Sexe, love et gaudriole : le blog Sexe de Flu
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A corps et écrits. A vous de lire entre les lignes. Voir aussi les collections enfer et curiosa.

Livre érotique : La mauvaise vie de Mitterrand

Posté par Mon Missionnaire le 09.10.09 à 14:35 | tags : gay, enfer, livre érotique, politique
Dans l'affaire Mitterrand, j'ai préféré écouter l'accusé que les accusateurs. Laisser Marine Le Pen sortir de ses gonds, Benoît Hamon s'arroger le droit de juger, j'ai préféré voir son interview sur TF1 hier et surtout, lire les passages incriminés, publiés par Le Monde. Le fait est qu'au début du chapitre, on est pas mal outré. Le style est un peu lourd et emprunté, s'attache à fourmiller de détails peu importants mais surtout, est assez scabreux. Le moment où le protagoniste trouve son boy pourrait tout à fait correspondre à une vente sur un marché d'esclaves sexuels. Mais un certain cynisme à la Houellebecq fait qu'on se sent, comme lui, détaché de tout cela. Et la scène érotique m'a touché, je ne sais pas vraiment pourquoi. Plus qu'un prédateur sexuel, on sent l'Occidental dans une recherche d'amour, dans une frustration qui l'a amené là, et le conduit à chercher de la tendresse dans un moment qui n'en a pas. C'est pathétique et émouvant à la fois :

"Alors que nous sommes étendus, je tente un baiser sur les lèvres du garçon, j'avais bien tort d'hésiter, il embrasse merveilleusement bien, sans doute avec la même adresse qu'avec sa copine, il y revient autant que je le souhaite, lèvres fraîches, langue en profondeur, salive salée de jeune mâle sans odeur de tabac ni d'alcool. Sa peau est d'une douceur exquise, son corps souple se plie quand je l'effleure et quand je le serre et j'ai l'impression qu'il éprouve du plaisir en quelque endroit que je le touche. Le fait que nous ne puissions pas nous comprendre augmente encore l'intensité de ce que je ressens et je jurerais qu'il en est de même pour lui. Ce qui ne m'empêche pas de parler, de lui dire des mots tendres, qu'il reprend à la volée et répète en désordre avec de grands rires. Il me lèche avec une délicatesse extraordinaire et je vois sa nuque, son dos, son cul dans la glace au plafond, la masse aux reflets bleus de ses cheveux quand je baisse la tête pour regarder son visage si attentif à ce que j'éprouve. Je ne sais d'où il a sorti les capotes, mais il nous les enfile en un clin d'œil et avec une dextérité de voleur à la tire. C'est lui qui décide désormais, et ça se complique un peu ; son corps me tient tout entier, son sourire découvre ses dents serrées, ses yeux sont fixés dans les miens, mais sans aucune dureté dans le regard ; avec une lueur de ruse malicieuse et de joie plutôt comme s'il s'étonnait le premier de ce qu'il est en train de faire. (...)
Je retrouve cette angoisse qui m'est habituelle de le voir se relever subitement et partir ; c'est pour cela que je viens généralement le premier, pour ne pas affronter leur lassitude ; parfois c'en est assez pour moi et on en reste là, et parfois j'ai envie de continuer et eux aussi ; dans ce cas, il y a encore un peu de marge. Mon garçon est prêt à tout pour tenir son contrat ; le I want you happy qui ne connaît pas d'exception. Il est revenu contre moi, la mine un peu voilée comme s'il était désolé d'être parti trop vite et regrettait son absence ; on recommence mais autrement, maintenant c'est moi qui décide et tout le plaisir est pour moi. Je n'ai jamais connu une telle sensation de plénitude et de puissance. Il a fermé les yeux, je ne sais pas ce que sont ces traces humides sous ses paupières, les légers cernes, au creux des tempes un peu de sueur peut-être ou des larmes de fatigue, ça existe sûrement les larmes de fatigue.

(...) En partant, il s'est retourné en me décochant une dernière fois son incroyable sourire et il m'a montré du doigt la petite rue du club, j'ai senti qu'il me donnait sans doute rendez-vous pour les autres soirs, et puis il a disparu très vite en me laissant à la nuit où je l'avais trouvé. Je suis reparti pour Paris quelques heures plus tard. Je pense souvent à lui, j'espère que personne ne lui a fait de mal ; chaque fois que je vais avec un garçon, je le revois au moins un instant, devant moi, dans l'affreuse chambre fermée comme un bunker et j'ai l'impression de le trahir, lui, là-bas, si loin, mon garçon de Patpong."

Pas question donc ici de juger un ministre qui a connu, comme tous, ses périodes sombres et ses erreurs. Pas question de l'accuser de pédophilie. Juste de lire le désarroi d'un homme capable, en connaissance de cause, de la pire des choses pour aimer et se sentir aimé. Et puis, souvenez-vous : Fuck and Forget : journal de Pattaya, c'était quand même beaucoup plus trash.

La Mauvaise vie, Frédéric Mitterrand, éditions Robert Laffont

Sur Flu : Planète sexe : Tourismes sexuels, marchandisation et déshumanisation des corps.



Une Bible moins sexy

Posté par Mon Missionnaire le 08.10.09 à 15:10 | tags : censure, enfer, livre érotique
Sous le logo de Conservapedia, un slogan : "L'encyclopédie de confiance". Elle traite, comme Wikipédia, de tous les sujets, mais avec un semblant, une petite touche inexplicable de conservatisme, en tout cas très américain. L'article "évolution" commence par définir la théorie, pour passer directement à un sondage CBS affirmant que la majorité des Américains n'y croient pas. Dans leur quête infinie de l'idéal traditionnaliste, les contributeurs de Conservapedia ont eu une nouvelle idée : retraduire la Bible. Abandonner la version "King James" pour en créer une plus pure, débarrassée de toute idée de progressisme. Leur travail se base donc sur 10 principes, à l'image des 10 commandements :
1. Un cadre contre les distorsions libérales : apporter un cadre solide au Livre, qui permettra une traduction littérale, non corrompue par des partis pris libéraux.
2. Pas de sexualisation : éviter les références au sexe, le langage sexué et toute autre forme moderne de sexualisation du christianisme.
6. Accepter la logique de l'Enfer : appliquer une logique forte et effective et ne pas renier ou sous-estimer la véritable existence de l'Enfer et du Diable.
7. Développer les paraboles sur le libre marché : expliquer les nombreuses paraboles sur l'économie dans leur sens véritable, celui du libre marché.
8. Exclure les passages rajoutés et libéraux, comme l'histoire de l'adultère.

