploi.
Cette phrase avait rempli Boussaïna de tristesse et de perplexité : "Comment puis-je me préserver devant un homme qui ouvre son pantalon ?"

L'Immeuble Yacoubian, Alaa El Aswany, éditions Actes sud, p. 60

Sur Flu : Le porno dans le monde arabe

L'Enfer de la BNF : le dossier Flu

Posté par Mon Missionnaire le 17.12.07 à 13:05 | tags : paris sexy, évènement, livre érotique, enfer, interview
On vous en avait parlé, mais on ne pouvait pas passer à côté ainsi sans rien faire. Fluctuat consacre donc un dossier à la sulfureuse exposition qui se tient actuellement à la Bibliothèque François Mitterrand, "L'enfer : Eros au secret". Au cas où vous ne le saviez pas, l'Enfer, c'est la partie réservée d'une bibliothèque aux livres interdits. Erotiques, grivois, libertins, carrément pornographiques, voire politiques, cette section attire autant qu'elle suscite de mystères. Longtemps cachée, elle est désormais ouverte au public le temps de quelques mois, avant de redevenir secrète. Profitez-en, donc, pour aller à la BNF. Et si vous ne pouvez pas ? Eh bien, vous pouvez toujours vous satisfaire de notre dossier. Une critique de l'exposition, c'est déjà pas mal. Mais en plus, on vous propose une sélection de 10 textes infernaux, revus et corrigés par Anne Archet. Et quand l'amatrice de livres anciens se prête au jeu de l'interview, elle nous parle de la place de la femme dans l'Enfer. En ajoutant le détail qui tue : le Vatican aurait lui-même sa propre collection d'ouvrages érotiques. A quand l'exposition ?

Sur Fluctuat :
- La critique de l'exposition "L'Enfer"
- Sélection de dix textes infernaux
- Entretien avec Anne Archet

Sur SLG : le meilleur de la littérature érotique

Effeuillage : La liberté d'offenser de Ruwen Ogien

Posté par Mon Missionnaire le 04.12.07 à 16:34 | tags : livre érotique, porno, sexe et société, censure

Il serait naïf de penser qu'il suffirait de censurer complètement les représentations sexuelles explicites pour que ce monde devienne une vallée de roses. Ainsi, la carte des pays où la pornographie est interdite coïncide avec celle des Etats où l'intégrité physique et le respect des droits des femmes et des minorités sexuelles sont les moins garantis. Inversement, partout où la pornographie est tolérée, les femmes sont plus libres et les minorités sexuelles mieux protégées. Cela ne veut évidemment pas dire que c'est la diffusion des représentations sexuelles explicites qui cause ces libertés, ce qui serait absurde, mais seulement qu'elle ne les entrave aucunement alors que leur interdiction est plutôt mauvais signe.
Il y a quelques années, la mode était aux commentaires apocalyptiques sur l'état des "ados" exposés au "porno" : déshumanisation de la sexualité, incapacité de reconnaître l'"autre", difficultés à distinguer la réalité de la fiction, langage ordurier...
J'en oublie certainement, mais il faut dire que j'ai du mal à comprendre ce langage étrange où certains styles de vie sexuelle, qui ont pour seul inconvénient de ne pas être conformes à une certaine idéologie romantique et hétérosexuelle, sont présentés comme des troubles psychologiques personnels.[...]
Ces commentaires évitent la seule question qui vaut finalement la peine d'être posée, c'est-à-dire : "Où est le mal ?"
[...] On peut certes critiquer l'"esthétique porno", la trouver laide ou ridicule (comme tous ceux qui ne comprennent rien à la mode). Mais pourquoi la rendre responsable de tant de maux psychologiques ou moraux ?

