"Ils sont homosexuels au Yémen, en Ouganda, à la Grenade ou à l'Ile Maurice, des pays où leur sexualité est condamnée. Le journaliste Philippe Castetbon les a rencontrés sur le Net, leur a demandé un autoportrait et a recueilli leur témoignage, des paroles de peur et de révolte mêlées. Voici seize extraits de son livre Les Condamnés avec, pour chaque pays, le texte de loi qui les condamne."
Très beau diaporama aujourd'hui sur Libération, avec un article pour approfondir. Et une exposition, dans la mairie du IIIème arrondissement de Paris (2, rue Eugène Spuller), du lundi au samedi, jusqu'au 25 février.
(PS : L'Espagne a récemment innové en accueillant son premier réfugié politique homosexuel, un homme qui risquait la mort en Iran...)
Le verdict est tombé. Christine Boutin et consorts ont obtenu que le gouvernement interdise la diffusion du court-métrage didactique sur l'homosexualité "Le baiser de la lune" à des classes de CM1 et CM2. Motif, selon Luc Chatel : "Je dis oui à la lutte contre l'homophobie, oui à la lutte contre toutes les discriminations, oui à la sensibilisation de nos lycéens et collégiens, mais je pense que traiter ces sujets en primaire, ça me semble prématuré".
C'est drôle de constater que cette interdiction intervient alors même que Roselyne Bachelot, ministre de la santé, annonçait quelques jours auparavant des changements dans l'éducation sexuelle de nos enfants. Motif : le nombre d'avortements en France ne diminue pas, les grossesses de mineures augmente à cause du manque d'information et de sensibilisation à ces thèmes pendant l'école. Permettre à des enfants de voir un film finalement assez gentil sur l'homosexualité aurait pu être une marque de bonne volonté du gouvernement, mais non.
Parce que penser que l'on peut et l'on doit éduquer les enfants à la sexualité uniquement à partir de 12 ans est un leurre. Un vieux reste pré-soixante-huitard de l'éducation rigoureusement orthodoxe, débarrassée de toute connotation sexuelle. On a pu prouver aux Etats-Unis, par exemple, que ce type d'éducation favorisait finalement la méconnaissance en matière de sexualité, mais surtout, poussait les jeunes à explorer par eux-mêmes ce champ sur lequel on ne leur dit rien, et résultat, un taux de grossesse chez les mineures des plus élevés au monde. Les Pays-Bas, qui ont innové très tôt en proposant l'éducation sexuelle aux petits enfants, est l'une des nations d'Europe où ce taux est le plus faible. Pas besoin d'être un génie pour comprendre qu'éduquer les enfants à une sexualité responsable est plus que nécessaire, c'est impératif.
J'ai moi-même eu de la chance. Ma grande soeur, de quatre ans mon aînée, s'était décidée, à cause de mes questions incessantes, à m'apprendre la sexualité. Elle l'étudiait en cours au collège, j'étais encore à l'école primaire. Je nous revois dans le métro, le matin, à regarder des dessins d'anatomie qui devaient sûrement faire sursauter nos voisins... En tout cas, ça n'a pas fait de moi un pervers polymorphe, ça ne m'a pas poussé à me masturber avant les autres ni encouragé à vouloir faire du touche-pipi avec ma prof de maths. Ça m'a juste servi à répondre à mes questions. Je me rappelle être arrivé triomphant à l'école, capable d'expliquer à des camarades tout aussi curieux que moi comment fonctionnaient les ovules et le sperme. Parce que les enfants ne sont pas bêtes. Et si dès la petite enfance, leur curiosité leur donne envie de savoir exactement d'où ils viennent, c'est sans doute qu'ils sont prêts à entendre la réponse. Mais le gouvernement ne semble, lui, vraiment pas prêt à la leur donner.