On passera sur le fait que, chez Conservapedia, on compte adoucir le terme "esclave" dans la Bible ainsi que toute terminologie socialiste, comme "camarade", "compagnon" ou "travailleur". Par contre, étrangement, aucune mention du fait que, malgré tout ce qu'on peut interpréter de la Bible, ça reste un bouquin sacrément cochon. Que va-t-il advenir de Marie-Madeleine la prostituée ? Du Chant de Salomon, plutôt érotique ? Comment traduire le fait que les habitants de Sodome ont tenté d'enc.... des anges, et que Lot a couché avec ses filles ? Alors que Conservapedia compte renforcer les allusions négatives à l'homosexualité, comment conserver la loi qui voudrait qu'on lapide une femme qui s'est fait violer si elle n'a pas su se défendre comme elle le devait ? Beaucoup de questions, mais finalement, on sait qu'on peut faire confiance en Conservapedia.



Dictionnaire de l'amour et du plaisir au Japon

Posté par Mon Missionnaire le 17.12.08 à 10:54 | tags : livre érotique, interview, japon
Peut-on résumer la sexualité japonaise en un dictionnaire ? Exercice difficile auquel s’est prêté Agnès Giard, qui signe là son troisième livre sur la question. Et sans doute le plus achevé. Six chapitres, qui vont des préliminaires à l’industrie sexuelle. 400 définitions thématiques, du « rocher » à la « fellation », de « nuque » à « préliminaires », de « tatouage » à orgasme ». Richement documenté et illustré par des artistes japonais prolifiques, le Dictionnaire de l’amour et du plaisir au Japon est une œuvre qui démontre combien la sexualité japonaise est riche en aspects et en originalité. Tellement riche qu’on avait des milliers de questions à lui poser, mais on a préféré se limiter à une dizaine. Romantisme, poulpe, « chira-chira » ou mutilation : Agnès Giard prouve que la sexualité japonaise s’invente et se réinvente depuis des siècles.

Allez, un petit tour sur cet article, vous y apprendrez pourquoi on ne dit pas "je t'aime" au Japon, ce que signifie "chira-chira", et pourquoi les pierres y sont très érotiques.

Lire l'interview d'Agnès Giard



Photos érotiques : du sexe et des roubles

Posté par Mon Missionnaire le 22.10.08 à 12:48 | tags : livre érotique, people, photo érotique
Un milliardaire russe, Sergeï Rodionov, une belle femme plantureuse, un univers de roubles bling bling : on se croirait presque dans un James Bond. Mais c'est la réalité, photographiée par Bettina Rheims. L'artiste a été commissionnée par un puissant et friqué moscovite pour photographier sa femme sous toutes les coutures. Et faut dire qu'elle est belle : Olga Rodionov, 35 ans, Tchéquo-russe, mesure 1,85m et a de trèèèès longues jambes. Beauté en vue dans le monde de la mode, de la jet-set moscovite, elle se prête au jeu érotique de la photographe avec un plaisir non dissimulé. Tour à tour dominatrice, comtesse en son boudoir ou au naturel, elle semble se livrer à l'objectif. Leur rencontre a été tellement prolifique, le mari était tellement content que le résultat donne un livre, The Book of Olga, publié par Taschen et préfacé par Catherine Millet.



Les Joies du sexe

Posté par Mon Missionnaire le 16.09.08 à 11:40 | tags : livre érotique, média, sexo
C'est un livre que les plus de 40 ans connaissent : "Joy of Sex" (traduit en français, plus subtil, "LES joies du sexe"). Un best-seller en Grande-Bretagne, un joli succès en France, et 8 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Lors de sa parution, en 1972, le sexe demeure un mystère pour beaucoup. On ne sait presque rien des hormones, du kamasutra, du cunnilingus et de la sodomie. Le livre est pionnier, donc, dans l'art de faire de ses lecteurs des sexperts. Et aujourd'hui, "Joy of sex" reparaît, écrit par une femme. 

L'époque voulait des essuyages de plâtre : le livre est écrit par un homme, le Dr Michael Comfort, qui s'adresse uniquement aux hommes. Quatre phrases sur le clitoris, ce n'est pas beaucoup. Et des sections qui sont devenues illégales, comme "comment faire l'amour sur une moto en marche ou un cheval (au galop ?)". Out aussi, la section sur la prostitution ("ça n'a rien à voir avec les relations amoureuses", selon l'éditeur). Par contre, 43 nouvelles sections : le cybersexe, les sex-shops, le strip-tease et le S&M, les relations sexuelles de la femme enceinte et même, comment soigner un pénis pris dans un aspirateur.

C'est marrant, donc, de nous rendre compte des changements qui ont eu lieu dans notre sexualité depuis le temps des pattes d'eph. "Les joies du sexe" fonctionne comme un miroir, s'adressant désormais au couple, insinuant par là qu'on est deux pour construire une sexualité, et non un seul. Gageons, cependant, que le livre aura peut-être moins de succès qu'à sa première parution. Ben oui, depuis le temps, il a fait beaucoup de petits. 



Les petits secrets de Kafka

Posté par Mon Missionnaire le 08.08.08 à 11:56 | tags : curiosa, livre érotique, porno
On connaît de lui ses romans inachevés et une nouvelle qui pourrait à elle seule résumer toute son oeuvre. Avec La Métamorphose, Le Procès ou Le Château, Kafka est entré dans le panthéon des grands auteurs sans même le savoir. Au point même de susciter l'admiration et de faire naître une icône de la littérature entourée des meilleurs éloges. Mais voilà : même les plus grands génies restent des hommes.

C'est ce que James Hawes s'évertue à démontrer dans un livre à paraître ce mois-ci. Excavating Kafka, le résultat de la découverte, à la British Library de Londres et la Bodleian Library d'Oxford, d'archives restées secrètes jusqu'ici."Ce ne sont pas des cartes postales coquines obtenues à la plage. C'est du porno, purement et simplement. Une partie même assez sombre, avec des animaux en pleine fellation ou des scènes entre femmes...C'est assez désagréable."

Ouch. L'un des auteurs les plus étudiés par les doctorants avec Shakespeare, et pourtant, personne ne s'était penché jusqu'alors sur ce que Kafka se plaisait à cacher. Etrange, tant ces images peuvent être révélatrices d'un auteur à l'image torturée et solitaire. Elles peuvent aussi permettre de relire ses oeuvres et y découvrir l'érotisme entre les lignes. En tout cas, ces images sont là pour rappeler que Kafka, contrairement à la légende, n'était pas un saint et que, comme tout le monde, il avait ses petits loisirs personnels.



Sexe et islam : l'homosexualité, taboue et sacrée

Posté par Mon Missionnaire le 29.07.08 à 16:18 | tags : gay, livre érotique
Rappelez-vous : on a découvert les fresques érotiques préhistoriques, la sexualité en Egypte antique, à Rome et chez les Indiens. Direction maintenant le monde musulman médiéval...