Ruwen Ogien semble être un auteur intelligent et énervé. Enervé par le voile de pudeur que nous imposons encore aux représentations sexuelles explicites, intelligent par les conclusions qu'il rend dans son livre La liberté d'offenser, l'art, le sexe et la morale. Les sociétés occidentales sont prêtes à tolérer les représentations sexuelles dites artistiques, mais maudissent toujours ce qui, à la fois, nous attire et nous répulse. L'obscène, en un mot. L'auteur va donc chercher tout ce qui pourrait expliquer cette ambivalence, des traditions judéo-chrétiennes au poids de la justice et de la censure qui en ont hérité. Et revendique aussi le droit d'exposer tout, même ce que la morale réprouve. Allant jusqu'à détruire les arguments de tous les puritains et moralistes en croisade contre le sexe totalement libre. A conseiller, donc, à ceux qui voudraient bien mater un bon film porno sans qu'on leur dise en quoi ce genre de films, c'est mal. Sinon, on peut toujours les renvoyer au livre de Robert Jensen dont on a parlé récemment sur SLG.

La liberté d'offenser, l'art, le sexe et la morale, Ruwen Ogien, Editions La Musardine, collection L'attrape-corps, pp. 119-122.

L'Enfer de la Bibliothèque

Posté par Mon Missionnaire le 04.12.07 à 12:32 | tags : paris sexy, évènement, livre érotique, enfer

Ce monde c'est celui de l'anonymat, du pseudonyme, des fausses adresses, des dates trompeuses, des éditeurs clandestins, des lieux clos, celui des couvents, des boudoirs, des bordels, des prisons mais aussi des bibliothèques. Des écrivains tels que Sade, Apollinaire, Louÿs, Bataille et quelques autres en sont les acteurs à jamais anonymes de la célébration de l'érotisme et du sexe entre le XVIe et le XXe siècle.


Extrait du petit coup de pub qu'ils doivent faire à chaque journaliste qui leur posent des questions. La BNF organise une exposition sur ses archives les plus brûlantes. Quand l'institution révèle au public comment elle prend soin de ces divins et diaboliques auteurs. Réunissant également quelques archives qui les concernent : photos, images, dessins et même estampes japonaises. Allez-y pour moi, je suis actuellement un petit peu trop loin pour m'y rendre.

Exposition "L'Enfer de la bibliothèque, Eros au secret", du 4 décembre 2007 au 2 mars 2008, Grande galerie de la BNF François Mitterrand.
Sur SLG : Toutes les archives des auteurs érotiques dévorées par la délicieuse Anne Archet.

Crumb : dessins, des seins, desseins...

Posté par Mambo_Miam_Miam le 01.12.07 à 12:12 | tags : art et sexe, livre érotique, bd érotique

Connaissez-vous le dessinateur américain Robert Crumb ? Celui de Fritz le chat, dont la récupération contre-culturelle a donné lieu à un remake de West side Story, dans un version acide Hippies contre Junkies. Tandis que paraissent simultanément Mes problèmes avec les femmes (chez Cornéluis, en français) et ses Sex Obsessions (chez Taschen, en anglais), et parce que c'est un peu noël au balcon, Flu a décidé de lui dresser le portrait. Et de se frayer une percée dans la fantasmagorie graphique de ses obsessions sexuelles, et de ses relations phallocratiques aux femmes à gros seins.

Intro :" Les détracteurs de Robert Crumb le décrivent comme un pervers qui dessine des fantaisies masturbatoires dégradantes pour les femmes. L’auteur plaide volontiers coupable. Crumb est-il un pornographe détestable ? On refait le procès, à l’occasion de la parution en un beau et luxieux coffret de ses Sex Obsessions (des années 60 à aujourd'hui) enfin compilées. "

Sur le mag : Lire (surtout) la chronique de ses Sex Obsessions.
Lire aussi le portrait de Robert Crumb

Illus ci contre : I was raised to be a Christian, but somehow the devil got me. I don't know what happened, Lod help me !
Traduction perso : " J'étais destiné à être un (bon) chrétien, mais quoi qu'il en soit, le diable m'a eu. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Dieu, aidez-moi ! "