Oh oui, j'aime ça. Mon Moi le plus anti-américain sourit en dévoilant l'hypocrisie américaine, qui préfère largement le sous-entendu à l'explicite. Ainsi, aux derniers American Music Awards, Adam Lambert n'a pas choqué pour la mise en scène SM de sa performance, mais pour deux détails scabreux.
Adam Lambert, pour les nombreux lecteurs qui ne le connaissent pas, a failli gagner le programme American Idol en 2008. Il correspond pas mal à l'idole des minettes un peu dark genre Robert Pattinson, sauf que son homosexualité n'est un secret pour personne. Le jeune chanteur passe à la cérémonie des American Music Awards, dimanche dernier. La mise en scène de la chanson For your entertainment est pleine de symbolique SM un peu cheap, noir de rigueur et attaches pour les danseurs. Tout ça pour cacher le fait qu'Adam Lambert chante mal, je crois bien. Parce que le jeune homme décide d'en rajouter une bonne couche : agrippant l'un des danseurs par le cou, Adam simule une fellation, voire un deepthroat, et finit sa performance en embrassant goulûment l'un de ses musiciens. Petite précision : le programme passe sur la chaîne nationale ABC, en prime time, avec un audimat estimé à 14 millions de personnes. Bien entendu, le léger décalage du direct fait que les images sont censurées dans l'Ouest américain. Et comme pour bien montrer qu'il ne s'agissait pas d'un faux incident style le sein de Janet Jackson au Superbowl, Adam Lambert insiste : "J'ai offensé certaines personnes, je le sais. Ce sont comme des pommes et des oranges. Je ne suis pas un artiste qui agit pour plaire à tout le monde. Je crois en la liberté artistique et en la liberté d'expression. Je crois qu'il faut respecter les paroles d'une chanson. Ces paroles ne sont également pas pour tout le monde."
(Moments intéressants à 1'18'' et 3'41'')
Ouuuuuh, rebelle ! Sauf que la séquence choc est un peu tombée à plat. Selon USA Today, ABC a reçu environ 1 500 plaintes, ce qui est très peu au regard des dizaines de milliers de courriers que peut recevoir normalement une chaîne de télévision lorsqu'une controverse explose. Pire, environ une centaine de personnes ont appelé ABC pour dire qu'ils avaient aimé les images. Finalement, le soufflé retombe, comme le dit lui-même Adam Lambert : "Les gens ont peur et c'est triste. Je crois qu'ils devraient faire preuve d'ouverture et avoir du plaisir. C'est pour rire. On ne devrait pas en faire tout un plat."
En juin dernier, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche nous avait sorti des affiches contre l'homophobie qui n'avait pas fait beaucoup parler d'elle. Normal, elles sortaient alors que l'année scolaire était finie et ne s'adressaient qu'aux étudiants. Et puis, faut dire que les modèles trouvés ont tout du fils-à-papa qui étudie à HEC et de la gentille petite meuf dont on se dit qu'elle est trop jolie pour être lesbienne (joke).
Après la rentrée, donc, rebelote. Mais avec des Français issus de l'immigration, cette fois-ci, comme le souhaitait une association antillaise LGBT. ET puis cette fois-ci, on y met les bouchées doubles : collages d'affiches dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants, campagne radio et même sur Messenger et Skyrock. Là, on se dit que cette comm' aura sûrement de l'effet sur les petits jeunes qui se découvrent gays ou lesbiennes et le vivent très mal, on ne peut que s'en féliciter. Mais quid de ces mêmes petits jeunes des campagnes ? En tout cas, sur Gayclic, où l'info est relayée, les lecteurs semblent majoritairement convaincus de l'efficacité de ces affiches. Advienne que pourra.
Ca fait plaisir d'habiter en Andalousie quand on voit ce genre de vidéos. Un programme pour enfants financé par la Junta de Andalucia, le Conseil régional en quelque sorte. Ca s'appelle Andaluna et Samir, ça passe à la télé locale. Sur le site, les hispanophones pourront lire les textes sur les problèmes sociaux espagnols et les valeurs défendues par ce programme. Pour l'égalité des sexes, l'intégration des étrangers et des handicapés, le respect de l'environnement. Contre les violences et la maltraitance infantile. Et la liste des droits est mignonne comme tout. Dans cette vidéo, les petits chanteurs militent pour la reconnaissance de toutes les familles : qu'on ait un père et une mère, juste un parent, deux pères ou deux mères, tous les enfants grandissent avec de l'amour.