Alors que vous lisez ces lignes, chers lecteurs, j'aurai déjà fini la visite de la magnifique "mosquée-cathédrale" de Cordoue. Une bizarrerie que l'on doit à un temps révolu, lorsque les Arabes dirigeaient l'Espagne, seule terre musulmane d'Europe au Moyen-Age. S'ils apportent dans ces contrées leur religion, leurs coutumes, leur nourriture et leurs techniques avancées, les Arabes d'Espagne ont bien entendu également été influencés. L'exemple parfait, c'est justement la mosquée-cathédrale, dont le magnifique style islamique cache néanmoins des influences architecturales wisigothes qu'on ne retrouve dans nul autre pays musulman.

Les Arabes sont donc venus, ont vu et vaincu la moitié des pays méditerranéens et ont su, comme en Europe au temps de la Renaissance, intégrer l'héritage antique dans leur propre culture. Les bains romains deviennent les hammams, la philosophie grecque devient "falsafa". Or, il y a forcément des petits couacs qu'on ne peut s'empêcher de remarquer, la culture arabo-musulmane ne s'accordant pas toujours parfaitement aux cultures qui la précèdent.

Le premier demeure l'homosexualité, bannie, voire dénoncée dans les livres sacrés, mais tellement louée par les profanes. La littérature musulmane médiévale regorge d'auteurs, de poètes et prosateurs qui revendiquent leur amour des garçons, l'écrivent et le chantent comme d'autres chantaient à leur bien-aimée. Ce qui explique l'aspect très érotique des Mille et une nuits. Des contes censés être arabes et pourtant issus des traditions égyptienne, persane et indienne. Un passage raconte par exemple le débat curieux entre une courtisane cultivée, cachée derrière un rideau, et un noble : la première prouve par le Coran et les grands auteurs que l'hétérosexualité est la plus juste et la plus belle des sexualités. Son opposant, avec les mêmes sources, réussit à prouver l'opposé : rien ne vaut l'homosexualité. Ouch. 

On finira donc par l'exemple le plus connu : Abu Nuwas. Le plus célèbre poète de Bagdad, l'amoureux des jeunes garçons et du vin, toujours prêt à affronter les regards furieux du califes, des imams et des oulémas, l'homme vit sa vie librement, s'approchant même du prince Al-Amin, dont il tombe amoureux. Il laisse derrière lui des vers magnifiques en arabe, dans leur rythmique et la concordance des sons. Extrait forcément traduit :

Mieux que fille vaut garçon

J'ai quitté les filles pour les garçons
et, pour le vin vieux, j'ai laissé l'eau claire.

Loin du droit chemin, j'ai pris sans façon
celui du péché, car je préfère.

Me voilà tombé amoureux d'un faon
coquet, qui massacre la langue arabe.

Brillant comme clair de lune, son front
chasse les ténèbres de la nuit noire.

Il s'habille court sur ses fines hanches,
mais ses vêtements ont de longues manches.

Je lui laisse voir toutes mes pensées,
sans peur du muezzin et de l'imam, non plus.



Effeuillage : Osez les sextoys d'Ovidie

Posté par Mon Missionnaire le 24.04.08 à 16:48 | tags : livre érotique, orgasme, porno star, sextoy
Ovidie, elle a l'air cool. Elle avait déjà fait le topo sur le point G, maintenant elle s'attaque aux sextoys. Pourtant, s'il y a bien un sujet bateau, passé et repassé au fil de l'actualité, c'est bien celui des sextoys. Mais Ovidie, elle, arrive à vous intéresser au thème, à vous apprendre mille choses en racontant ses propres expériences et même, à faire sourire par son franc-parler. Et finalement, s'il y a bien un livre utile concernant les sextoys, c'est celui-ci. Osez les sextoys, publié aux éditions de la Musardine. Avec mode d'emploi, présentation, les questions (pas forcément) posées, les lieux où en acheter. Très complet, en 140 pages. Un passage, un seul, pour faire monter la sauce :

"L'inconvénient, lorsqu'on découvre les vibromasseurs, c'est que très vite la façon de se masturber évolue. Tandis qu'il ne faut plus que quelques secondes au plaisir pour "monter", nos doigts d'antan semblent bien laborieux à frotter indéfiniment le clitoris en quête d'un orgasme de plus en plus long à venir. Pour ma part, c'est à partir de ce jour que mes orgasmes, que j'avais déjà facilement "à répétition", sont devenus particulièrement nombreux. Là où avant un, deux ou trois orgasmes pouvaient me satisfaire, c'était désormais vers la dizaine que m'entraînaient les sextoys.
Mon rituel masturbatoire a donc connu une évolution radicale. Car, qu'on se le dise, on ne sort pas tout à fait dans le même état d'un petit orgasme que d'une grosse dizaine. J'ai rapidement compris que lors de mes pratiques solitaires, je ne déchargeais plus la même quantité d'énergie ni ne sécrétais le même taux d'endorphines qu'auparavant. J'ai également constaté un renforcement de mes contractions périnéales lors de mes orgasmes. C'est à cet instant que j'ai réfléchi à la manière d'utiliser à bon escient cette importante réaction physique résultant de mes capacités multi-orgasmiques. Il devenait nécessaire de joindre l'utile à l'agréable."

Osez les sextoys, Ovidie, La Musardine, 2008



Ed fox : le pied est-il glam ?

Posté par Mon Missionnaire le 01.04.08 à 14:04 | tags : fétichisme, interview, livre érotique, photo érotique

C'est facile de reconnaître un joli pied d'un pied pas beau. C'est facile de dire ce qu'on préfère entre la cheville et le talon, les orteils vus du dessus ou du dessous. Mais à quel moment peut-on se dire fétichiste des pieds ? Est-ce quand on prend plus son pied (ho ho ho) quand on le lèche ou qu'on le masse ? Qu'on le touche avec sa main ou avec le joujou sexuel que Dame nature nous a donné ? Bref, j'avais des questions bien naïves à poser à Ed Fox et il y a répondu. Le photographe publie chez Taschen Ed Fox : Glamour from the Ground Up : l'occasion de faire le point et de nous demander tout simplement si le pied est sexy. Ou pas.

Lire l'interview d'Ed Fox




Effeuillage : le sexe selon Paulo Coelho

Posté par Mon Missionnaire le 27.03.08 à 16:23 | tags : amour, livre érotique, sexe et société
Je sais, je sais : Paulo Coelho, certains diront que c'est de la littérature de jeunes filles, voire de gare SNCF. Le genre d'auteurs dont on aime beaucoup le livre sur le coup, mais qu'on oublie totalement deux jours après, tout incapables qu'on est de répéter "de quoi ça parle". Et je sais que le trip mystique genre Légende personnelle, ça laisse certains de marbre.