 


Effeuillage : l'exhibitionnisme selon Julien Picquart

Posté par Mon Missionnaire le 15.11.07 à 14:29 | tags : sexe et société, livre érotique
Je prends une connexion internet, j'achète une webcam, et le tour est joué. Le monde entier peut potentiellement me voir prendre ma douche, manger, surfer ou tout simplement me masturber. Dans un monde où l'on se voit et l'on se montre, l'exhibitionnisme prend une part de plus en plus importante dans la sexualité. C'est ce que démontre Julien Picquart, dans son livre L'oeil et le sexe, sur l'exhibitionnisme (La Musardine). Petit extrait pour comprendre. L'exhibitionnisme cesse de passer pour une perversion et devient de plus en plus une représentation de soi, ou du soi que l'on aimerait être. Surprenant et déroutant, ce livre casse un tabou : regarder ou pas ?

Peut-on quitter un instant le Pervers Pépère de Gotlib et envisager un exhibitionnisme entre adultes consentants ? L'exhibitionnisme peut-il être un jeu plutôt qu'une perversion ? Une pratique sexuelle, et non plus une agression ? Un exhibitionnisme dégagé de sa dimension violente et perverse, qui deviendrait ainsi un spectacle de soi ?
C'est Internet et les films pornos, où l'exhibitionnisme des uns appelle la masturbation des autres. Ce sont les sex-clubs et les parties fines, où la multiplicité des corps vaut pour celle des sexes autant que des regards. C'est à chaque fois pour l'exhibitionniste le plaisir de se faire désirer : donner envie sans rien promettre, tenter sans contenter.
L'exhibitionniste devient un séducteur, ou une séductrice, qui allume mais n'ira pas éteindre le feu sexuel chez son partenaire. C'est un acteur qui doit se mettre à nu tout en gardant son mystère, maintenir la tension sous peine de voir son public le délaisser. Être un bon exhibitionniste, c'est être le magicien de soi-même. Jouer de soi, pour mieux jouer des autres.
Nulle agressivité là-dedans, nulle méchanceté, juste un petit jeu sans conséquence, une foire à l'illusion. L'exhibitionnisme est un marché de dupes où personne ne se fait tromper, un miroir aux alouettes où chacun se contemple. S'exhiber, c'est se regarder à travers l'autre. Regarder, c'est exhiber son désir. L'exhibitionnisme est une démarche narcissique. Chacun espère s'y voir renvoyer une image positive de son propre sexe, de sa puissance sexuelle. (p. 47)

Julien Picquart, L'oeil et le sexe, sur l'exhibitionnisme, octobre 2007, La Musardine

Effeuillage : Pornostars, fragments d'une métaphysique du X

Posté par Mambo_Miam_Miam le 09.11.07 à 14:35 | tags : sexe et société, porno star, livre érotique
Spécial copinage. Laurent de Sutter , qui a rédigé la majorité des dossiers de notre tour du monde du cinéma porno, s'est adonné à une rêverie métaphysique sur la fascination qu'exerce sur l'amateur de films pornographiques la contemplation des starlettes du X. Où il ressort que ce qui qualifie le mieux le charme de l'actrice, ce n'est pas tant sa débauche (au sens dyonisiaque) mais sa générosité. Extrait :

Ce qui définit la grande starlette de X est sa générosité. C’est en faisant la preuve d’une telle générosité que, dans La Collectionneuse, (Fred Coppula, 1999) Clara Morgane s’est révélée aux amateurs de films pornographiques. La scène où elle faisait l’amour avec le vendeur d’aspirateur qui venait de sonner à sa porte a en effet causé une surprise d’avantage due à la fougue et au naturel de Clara Morgane, qu’au dispositif cinématographique banal de Fred Coppula . La générosité, semblait-elle se rendre compte alors, est une vertu nécessaire, dès lors que le succès dans la production d’un effet requiert de s’y livrer complètement. Comme la condition de l’intensité d’un tel effet consiste précisément en l’ampleur du don qui y préside, c’est à l générosité dont fait preuve la starlette que pourra être mesurée la force de sa prestation. Dans le cinéma pornographique comme ailleurs, la pingrerie n’est jamais populaire. (p. 72)

 


Laurent de Sutter Pornostars : Fragments d'une métaphysique du X
La Musardine, octobre 2007

On vous en reparle bientôt.