Dans l'affaire Mitterrand, j'ai préféré écouter l'accusé que les accusateurs. Laisser Marine Le Pen sortir de ses gonds, Benoît Hamon s'arroger le droit de juger, j'ai préféré voir son interview sur TF1 hier et surtout, lire les passages incriminés, publiés par Le Monde. Le fait est qu'au début du chapitre, on est pas mal outré. Le style est un peu lourd et emprunté, s'attache à fourmiller de détails peu importants mais surtout, est assez scabreux. Le moment où le protagoniste trouve son boy pourrait tout à fait correspondre à une vente sur un marché d'esclaves sexuels. Mais un certain cynisme à la Houellebecq fait qu'on se sent, comme lui, détaché de tout cela. Et la scène érotique m'a touché, je ne sais pas vraiment pourquoi. Plus qu'un prédateur sexuel, on sent l'Occidental dans une recherche d'amour, dans une frustration qui l'a amené là, et le conduit à chercher de la tendresse dans un moment qui n'en a pas. C'est pathétique et émouvant à la fois :
"Alors que nous sommes étendus, je tente un baiser sur les lèvres du garçon, j'avais bien tort d'hésiter, il embrasse merveilleusement bien, sans doute avec la même adresse qu'avec sa copine, il y revient autant que je le souhaite, lèvres fraîches, langue en profondeur, salive salée de jeune mâle sans odeur de tabac ni d'alcool. Sa peau est d'une douceur exquise, son corps souple se plie quand je l'effleure et quand je le serre et j'ai l'impression qu'il éprouve du plaisir en quelque endroit que je le touche. Le fait que nous ne puissions pas nous comprendre augmente encore l'intensité de ce que je ressens et je jurerais qu'il en est de même pour lui. Ce qui ne m'empêche pas de parler, de lui dire des mots tendres, qu'il reprend à la volée et répète en désordre avec de grands rires. Il me lèche avec une délicatesse extraordinaire et je vois sa nuque, son dos, son cul dans la glace au plafond, la masse aux reflets bleus de ses cheveux quand je baisse la tête pour regarder son visage si attentif à ce que j'éprouve. Je ne sais d'où il a sorti les capotes, mais il nous les enfile en un clin d'œil et avec une dextérité de voleur à la tire. C'est lui qui décide désormais, et ça se complique un peu ; son corps me tient tout entier, son sourire découvre ses dents serrées, ses yeux sont fixés dans les miens, mais sans aucune dureté dans le regard ; avec une lueur de ruse malicieuse et de joie plutôt comme s'il s'étonnait le premier de ce qu'il est en train de faire. (...) Je retrouve cette angoisse qui m'est habituelle de le voir se relever subitement et partir ; c'est pour cela que je viens généralement le premier, pour ne pas affronter leur lassitude ; parfois c'en est assez pour moi et on en reste là, et parfois j'ai envie de continuer et eux aussi ; dans ce cas, il y a encore un peu de marge. Mon garçon est prêt à tout pour tenir son contrat ; le I want you happy qui ne connaît pas d'exception. Il est revenu contre moi, la mine un peu voilée comme s'il était désolé d'être parti trop vite et regrettait son absence ; on recommence mais autrement, maintenant c'est moi qui décide et tout le plaisir est pour moi. Je n'ai jamais connu une telle sensation de plénitude et de puissance. Il a fermé les yeux, je ne sais pas ce que sont ces traces humides sous ses paupières, les légers cernes, au creux des tempes un peu de sueur peut-être ou des larmes de fatigue, ça existe sûrement les larmes de fatigue.