Mais tant pis. J'apprends récemment que Paulo Coelho tient son blog et j'ai été ravi de découvrir qu'il publiait actuellement des textes sur le sexe. Tirés de mystérieuses conversations avec un certain J., c'est un moyen comme un autre de respirer un peu...
...Entre les sextoys, le Viagra, les rapports de Durex sur qui baise le plus ou le mieux, les spams qui vous poussent à vous mettre des machines sur le zizi pour vous faire croire qu'il pousse comme un poireau, on a envie de dire STOP. Assez, y en a marre, ¡callate!, casse-toi pauvre con. Et rappeler, un instant seulement, que le sexe n'est pas une affaire de performance. Juste de relaxation, d'aisance avec l'être cher, de partage de plaisirs, de capacité à être altruiste. Mais tout ça, l'auteur brésilien en parle mieux que moi.

- On devrait prendre conscience que, lorsque deux corps se rencontrent, ils entrent ensemble en territoire inconnu. Transformer cela en expérience quotidienne, c'est perdre le côté merveilleux de l'aventure.
- Y a-t-il une solution ?
- La première : vous n'êtes pas seul. Si l'autre personne vous aime, lui ou elle partage les mêmes doutes, aussi sûr que vous avez l'air de paraître.
La seconde est : ouvrir la boîte secrète de vos fantasmes, et n'ayez pas peur de les accepter. Les normes sexuelles, ça n'existe pas, vous devez trouver les vôtres, et respecter une seule condition : ne jamais rien faire sans le consentement de l'autre.
La troisième : sanctifier ce qui est sacré. Soyez créatif, purifier votre âme à travers des rituels que vous inventerez - comme créer un espace sacré, faire des offrandes, apprendre à rire ensemble, afin de laisser tomber la barrière de l'inhibition. Comprendre que ce que l'on fait est la manifestation de l'énergie divine.
La quatrième : explorez votre côté opposé. Si vous êtes un homme, cherchez quelques fois à penser et agir comme une femme, et vice versa.
La cinquième : comprendre que l'orgasme physique n'est pas exactement le seul objectif de l'acte sexuel, mais sa conséquence, qui peut avoir lieu ou non. Le plaisir n'a rien à voir avec l'orgasme, mais avec la rencontre.
La sixième : soyez telle une rivière, coulant entre deux rives opposées, comme la montagne et le sable. D'un côté, la tension naturelle, de l'autre, la relaxation totale.
La septième : identifiez vos peurs, partagez-les avec votre partenaire.
Et finalement, la huitième : donnez-vous le droit au plaisir. Aussi anxieux que vous êtes à donner, l'autre désire exactement la même chose. Si, lorsque deux corps se rencontrent, tous deux veulent donner et recevoir, tous les problèmes disparaissent.
Alexander Lowen disait que le comportement naturel de l'homme est ouvert à la vie et l'amour. Cependant, notre culture nous a forcé à croire qu'il n'en était pas ainsi, que nous devions rester fermés et méfiants. Nous pensons qu'en agissant de cette façon, nous ne serons pas blessés par les surprises de la vie. Mais ce qui se passe, c'est que nous ne tirons aucun avantage de nos vies.




L'auberge espagnole : sainteté et sexualité

Posté par Mon Missionnaire le 19.03.08 à 17:00 | tags : auberge espagnole, livre érotique, orgasme, vécu
Je ne sais si vous êtes au courant, mais les rues d'Espagne s'apprêtent, pour la Pâques, à grouiller de statues de figures religieuses énormes et baroques. Jésus, Marie, peut-être Joseph : les confréries religieuses sortent les icônes dans les rues pour se lamenter de la mort du Christ, avant de fêter Sa résurrection. Hier soir, donc, on répétait dans les rues de Grenade avant l'arrivée des milliers de touristes. Près de chez moi, des badauds en masse, les statues sacrées entourées d'or et de fleurs, une fanfare militaire qui joue des airs mélancoliques accompagnés d'un funeste tambour. Je pensais que j'allais trouver ça kitsch, et en fait pas du tout. C'est d'une beauté envoûtante, cette cérémonie, l'Histoire semble rugir devant nous, tandis qu'on admire les pénitents cagoulés tels des membres du Ku Klux Klan (un peu flippant sur les bords, d'ailleurs).

Le mysticisme, donc, s'empare de l'Espagne pour cinq jours. L'occasion, pour nous, de rendre hommage à l'héritage catholique que la péninsule a apporté au monde occidental. Et la figure de proue d'un tel légat, c'est Sainte Thérèse d'Avila. On apprend chez notre ami Wikipédia qu'elle a été élevée entre les romans et les édifiantes vies de saints. Qu'elle a déjà succombé à la tentation dans sa jeunesse avant que son père l'envoie au couvent, à Avila. Elle y trouve son bonheur, mais il semble aussi qu'elle n'arrête pas de souffrir de problèmes de santé. Bref, ce qu'on retiendra d'elle, ce sont son esprit réformateur et le fait qu'elle a vu tous ceux qui squattent le Paradis : Jésus, le Père, Marie, des saints, des anges, etc. Et surtout, surtout, un ange, dont elle parle dans sa biographie et qui a inspiré cette magnifique sculpture du Bernin. Je vous restitue ce passage littéraire resté célèbre :

"Je voyais dans les mains de cet ange un long dard qui était d'or, et dont la pointe en fer avait à l'extrémité un peu de feu. De temps en temps il le plongeait, me semblait-il, au travers de mon cœur, et l'enfonçait jusqu'aux entrailles ; en le retirant, il paraissait me les emporter avec ce dard, et me laissait tout, embrasée d'amour de Dieu.

La douleur de cette blessure était si vive, qu'elle m'arrachait ces gémissements dont je parlais tout à l'heure : mais si excessive était la suavité que me causait cette extrême douleur, que je ne pouvais ni en désirer la fin, ni trouver de bonheur hors de Dieu. Ce n'est pas une souffrance corporelle, mais toute spirituelle, quoique le corps ne laisse pas d'y participer un peu, et même à un haut degré. Il existe alors entre l'âme et Dieu un commerce d'amour ineffablement suave. Je supplie ce Dieu de bonté de le faire goûter à quiconque refuserait de croire à la vérité de mes paroles. Les jours où je me trouvais dans cet état, j'étais comme hors de moi ; j'aurais voulu ne rien voir, ne point parler, mais m'absorber délicieusement dans ma peine, que je considérais comme une gloire bien supérieure à toutes les gloires créées."

Sainte Thérèse d'Avila, carmélite réformatrice, docteur de l'Eglise, Chapitre XXIX

J'ai souligné en gras les quelques passages qui montrent combien l'extase spirituelle se rapproche des plaisirs charnels. Une jouissance telle qu'elle en vient à être douloureuse, ça resemble bien à un orgasme, non ? Et combien d'autres mystiques ont fait de même ! Angèle de Foligno nue au pied de la Croix, Catherine de Sienne, furieuse, criant "Amour, amour !" dans l'église, ou encore Madeleine de Pazzi, roulant dans la neige pour calmer le feu qui brûlait ses membres. Toutes réussissent à prouver une chose : on peut parler à Dieu comme on parle à son amant.



