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BEST OF. Le meilleur de la littérature érotique.
Les meilleurs pages de la littérature érotique ou pornographique. Place à l’imagination et surtout, avant de descendre avec nous, prenez de quoi vous rafraîchir ! Quand l’écrit part en Enfer, ça peut brûler les yeux. Voir aussi les collections curiosa et livre. Livre érotique : La mauvaise vie de Mitterrand![]() "Alors que nous sommes étendus, je tente un baiser sur les lèvres du garçon, j'avais bien tort d'hésiter, il embrasse merveilleusement bien, sans doute avec la même adresse qu'avec sa copine, il y revient autant que je le souhaite, lèvres fraîches, langue en profondeur, salive salée de jeune mâle sans odeur de tabac ni d'alcool. Sa peau est d'une douceur exquise, son corps souple se plie quand je l'effleure et quand je le serre et j'ai l'impression qu'il éprouve du plaisir en quelque endroit que je le touche. Le fait que nous ne puissions pas nous comprendre augmente encore l'intensité de ce que je ressens et je jurerais qu'il en est de même pour lui. Ce qui ne m'empêche pas de parler, de lui dire des mots tendres, qu'il reprend à la volée et répète en désordre avec de grands rires. Il me lèche avec une délicatesse extraordinaire et je vois sa nuque, son dos, son cul dans la glace au plafond, la masse aux reflets bleus de ses cheveux quand je baisse la tête pour regarder son visage si attentif à ce que j'éprouve. Je ne sais d'où il a sorti les capotes, mais il nous les enfile en un clin d'œil et avec une dextérité de voleur à la tire. C'est lui qui décide désormais, et ça se complique un peu ; son corps me tient tout entier, son sourire découvre ses dents serrées, ses yeux sont fixés dans les miens, mais sans aucune dureté dans le regard ; avec une lueur de ruse malicieuse et de joie plutôt comme s'il s'étonnait le premier de ce qu'il est en train de faire. (...) Je retrouve cette angoisse qui m'est habituelle de le voir se relever subitement et partir ; c'est pour cela que je viens généralement le premier, pour ne pas affronter leur lassitude ; parfois c'en est assez pour moi et on en reste là, et parfois j'ai envie de continuer et eux aussi ; dans ce cas, il y a encore un peu de marge. Mon garçon est prêt à tout pour tenir son contrat ; le I want you happy qui ne connaît pas d'exception. Il est revenu contre moi, la mine un peu voilée comme s'il était désolé d'être parti trop vite et regrettait son absence ; on recommence mais autrement, maintenant c'est moi qui décide et tout le plaisir est pour moi. Je n'ai jamais connu une telle sensation de plénitude et de puissance. Il a fermé les yeux, je ne sais pas ce que sont ces traces humides sous ses paupières, les légers cernes, au creux des tempes un peu de sueur peut-être ou des larmes de fatigue, ça existe sûrement les larmes de fatigue. (...) En partant, il s'est retourné en me décochant une dernière fois son incroyable sourire et il m'a montré du doigt la petite rue du club, j'ai senti qu'il me donnait sans doute rendez-vous pour les autres soirs, et puis il a disparu très vite en me laissant à la nuit où je l'avais trouvé. Je suis reparti pour Paris quelques heures plus tard. Je pense souvent à lui, j'espère que personne ne lui a fait de mal ; chaque fois que je vais avec un garçon, je le revois au moins un instant, devant moi, dans l'affreuse chambre fermée comme un bunker et j'ai l'impression de le trahir, lui, là-bas, si loin, mon garçon de Patpong." Pas question donc ici de juger un ministre qui a connu, comme tous, ses périodes sombres et ses erreurs. Pas question de l'accuser de pédophilie. Juste de lire le désarroi d'un homme capable, en connaissance de cause, de la pire des choses pour aimer et se sentir aimé. Et puis, souvenez-vous : Fuck and Forget : journal de Pattaya, c'était quand même beaucoup plus trash. La Mauvaise vie, Frédéric Mitterrand, éditions Robert Laffont Sur Flu : Planète sexe : Tourismes sexuels, marchandisation et déshumanisation des corps. Une Bible moins sexySous le logo de Conservapedia, un slogan : "L'encyclopédie de confiance". Elle traite, comme Wikipédia, de tous les sujets, mais avec un semblant, une petite touche inexplicable de conservatisme, en tout cas très américain. L'article "évolution" commence par définir la théorie, pour passer directement à un sondage CBS affirmant que la majorité des Américains n'y croient pas. Dans leur quête infinie de l'idéal traditionnaliste, les contributeurs de Conservapedia ont eu une nouvelle idée : retraduire la Bible. Abandonner la version "King James" pour en créer une plus pure, débarrassée de toute idée de progressisme. Leur travail se base donc sur 10 principes, à l'image des 10 commandements :