(...) En partant, il s'est retourné en me décochant une dernière fois son incroyable sourire et il m'a montré du doigt la petite rue du club, j'ai senti qu'il me donnait sans doute rendez-vous pour les autres soirs, et puis il a disparu très vite en me laissant à la nuit où je l'avais trouvé. Je suis reparti pour Paris quelques heures plus tard. Je pense souvent à lui, j'espère que personne ne lui a fait de mal ; chaque fois que je vais avec un garçon, je le revois au moins un instant, devant moi, dans l'affreuse chambre fermée comme un bunker et j'ai l'impression de le trahir, lui, là-bas, si loin, mon garçon de Patpong."
Pas question donc ici de juger un ministre qui a connu, comme tous, ses périodes sombres et ses erreurs. Pas question de l'accuser de pédophilie. Juste de lire le désarroi d'un homme capable, en connaissance de cause, de la pire des choses pour aimer et se sentir aimé. Et puis, souvenez-vous : Fuck and Forget : journal de Pattaya, c'était quand même beaucoup plus trash.
Aux Etats-Unis, le débat sur l'homosexualité est né, selon moi, sur une erreur monumentale. A savoir, un faux débat où deux arguments bidons s'affrontent. Chez les uns, on conclut que l'homosexualité serait génétique, on naît homo ou pas. Les seconds affirment qu'elle serait acquise : on ne naît pas homosexuel, on le devient. Partant, on pourrait également devenir hétéro, et guérir de ce que certains voient comme une "tare" à corriger.
Bien entendu, les partisans de l'homosexualité de naissance sont plus "liberals" que ceux qui pensent qu'elle est acquise, à soigner. Et bien entendu, tout le monde se trompe : le débat ne devrait pas se situer là, car la grande majorité des homos se dit homo depuis toujours et n'a pas l'intention, cependant, d'approuver quelqu'un qui leur dirait que ce sont leurs petits gènes qui ont décidé pour eux. En gros, on devient homo, mais on ne peut pas changer de sexualité comme de chemise.
Il n'empêche : les conservateurs américains ont trouvé un nouvel héraut en la personne de Michael Schwartz, chef de cabinet du sénateur Tom Coburn et membre de la Family Reserach Council, l'équivalent de notre cher Familles de France. Et là, gros monceau de connerie déclaré récemment :
"A mon sens, les garçons de cet âge sont moins tolérants envers l'homosexualité que tous les autres. Ils en parlent mal, de l'homosexualité. Parce qu'ils ne veulent pas le devenir. Ils ne veulent pas tomber dans ce piège. Et c'est un instinct tout à fait positif. Après tout, nous savons que l'Institut national de la santé tente de prouver par des études que l'homosexualité est génétique mais ces études continuent de prouver le contraire. L'homosexualité est infligée aux gens. Toute pornographie est homosexuelle. Parce que toute pornographie tourne votre libido vers vous-même. Et si vous dites cela à un garçon de 11 ans, est-ce que vous croyez qu'il va sortir pour s'acheter un numéro de Playboy ? Je suis sûr qu'il ne s'y intéressera plus."
Voilà, donc, la pornographie rend gay, parce que vous vous masturbez devant, et que se masturber, c'est se toucher, donc c'est gay. Je me demande si c'est l'omnipotence des démocrates qui rend les conservateurs si bêtes et prêts à tout pour propager leurs idées, mais c'est sûrement la chose la plus idiote qui m'ait été donné de lire depuis que j'ai commencé le blog sexe. A ces inepties, Fleshbot a très bien répondu, en dressant la fausse liste des choses qui peuvent faire de vous un gay, à savoir : l'Ultimate Fighting championship, les films d'action, les compagnies de sous-vêtements masculins, Twilight et Men's Health.
Illus : Julien Arias, Dieux du Stade 2008. Si vous êtes un homme et que cette photo vous excite, soit vous êtes joyeux, soit vous pouvez vous poser des questions.
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