Vis ma vie de sextoy

Posté par Mon Missionnaire le 10.03.08 à 14:07 | tags : blogs sexy, livre érotique, sextoy
Telex : "Et le voilà qui arrive et qui coupe notre moment complicité, dès qu’il entre dans la pièce, elle n’a d’yeux que pour lui. Il m’énerve, il la suit partout. Moi aussi, je le ferais, si j’avais des pattes…Mais je n’ose rien dire, il est bien plus grand que moi."
Extrait d'un des textes proposés au nouveau concours de Pinkeo. Il s'agit, cette fois, d'envoyer un petit texte sur le thème "Une journée dans la peau d'un sextoy". Tous les textes seront publiés, mais quatre seulement seront sélectionnés et leurs auteurs recevront un Rapid Rabbit en cadeau. Les autres recevront tout de même un petit cadeau surprise.



La société du sexe marchand

Posté par Mon Missionnaire le 07.03.08 à 13:39 | tags : interview, livre érotique, sexe et société
Imaginez que la prostitution devienne une part du grand marché mondial. Qu'on achète des actions d'un tel bordel, qu'on se vende des parts de société résonnant aux noms de "Ginette" ou "La grande Berta" ou encore "Lulu les gros nénés". Que les projets de parcs à thèmes orgiaques se multiplient sur tout le territoire, qu'on aille à Disneyland comme on va tirer son coup.
Dans une société où le capitalisme investit tout, croit que tout peut susciter des profits, et qui a déjà pénétré et créé un marché du sexe. Dans un monde où une Indienne a récemment vendu sa virginité sur EBay, Charles Robinson est allé encore plus loin. Son premier roman le laisse imaginer le projet d'un entrepreneur charismatique, une Cité qui témoigne du "processus d'érotisation de la société". Dans une région sinistrée économiquement, en France, il présente son projet savamment calculé dans Génie du proxénétisme, à la manière d'un Châteaubriand présentant le Génie du Christianisme dans une société révolutionnaire et laïcisée.
La question qu'on se pose alors est simple : apologie ou réquisitoire ? Un peu des deux, comme on peut le lire dans l'entretien réalisé par Céline Ngy.

Lire la chronique du Génie du proxénétisme
Lire l'interview de Charles Robinson



Effeuillage : la clé du clitoris

Posté par Mon Missionnaire le 18.02.08 à 16:25 | tags : clitoris, cunni, livre érotique

Mais en 2007, un constat : alors que tout le monde devrait connaître cet organe grâce à l'enseignement sexuel dispensé à l'école, on constate que nombre d'hommes (et de femmes) n'en ont jamais entendu parler, ou choisissent de faire comme s'ils n'en avaient jamais entendu parler : le clitoris, encore aujourd'hui, reste le plus souvent passé sous silence. En dépit de l'offensive des sextoys clitoridiens, rarement désignés comme tels, les hors-séries sexy des magazines évoquent très peu le petit détonateur - préférant se cantonner aux conseils en lingerie ou aux Kama-sutra illustrés. Au cinéma ? Les films grand public limiteront presque toujours les scènes d'amour à un classique missionnaire. La pornographie, alors ? Le film X qui s'est le plus préoccupé du clitoris le plaçait au fond de la gorge de l'actrice Linda Lovelace : c'était en 1972, le monde découvrait Gorge Profonde... pas vraiment le top pour faire jouir une femme. La revanche du clitoris, essai signé par Maïa Mazaurette et Damien Mascret, publié aux éditions La Musardine, collection L'attrape-corps. Pour plus d'infos, vous pouvez lire les trois réponses que Maïa nous a donné aux trois questions que nous lui avons posées.
Lire l'interview de Maïa Mazaurette




10 courtisanes françaises exubérantes

Posté par Mon Missionnaire le 15.02.08 à 15:07 | tags : femme, secret érotique, livre érotique, pute

Faisons donc le récapitulatif des courtisanes françaises, réelles ou non, qui ont marqué l'histoire en prouvant combien elles savaient ce que liberté sexuelle voulait dire. D'une certaine façon, elles méritent bien un hommage.

Ce ne sont évidemment pas de bons exemples pour la jeunesse. Ces femmes libres payaient leur liberté en se livrant à la prostitution de haut vol. Mais elles avaient des caractéristiques amusantes.

1. La Dame aux Camélias (Marie Duplessis, 1824-1847)
Elle portait toujours à la boutonnière un camélia de couleur blanche, ce qui lui valut son surnom... Sauf quelques jours par mois. La fleur était alors de couleur rouge, et ses amis comprenaient le message. Une pièce d'Alexandre Dumas fils la rendit célèbre dans le monde entier.

2. Valtesse de la Bigne
(Lucie Emilie Delabigne, 1848-1910)
Son "centre du plaisir" était abondamment ombragé du plus beau rouge de Venise et elle avait, malgré la froideur de ses sentiments et la distance qu'elle conserva toujours à l'égard du sexe ennemi, le don physiologique bien curieux d'être constamment "prête pour l'amour".

3. Lola Montès (Maria Dolorès Elisa Rosanna Gilbert, 1818-1861)
Sa vie fut incroyablement romanesque : elle eut pour amants la plupart des têtes couronnées de son temps et fut un moment la favorite de Louis II de Bavière. Peu avare de ses charmes, elle apparut un soir dans un petit salon, le visage dissimulé sous un masque de carnaval, à peine vêtue d'une paire de bottes dans lesquelles elle avait glissé une cravache... Les spectateurs furent éblouis par "ses petits seins gonflés à la voluptueuse sensibilité..."

4. La Présidente (Aglaé-Joséphine Savatier, 1822-1889)
On peut l'admirer nue et de marbre au Musée d'Orsay, immortalisée par le sculpteur Jean-Baptiste Clésinger dans son oeuvre La femme piquée par un serpent (Illus). Un critique de l'époque trouva que "cette femme piquée par un serpent n'exprime pas le moins du monde la douleur Emile Zola a sans doute essayé de faire la synthèse de tous les personnages réels que nous venons de croiser pour dresser le portrait de son héroïne. Sa première apparition sur la scène de théâtre, est une révélation : "elle était nue avec une tranquille audace. Une simple gaze l'enveloppait ; ses épaules rondes, sa gorge d'amazone dont les pointes roses se tenaient levées et rigides, comme des lances, ses larges hanches qui roulaient dans un balancement voluptueux, ses cuisses de blonde grasse, tout son corps se devinait, se voyait sous le tissu léger, d'une blancheur d'écume."

Avant-première : cet inédit est extrait du livre "1001 secrets érotiques" de Marc Dannam, disponible à partir du 28/02 aux éditions La Musardine.