Effeuillage : La voie humide de Coralie Trinh Thi

Posté par Mambo_Miam_Miam le 08.11.07 à 14:20 | tags : porno star, livre érotique

Les amateurs des films de John B. Root et Pierre Woodman, dans la série des auteurs de porno intelligents (ils existent, on vous en reparlent asap), comme les fans de Catherine Breillat, de Philippe Grandrieux ou de Gaspar Noé la connaissent. Coralie Trinh Thi a tourné avec chacun d'entre eux. En plus d'être actrice gothique et co-sénariste (Baise-moi, avec Virginie Despentes ), Coralie écrit. Plutôt bien. Elle sort ce mois-ci non pas un énième recueil de témoignage d'une ex-porn star, mais une véritable autobiographie au Diable Vauvert. On s'est promis de la recontrer et de la faire parler, de cinéma, de bouquins et de littérature.
En attendant, je vous propose un extrait. Cinglant et marrant :

J'ai lâché la bite, qui de toute façon avait molli à un point critique, et j'ai complètement tourné mon cul vers lui, puis mon visage. Effectivement mon cul a reculé dans l'axe quand j'ai tourné mon visage vers lui, et j'ai poussé un hurlement : une odeur de chair brûlée, de la fumée sur les lampes, une très vive douleur sur le côté de la fesse droite.
Deux énormes brûlures rondes, qui se transformaient en énormes cloques de presque trois centimètres chacune. On s'est alarmé, on est allé acheter de la Biafine, mais il fallait bien finir le set. (p. 174)




La Voie Humide (Une oeuvre au rouge) de Coralie Trinh Thi
Au Diable Vauvert, 2007, 781 pages

 


Effeuillage : femmes humiliées, hommes satisfaits

Posté par Mon Missionnaire le 08.11.07 à 11:53 | tags : salope, xxx, livre érotique, femme, porno
C'est l'équation très simple de la pornographie telle que la voit Robert Jensen. Dans son livre Getting off : pornography and the end of masculinity, l'auteur revient sur une industrie de plus en plus gonzo, où la femme devient uniquement l'objet de fantasmes très étranges d'un homme de moins en moins humain. Extrait :

Cela fait mal de savoir que, qui que vous soyez, en tant que femme, vous pouvez être réduite à un objet à pénétrer et que des hommes achèteront des films à ce sujet et que, dans beaucoup de ces films, votre humiliation constituera le thème central. Cela fait mal de savoir qu’une telle proportion de la pornographie achetée par les hommes associe intimement le désir à la cruauté. Même ces femmes - qui ont trouvé des façons de tenir tête aux blessures issues de la violence masculine dans d’autres situations - ont peine à faire face à la réalité de la pornographie. C’est une chose que de faire face aux actes, même des actes d’une violence extrême. C’en est une autre que de connaître les pensées, les idées et les fantasmes qui sous-tendent ces actes.
Les gens prennent habituellement pour acquis que la pornographie constitue un enjeu aussi difficile et diviseur parce qu’elle traite de la sexualité. En fait, si notre culture échoue à affronter la question de la pornographie, c’est parce qu’elle traite de la cruauté des hommes à l’égard des femmes et du plaisir que les hommes prennent parfois à cette cruauté. Et cette réalité est beaucoup plus difficile à prendre en ligne de compte - pour les hommes et pour les femmes.