10 manières d'agiter la "Tige de Jade"

Posté par Mon Missionnaire le 13.02.08 à 16:51 | tags : bite, livre érotique, secret érotique
Rapide topo : hier, je reçois un nouveau livre des éditions La Musardine, "Osez...1001 secrets érotiques", de Marc Dannam. Je l'ai ouvert et ne l'ai pas refermé depuis. C'est une véritable Bible de la sexualité, une mine d'informations qui nous a fait penser, Mambo Miam Miam et moi, qu'on pouvait vous en publier quelques extraits.

Le livre sort officiellement le 28 février : d'ici là, vous pourrez retrouver sur SLG les secrets érotiques patiemment accumulés par Marc Dannam et publiés par La Musardine.

Le principe est simple : une centaine de listes, dix secrets à savourer à chaque fois. Aujourd'hui, "Dix manières d'agiter la Tige de Jade d'après les érotologues chinois" :

Selon le maître taoïste Li Tsong-Hsuan, médecin du VIIe siècle : "il y a neuf manières d'agiter la Tige de Jade..." Soit neuf manières pour l'homme de faire mouvoir son sexe dans le vagin de son amoureuse. Neuf ? Voyons voir !

1. "S'en servir comme un fléau, de droite et de gauche, à la manière dont un général courageux disperse les rangs ennemis."
2. "La mouvoir de haut en bas comme un cheval sauvage qui fait le saut de mouton en passant une rivière."
3. "Se retirer et s'enfoncer comme un vol de mouettes qui se jouent dans les vagues."
4. "Alterner rapidement des coups profonds et peu profonds, à la manière d'un moineau bécquetant des grains de riz délaissés dans le mortier..."
5. "Des coups profonds et peu profonds en succession régulière, comme de grosses pierres s'abîmant dans la mer."
6. "Pousser en avant avec lenteur, comme un serpent qui entre dans son trou pour hiberner."
7. "Des poussées rapides, à la manière d'un rat effrayé qui se précipite dans son trou."
8. "S'élever lentement, comme en traînant les pieds, à la manière d'un faucon agriffant un insaisissable lapin."
9. "S'élever d'abord, puis piquer du nez, comme une grande voile qui brave le coup de vent."
10. Mais le bon maître oubliait la dixième : simplement se tenir immobile, et attendre que cela se passe...

Avant-première : cet inédit est extrait du livre "1001 secrets érotiques" de Marc Dannam, disponible à partir du 28/02 aux éditions La Musardine



100 orgasmes féminins différents

Posté par Mon Missionnaire le 16.01.08 à 15:29 | tags : femme, livre érotique, orgasme
Vous connaissez sans doute ce mythe étrange de la Grèce antique : Zeus et Héra, sa femme, se disputaient un jour pour savoir qui de l’homme ou de la femme éprouvait le plus de jouissance pendant l'amour. Zeus pensait qu'il s'agissait de la femme, Héra de l'homme. Ne pouvant se mettre d’accord, ils allèrent consulter Tirésias. Celui-ci avait vécu autrefois comme femme et vivait à cette époque en tant qu’homme. Il leur répondit donc sans hésiter : quand l’homme jouit une fois la femme jouit neuf fois. Si la jouissance se compose de dix parties, l’homme n’a droit qu’à une seule et la femme emporte les neuf autres. Héra, fâchée d'avoir tort, lui arracha les yeux et pour compenser, Zeus lui offrit le don de la voyance. D'autres versions concluent l'histoire en affirmant qu'Héra arracha les testicules de Tirésias afin qu'il redevienne femme, capable d'une meilleure jouissance.

Tout ça pour vous dire que Karen Manning (Moaning ?), une mère de famille anglaise de 41 ans, vient de publier un livre sur l'orgasme féminin. Une Bible du plaisir qu'elle a pu écrire après des années d'expériences avec son mari. La chanceuse dit qu'elle a pu identifier une centaine d'orgasmes différents, de A à Z. Le traditionnel "Oh Mon Dieu", celui qu'on a dans un avion, mais aussi d'autres plus orginaux, comme l'électrifiant, qui laisse les spasmes envahir votre corps, l'orgasme rapide ou la "vague déferlante". Avec tout ça, les hommes se retrouvent avec plus grand-chose. Et pourtant, je suis sûr qu'il existe bien.... trois, cinq, sept orgasmes masculins différents, non ? Ok, je sors.



Effeuillage : L'érotisme de l'Immeuble Yacoubian

Posté par Mon Missionnaire le 11.01.08 à 16:45 | tags : drague, femme, livre érotique
J'avais un peu du mal à rentrer dans ce livre. Difficile de m'en décoller maintenant. L'Immeuble Yacoubian, d'Alaa El Aswany (qui a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 2006) nous fait découvrir l'Egypte au XXe siècle à travers une galerie de portraits passionnante. Riches, pauvres, modernes ou réactionnaires, jeunes et vieux se concentrent dans ce seul immeuble des beaux quartiers du Caire. Et on y découvre toutes les facettes de l'Egypte telle qu'on ne la connaissait pas : corruption, islamisme, désespoir, homosexualité latente, poids des traditions. La sexualité, dans un tel contexte, fait figure de pierre angulaire dans un monde où l'on préfère ne pas la voir. L'Immeuble Yacoubian, je vous le conseille, donc, et je retiens un passage parmi de nombreux autres...

Au cours de cette année, Boussaïna avait appris beaucoup de choses : par exemple, qu'elle avait un beau corps, attirant, et que ses grands yeux couleur de miel, ses lèvres pulpeuses, sa poitrine abondante, son postérieur rond et frémissant, ses deux fesses tendres étaient des éléments importants dans sa relation avec les gens. Elle vérifia que tous les hommes, si vénérable que soit leur apparence et si élevée que soit leur position, étaient extrêmement faibles devant une belle femme. Cela la poussa à faire des expériences divertissantes et pleines de malice : si elle rencontrait un homme agé et respectable, elle aimait le mettre à l'épreuve. Elle adoucissait sa voix, se dandinait, cambrait sa poitrine plantureuse et savourait ensuite le spectacle de l'homme vénérable qui s'adoucissait, se mettait à parler d'une voix tremblante et dont les yeux se brouillaient de désir. Voir les hommes soupirer après elle la comblait d'une délectation qui était comme un baume qui remplissait son coeur d'une joie vindicative. Au cours de cette année, elle s'était également rendu compte que sa mère avait complètement changé. Lorsque Boussaïna abandonnait un travail à cause du harcèlement des hommes, sa mère accueillait la nouvelle dans un silence proche de la contrariété. Une fois que le cas s'était reproduit, elle avait dit à Boussaïna qui se levait pour quitter la pièce :
- Tes soeurs et ton frère ont besoin du moindre centime que tu peux gagner. Une fille débrouillarde sait à la fois se préserver et préserver son emploi.
Cette phrase avait rempli Boussaïna de tristesse et de perplexité : "Comment puis-je me préserver devant un homme qui ouvre son pantalon ?"

L'Immeuble Yacoubian, Alaa El Aswany, éditions Actes sud, p. 60

Sur Flu : Le porno dans le monde arabe



L'Enfer de la BNF : le dossier Flu

Posté par Mon Missionnaire le 17.12.07 à 13:05 | tags : enfer, évènement, interview, livre érotique, paris sexy
On vous en avait parlé, mais on ne pouvait pas passer à côté ainsi sans rien faire. Fluctuat consacre donc un dossier à la sulfureuse exposition qui se tient actuellement à la Bibliothèque François Mitterrand, "L'enfer : Eros au secret". Au cas où vous ne le saviez pas, l'Enfer, c'est la partie réservée d'une bibliothèque aux livres interdits. Erotiques, grivois, libertins, carrément pornographiques, voire politiques, cette section attire autant qu'elle suscite de mystères. Longtemps cachée, elle est désormais ouverte au public le temps de quelques mois, avant de redevenir secrète. Profitez-en, donc, pour aller à la BNF. Et si vous ne pouvez pas ? Eh bien, vous pouvez toujours vous satisfaire de notre dossier. Une critique de l'exposition, c'est déjà pas mal. Mais en plus, on vous propose une sélection de 10 textes infernaux, revus et corrigés par Anne Archet. Et quand l'amatrice de livres anciens se prête au jeu de l'interview, elle nous parle de la place de la femme dans l'Enfer. En ajoutant le détail qui tue : le Vatican aurait lui-même sa propre collection d'ouvrages érotiques. A quand l'exposition ?

Sur Fluctuat :
- La critique de l'exposition "L'Enfer"
- Sélection de dix textes infernaux
- Entretien avec Anne Archet

Sur SLG : le meilleur de la littérature érotique



Effeuillage : La liberté d'offenser de Ruwen Ogien

Posté par Mon Missionnaire le 04.12.07 à 16:34 | tags : censure, livre érotique, porno, sexe et société

Il serait naïf de penser qu'il suffirait de censurer complètement les représentations sexuelles explicites pour que ce monde devienne une vallée de roses. Ainsi, la carte des pays où la pornographie est interdite coïncide avec celle des Etats où l'intégrité physique et le respect des droits des femmes et des minorités sexuelles sont les moins garantis. Inversement, partout où la pornographie est tolérée, les femmes sont plus libres et les minorités sexuelles mieux protégées. Cela ne veut évidemment pas dire que c'est la diffusion des représentations sexuelles explicites qui cause ces libertés, ce qui serait absurde, mais seulement qu'elle ne les entrave aucunement alors que leur interdiction est plutôt mauvais signe.
Il y a quelques années, la mode était aux commentaires apocalyptiques sur l'état des "ados" exposés au "porno" : déshumanisation de la sexualité, incapacité de reconnaître l'"autre", difficultés à distinguer la réalité de la fiction, langage ordurier...
J'en oublie certainement, mais il faut dire que j'ai du mal à comprendre ce langage étrange où certains styles de vie sexuelle, qui ont pour seul inconvénient de ne pas être conformes à une certaine idéologie romantique et hétérosexuelle, sont présentés comme des troubles psychologiques personnels.
Ces commentaires évitent la seule question qui vaut finalement la peine d'être posée, c'est-à-dire : "Où est le mal ?"
On peut certes critiquer l'"esthétique porno", la trouver laide ou ridicule (comme tous ceux qui ne comprennent rien à la mode). Mais pourquoi la rendre responsable de tant de maux psychologiques ou moraux ?

Ruwen Ogien semble être un auteur intelligent et énervé. Enervé par le voile de pudeur que nous imposons encore aux représentations sexuelles explicites, intelligent par les conclusions qu'il rend dans son livre La liberté d'offenser, l'art, le sexe et la morale. Les sociétés occidentales sont prêtes à tolérer les représentations sexuelles dites artistiques, mais maudissent toujours ce qui, à la fois, nous attire et nous répulse. L'obscène, en un mot. L'auteur va donc chercher tout ce qui pourrait expliquer cette ambivalence, des traditions judéo-chrétiennes au poids de la justice et de la censure qui en ont hérité. Et revendique aussi le droit d'exposer tout, même ce que la morale réprouve. Allant jusqu'à détruire les arguments de tous les puritains et moralistes en croisade contre le sexe totalement libre. A conseiller, donc, à ceux qui voudraient bien mater un bon film porno sans qu'on leur dise en quoi ce genre de films, c'est mal. Sinon, on peut toujours les renvoyer au livre de Robert Jensen dont on a parlé récemment sur SLG.

La liberté d'offenser, l'art, le sexe et la morale, Ruwen Ogien, Editions La Musardine, collection L'attrape-corps, pp. 119-122.



L'Enfer de la Bibliothèque

Posté par Mon Missionnaire le 04.12.07 à 12:32 | tags : enfer, évènement, livre érotique, paris sexy

Ce monde c'est celui de l'anonymat, du pseudonyme, des fausses adresses, des dates trompeuses, des éditeurs clandestins, des lieux clos, celui des couvents, des boudoirs, des bordels, des prisons mais aussi des bibliothèques. Des écrivains tels que Sade, Apollinaire, Louÿs, Bataille et quelques autres en sont les acteurs à jamais anonymes de la célébration de l'érotisme et du sexe entre le XVIe et le XXe siècle.


Extrait du petit coup de pub qu'ils doivent faire à chaque journaliste qui leur posent des questions. La BNF organise une exposition sur ses archives les plus brûlantes. Quand l'institution révèle au public comment elle prend soin de ces divins et diaboliques auteurs. Réunissant également quelques archives qui les concernent : photos, images, dessins et même estampes japonaises. Allez-y pour moi, je suis actuellement un petit peu trop loin pour m'y rendre.

Exposition "L'Enfer de la bibliothèque, Eros au secret", du 4 décembre 2007 au 2 mars 2008, Grande galerie de la BNF François Mitterrand.
Sur SLG : Toutes les archives des auteurs érotiques dévorées par la délicieuse Anne Archet.



Crumb : dessins, des seins, desseins...

Posté par Mambo_Miam_Miam le 01.12.07 à 12:12 | tags : art et sexe, bd érotique, livre érotique

Connaissez-vous le dessinateur américain Robert Crumb ? Celui de Fritz le chat, dont la récupération contre-culturelle a donné lieu à un remake de West side Story, dans un version acide Hippies contre Junkies. Tandis que paraissent simultanément Mes problèmes avec les femmes (chez Cornéluis, en français) et ses Sex Obsessions (chez Taschen, en anglais), et parce que c'est un peu noël au balcon, Flu a décidé de lui dresser le portrait. Et de se frayer une percée dans la fantasmagorie graphique de ses obsessions sexuelles, et de ses relations phallocratiques aux femmes à gros seins.