Autant les discours moralisateurs sur la pornographie me saoûlent, autant un discours aussi intelligent que celui-ci me laisse pensif. Tant il énonce des vérités de plus en plus évidentes et de moins en moins perceptibles, à mesure que le porno s'engage dans la clandestinité. Pour lire le reste de ce passage, c'est ici.

Effeuillage : la légereté de Milan Kundera

Posté par Mon Missionnaire le 30.10.07 à 13:07 | tags : homme, livre érotique
Je me suis enfin mis à lire L'Insoutenable Légèreté de l'être, de Milan Kundera. M'attendant à un essai philosophique, je tombe sur un roman passionnant, dont ce passage qui m'a profondément interrogé :

Les hommes qui poursuivent une multitude de femmes peuvent aisément se répartir en deux catégories. Les uns cherchent chez toutes les femmes leur propre rêve, leur idée subjective de la femme. Les autres sont mus par le désir de s'emparer de l'infinie diversité du monde féminin objectif.
L'obsession des premiers est une obsession romantique : ce qu'ils cherchent chez les femmes, c'est eux-mêmes, c'est leur idéal, et ils sont toujours et continuellement déçus parce que l'idéal, comme nous le savons, c'est qu'il n'est jamais possible de trouver. Comme la déception qui les pousse de femme en femme donne à leur inconstance une sorte d'excuse mélodramatique, bien des dames sentimentales trouvent émouvante leur opiniâtre polygamie.
L'autre obsession est une obsession libertine, et les femmes n'y voient rien d'émouvant : du fait que l'homme ne projette pas sur les femmes un idéal sbjectif, tout l'intéresse et rien ne peut le décevoir. Et précisément cette inaptitude à la déception a en soi quelque chose de scandaleux. Aux yeux du monde, l'obsession du baiseur libertin est sans rémission (parce qu'elle n'est pas rachetée par la déception).
Comme le baiseur romantique poursuit toujours le même type de femme, on ne remarque même pas qu'il change de maîtresse ; ses amis lui causent de perpétuels malentendus car ils ne perçoivent pas de différence entre ses compagnes et les appellent toutes par le même nom.
Dans leur chasse à la connaissance, les baiseurs libertins s'éloignent de plus en plus de la beauté féminine conventionnelle (dont ils sont vite blasés) et finissent immanquablement encollectionneurs de curiosités. Ils le savent, ils en ont un peu honte et, pour ne pas gêner leurs amis, ils ne se montrent pas en public avec leurs maîtresses.



Je me pose des questions sur moi et me demande si j'ai été plutôt l'un et plutôt l'autre. Et vous, baiseur libertin ou baiseur romantique ?

Interview : les autoportraits sexy d'Uwe Ommer

Posté par Mon Missionnaire le 29.10.07 à 12:40 | tags : photo érotique, interview, livre érotique, babe
Uwe Ommer est un photographe intéressant à écouter. Sa voix suave, son petit accent allemand sur un français parfait lui donnent l'allure d'un homme distingué et intelligent. Surtout lorsqu'il aborde son dernier livre de photographies, Do It Yourself, sorte de wikipédia de la photo érotique. Où les modèles façonnent leur image elles-mêmes et se mettent en scène (ou pas) devant leur miroir. L'artiste a donc, pour une fois, donné son instrument à celle qui était censée ne rien y connaître. Résultat : ça vaut bien plus que certains photographes érotiques qu'on peut voir sur Internet. C'est beau d'intime, de fraîcheur et de professionnalisme. Et c'est à croire, même, que la photographie érotique vit ses derniers jours et laissera la place à l'autoportrait sexy. Bref, on a voulu en savoir plus, et SLG vous propose cette interview très intéressante, puisqu'elle est signée par votre serviteur.


Do It Yourself, publié chez Taschen : lire l'interview de Uwe Ommer.