Intro :" Les détracteurs de Robert Crumb le décrivent comme un pervers qui dessine des fantaisies masturbatoires dégradantes pour les femmes. L’auteur plaide volontiers coupable. Crumb est-il un pornographe détestable ? On refait le procès, à l’occasion de la parution en un beau et luxieux coffret de ses Sex Obsessions (des années 60 à aujourd'hui) enfin compilées. "

Sur le mag : Lire (surtout) la chronique de ses Sex Obsessions.
Lire aussi le portrait de Robert Crumb

Illus ci contre : I was raised to be a Christian, but somehow the devil got me. I don't know what happened, Lod help me !
Traduction perso : " J'étais destiné à être un (bon) chrétien, mais quoi qu'il en soit, le diable m'a eu. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Dieu, aidez-moi ! "

 




Effeuillage Fuck and Forget, Journal de Pattaya

Posté par Mademoiselle le 29.11.07 à 18:32 | tags : sexe et société, livre érotique
Combien me suis-je fait de Thaïlandaises ? A peu près le même nombre qui va passer dans cette rue durant un quart d’heure, plus d’un millier. Comment se fait-il que ça me rende dingue à ce point et que je ne m’en lasse pas ? Tant de temps, d’argent et d’énergie dépensés pour renifler des culs! Pourquoi, moi qui suis censé être un humain intelligent et éduqué, ne puis-je pas passer à autre chose, disons, de plus spirituel et sentimental ?
Parce que le seul terrain qu’il nous reste pour mener une guerre quotidienne, sans représailles, juste pour le plaisir de se battre, c’est peut-être bien le sexe. Le corps est le dernier territoire où nous pouvons assouvir nos instincts guerriers. Mais quel est le sens de cette guerre où l’on achète l’adversaire pour qu’il veuille bien se battre ? En suis-je arrivé à acheter la possibilité de me battre ? Après tant de culs, j’en suis de plus en plus convaincu.
J’ai bel et bien contracté la maladie de mon époque. Je ne dois pas (c’est inadmissible, inhumain) assouvir mon désir de puissance. La fameuse tolérance. On ferme sa gueule, on travaille son hypocrisie, et on finit frustré comme un animal domestiqué.


Fuck and Forget, Journal de Pattaya, Coton. Ed. La Musardine


Comme vous pouvez le constater, la vie de Coton est terriblement pathétique. A peine, la quarantaine, ça fait dix ans qu’il passe six mois en Thaïlande tous les six mois. Il se défonce avec tout ce qu’il trouve : alcool, beu, ya ba, orange, viagra... Et défonce tout ce qu’il peut femmes, hommes, VTT (travestis). Rien n'échappe à ses billets mauves.

Lire aussi Planète sexe : Tourismes sexuels, marchandisation et déshumanisation des corps.



Effeuillage : l'exhibitionnisme selon Julien Picquart

Posté par Mon Missionnaire le 15.11.07 à 14:29 | tags : livre érotique, sexe et société
Je prends une connexion internet, j'achète une webcam, et le tour est joué. Le monde entier peut potentiellement me voir prendre ma douche, manger, surfer ou tout simplement me masturber. Dans un monde où l'on se voit et l'on se montre, l'exhibitionnisme prend une part de plus en plus importante dans la sexualité. C'est ce que démontre Julien Picquart, dans son livre L'oeil et le sexe, sur l'exhibitionnisme (La Musardine). Petit extrait pour comprendre. L'exhibitionnisme cesse de passer pour une perversion et devient de plus en plus une représentation de soi, ou du soi que l'on aimerait être. Surprenant et déroutant, ce livre casse un tabou : regarder ou pas ?

Peut-on quitter un instant le Pervers Pépère de Gotlib et envisager un exhibitionnisme entre adultes consentants ? L'exhibitionnisme peut-il être un jeu plutôt qu'une perversion ? Une pratique sexuelle, et non plus une agression ? Un exhibitionnisme dégagé de sa dimension violente et perverse, qui deviendrait ainsi un spectacle de soi ?
C'est Internet et les films pornos, où l'exhibitionnisme des uns appelle la masturbation des autres. Ce sont les sex-clubs et les parties fines, où la multiplicité des corps vaut pour celle des sexes autant que des regards. C'est à chaque fois pour l'exhibitionniste le plaisir de se faire désirer : donner envie sans rien promettre, tenter sans contenter.
L'exhibitionniste devient un séducteur, ou une séductrice, qui allume mais n'ira pas éteindre le feu sexuel chez son partenaire. C'est un acteur qui doit se mettre à nu tout en gardant son mystère, maintenir la tension sous peine de voir son public le délaisser. Être un bon exhibitionniste, c'est être le magicien de soi-même. Jouer de soi, pour mieux jouer des autres.
Nulle agressivité là-dedans, nulle méchanceté, juste un petit jeu sans conséquence, une foire à l'illusion. L'exhibitionnisme est un marché de dupes où personne ne se fait tromper, un miroir aux alouettes où chacun se contemple. S'exhiber, c'est se regarder à travers l'autre. Regarder, c'est exhiber son désir. L'exhibitionnisme est une démarche narcissique. Chacun espère s'y voir renvoyer une image positive de son propre sexe, de sa puissance sexuelle. (p. 47)

Julien Picquart, L'oeil et le sexe, sur l'exhibitionnisme, octobre 2007, La Musardine



Effeuillage : Pornostars, fragments d'une métaphysique du X

Posté par Mambo_Miam_Miam le 09.11.07 à 14:35 | tags : livre érotique, porno star, sexe et société
Spécial copinage. Laurent de Sutter, qui a rédigé la majorité des dossiers de notre tour du monde du cinéma porno, s'est adonné à une rêverie métaphysique sur la fascination qu'exerce sur l'amateur de films pornographiques la contemplation des starlettes du X. Où il ressort que ce qui qualifie le mieux le charme de l'actrice, ce n'est pas tant sa débauche (au sens dyonisiaque) mais sa générosité. Extrait :

Ce qui définit la grande starlette de X est sa générosité. C’est en faisant la preuve d’une telle générosité que, dans La Collectionneuse, (Fred Coppula, 1999) Clara Morgane s’est révélée aux amateurs de films pornographiques. La scène où elle faisait l’amour avec le vendeur d’aspirateur qui venait de sonner à sa porte a en effet causé une surprise d’avantage due à la fougue et au naturel de Clara Morgane, qu’au dispositif cinématographique banal de Fred Coppula . La générosité, semblait-elle se rendre compte alors, est une vertu nécessaire, dès lors que le succès dans la production d’un effet requiert de s’y livrer complètement. Comme la condition de l’intensité d’un tel effet consiste précisément en l’ampleur du don qui y préside, c’est à l générosité dont fait preuve la starlette que pourra être mesurée la force de sa prestation. Dans le cinéma pornographique comme ailleurs, la pingrerie n’est jamais populaire. (p. 72)

 


Laurent de Sutter Pornostars : Fragments d'une métaphysique du X
La Musardine, octobre 2007

On vous en reparle bientôt.





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