Le guide du parfait séducteur : la question piège

Posté par Mon Missionnaire le 25.10.07 à 14:16 | tags : livre érotique, homme, femme, amour, drague
Merci Lil' ! Tu m'as trouvé le sujet du dernier post de la journée. De l'art de séduire et de devenir le gendre idéal en un livre : Secrets de la séduction en ligne, disponible en e-book. Destiné aux hommes, le site contient également des dizaines d'articles sur tous les sujets : comment aborder une fille sur internet, comment sortir du lot, comment gérer le resto ou le bar. Et puis même, comment la rendre jalouse et comment devenir son héros. Ce livre et ce site, on les doit à Maxx, qui travaille dans le marketing online et a passé trois ans à tester les sites de rencontre pour comprendre comment attirer le chaland et faire une belle prise.

Tout cela est donc nickel chrome. L'article "Comment répondre aux questions piège des femmes" a attiré mon attention (ben ouais, on fait ce qu'on peut, mais un blogueur sexe peut toujours être dérouté par ces énigmes dignes du Sphynx). Et j'ai été quelque peu déçu. La mise en situation, c'est le dialogue entre Pascal et Samantha :

Samantha :"Où étais-tu hier soir ? Je n’ai pas arrêté d’appeler."
Pascal : "J’étais chez moi et je pensais à toi…. Mais vu que tu n’as pas appelé, j’ai noyé mon chagrin en faisant venir dix strip-teaseuses."
Samantha : "Te fous pas de moi !"
Pascal : "J’étais vraiment chez moi tout seul comme un con et je pensais à toi… Puis mon ex a appelé et on a passé la nuit ensemble ! C’est ça que tu veux entendre ? Mais c’est quoi le problème, tu ne me fais pas confiance ?"
Samantha : "Je suis désolée. Je ne sais pas ce que j’ai en ce moment. Viens vite me faire un câlin. On va voir si tes strip-teaseuses sont aussi douées que moi… !"

Personnellement, la dernière réponse me laisserait coi, tout suant et incapable d'en croire mes oreilles. Dans une telle situation (un homme qui ne répond pas à sa chère et tendre), déjà, je pense qu'il y aurait eu embrouille au téléphone. Que l'on soit chez soi à ne rien faire ou dehors avec des potes (impensable de voir une copine) : pour une femme, si on ne répond pas, c'est qu'il y a un problème. Et à la question maladroite : "Tu ne me fais pas confiance ?", j'imagine qu'une femme répondrait : "Ah, parce qu'en plus tu insinues que c'est de ma faute ?!".

Bref, on passe ensuite à toute une série de questions piège (décidément, Samantha est démoniaque) auxquelles on donne à peu près le même type de réponses :
Q : Tu m’aimes ?
R : Oui. Mais seulement quand on fait l’amour !

Q : Tu vois quelqu’un d’autre en ce moment ?
R : Non, mais demain peut-être !

Q : J’ai l’air grosse dans ce pantalon ?
R : Oui, d’ailleurs arrête de respirer car ta braguette est à deux doigts d’exploser !

Q : Tu trouves que ma sœur est plus jolie que moi ?
R : Non, mais par contre ton frère oui !

Q :Tu penses qu’on a un avenir tous les deux ?
R : Oui, demain j’ai prévu de t’emmener dîner au Mac Do !

Q : Tu crois à l’amour ?
R : Devant un bon film porno, toujours!

Outre le manque de classe et la lourdeur des réponses, j'ai des doutes sur l'efficacité du truc. Une femme en proie aux questions piège est très difficilement satisfaisable. Il faut savoir donner une réponse intelligente, sincère, crédible et attentionnée à la fois. Mission impossible, en quelque sorte. Et si le meilleur moyen était d'y échapper par l'humour, on l'aurait su depuis longtemps.

Dumbledore est gay

Posté par Mon Missionnaire le 24.10.07 à 12:24 | tags : livre érotique, gay, décalé
La nouvelle est tombée et a eu l'effet d'une bombe sur le net auprès des fans de Harry Potter (et même sur le blog livres). Le directeur de Poudlard, Albus Dumbledore, est gay, selon J. K. Rowling, en tournée de dédicace aux Etats-Unis. Il aurait même eu une aventure avec un autre sorcier dans sa prime jeunesse, Gellert Grindelwald, sorcier dont il est question dans le dernier tome de la saga.
Le La Times revient sur cette affaire et prouve qu'il était possible de deviner que Dumbledore était gay. Faut dire aussi que ça ne serait sans doute pas passé par la tête de la majorité des lecteurs des aventures du jeune sorcier. Parce que bon, c'est bien sympa de faire preuve d'ouverture d'esprit et tout et tout, à propos de ses personnages. Mais il est difficile de comprendre pourquoi la richissime Rowling ne fait ce coming out qu'après la sortie du dernier tome, et en plus, n'en fait aucune mention dans les aventures de Harry Potter (apprendre les sorts, c'est beaucoup plus important). Et n'en fera sans doute aucune, puisque Harry Potter, c'est bien fini (je peux vous raconter la fin d'ailleurs, si ça vous intéresse).

Bref, tout ça pour vous dire que Fluctuat a plein de jolies choses dans ses placards concernant Harry Potter :
L'univers de Harry Potter (Poudlard, les personnages, les animaux etc etc...)
Un dossier consacré à la Pottermania
La fiche livre de Harry Potter, tome 7 : Harry Potter et les reliques de la mort

Effeuillage : Sexe Machin d'Edouard Launet

Posté par Puck le 16.10.07 à 10:01 | tags : femme, livre érotique, science, homme

Edouard Launet a une écriture jubilatoire, et vous ouvre les voies de la recherche scientifique sur la sexualité, réputée rébarbative, comme nul autre pareil. La preuve avec un extrait de Sexe Machin :

Le sexe est un sport à risques, surtout si on le pratique à très haut niveau. La littérature médicale spécialisée a déjà détaillé près de 1 500 cas de fractures du pénis depuis 1937, et l'on semble avoir renoncé à inventorier tous les cas de déchirure de l'anus. Une pratique du sexe de bas niveau, c'est-à-dire brouillonne et désinvolte, expose à d'autres types de mésaventures. Ainsi, le Journal of clinical Forensic Medicine (vol. 12, N°1, p.1-4) a-t-il récemment accueilli une communication titrée : " Rapport anal accidentel : cela se produit-il souvent ? " En d'autres termes, et veuillez nous excuser pour cette brève mais nécessaire intrusion dans la trivialité, est-il possible de la mettre dans le trou de derrière alors qu'en toute bonne foi on pensait la mettre dans le trou de devant ? " (p. 59)

"Erreur d'aiguillage" in Sexe Machin, Editions du Seuil, septembre 2007

 

[Spoiler]On ne va pas vous faire languir, en vous invitant à lire la réponse dans le bouquin. La réponse est oui. Notez cependant que dans 43% des cas, les partenaires ne jouissaient pas de toutes leurs facultés au moment de l’accident. [/spoiler]

- Lire aussi notre entretien avec Edouard Launet qui nous parle de quelques autres cas où la recherche scientifique nous a gratiné de considérations imprenables sur les pratiques sexuelles à haut risque tragique ou comique de nos contemporains.


Martine est une cochonne

Posté par Mon Missionnaire le 02.10.07 à 12:12 | tags : livre érotique, illustration, décalé, zoophile
Je ne savais pas. Je voyais toujours les petites filles de ma classe dévorer les "Martine va à la plage" et "Martine fait du vélo" quand j'étais marmot. Mais si j'avais su... Martine est aussi zoophile, échangiste, lesbienne et j'en passe. Bref, une vraie petite coquine. Je suis sûr qu'elle pourrait apprendre des tas de choses aux lecteurs, même les plus grands.

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