![]() 2. Pas de sexualisation : éviter les références au sexe, le langage sexué et toute autre forme moderne de sexualisation du christianisme. 6. Accepter la logique de l'Enfer : appliquer une logique forte et effective et ne pas renier ou sous-estimer la véritable existence de l'Enfer et du Diable. 7. Développer les paraboles sur le libre marché : expliquer les nombreuses paraboles sur l'économie dans leur sens véritable, celui du libre marché. 8. Exclure les passages rajoutés et libéraux, comme l'histoire de l'adultère. On passera sur le fait que, chez Conservapedia, on compte adoucir le terme "esclave" dans la Bible ainsi que toute terminologie socialiste, comme "camarade", "compagnon" ou "travailleur". Par contre, étrangement, aucune mention du fait que, malgré tout ce qu'on peut interpréter de la Bible, ça reste un bouquin sacrément cochon. Que va-t-il advenir de Marie-Madeleine la prostituée ? Du Chant de Salomon, plutôt érotique ? Comment traduire le fait que les habitants de Sodome ont tenté d'enc.... des anges, et que Lot a couché avec ses filles ? Alors que Conservapedia compte renforcer les allusions négatives à l'homosexualité, comment conserver la loi qui voudrait qu'on lapide une femme qui s'est fait violer si elle n'a pas su se défendre comme elle le devait ? Beaucoup de questions, mais finalement, on sait qu'on peut faire confiance en Conservapedia. Pas de porno en Iran Une dépêche pas rigolote. En Iran, la police a fait une descente dans une maison de Téhéran et a arrêté... une équipe qui tournait un porno. On ne sait pas exactement combien de personnes ont été arrêtées - le gouvernement iranien n'aimant pas trop communiquer sur le sujet dans la mesure où cela reviendrait à admettre que la dépravation et la dégénérescence des moeurs propres à l'Occident ont contaminé l'Iran. On sait tout de même qu'il y avait une majorité d'actrices et on peut raisonnablement s'inquiéter pour ces jeunes femmes. Selon la loi, les individus accusés d'immoralité et de corruption des moeurs encourent la peine de mort. D'autant qu'il pourrait s'agir cette fois de marquer le coup en faisant un exemple pour stopper le développement récent de l'industrie du X iranienne. Le guardian rapporte les explications d'un sociologue de l'université de Téhéran, Naser Fakouhi, pour qui cette hausse de la production de pornos est liée d'une part à l'âge de la population iranienne (70% des habitants du pays ont moins de 35 ans) et d'autre part à l'âge moyen du mariage (40 ans pour les hommes, 35 pour les femmes). Dans un pays où le sexe hors mariage n'est pas autorisé, ça laisse effectivement de longues années d'abstinence. La fin de la fessée ? Les Nations Unies aiment bien faire des choses qui ne servent à rien, comme les Objectifs du Millénaire qu'on n'arrivera jamais à atteindre ou un rapport farfelu sur le monde en l'an 3000. On constatera au moins que l'argent des grandes puissances de ce monde sert finalement à quelque chose. Par contre, là, on n'est pas trop d'accord. M. Pinheiro, expert brésilien des Nations Unies, rend un rapport rendu en 2006 et affirme que 2009 devrait être l'année où de nombreux pays dans le monde devraient interdire les châtiments corporels. Belle initiative, rien à dire, chapeau bas. Mais M. Pinheiro, dans sa liste des traitements humiliants qu'il voudrait définitivement bannir, a ajouté la fessée, la classique et dure fessée. Or, à en croire les chiffres, elle a encore de beaux jours devant elle, la fessée. Seuls 23 pays dans le monde l'ont interdite, dont 17 en Europe. En France, sur les terres même où le concept du sadisme fut inventé, tout le monde a droit à la fessée. 87% des parents disent la pratiquer, 2% de plus par rapport à 1999. Le Conseil de l'Europe voudrait pourtant bien partir en croisade contre les violences. "Les enfants ne sont pas des mini-êtres humains dotés de mini-droits", y affirme-t-on. Quand on frappe les adultes, c'est une agression. Quand on frappe les animaux, c'est de la cruauté. Quand on frappe les enfants, "c'est pour leur bien"". Certes, aucune violence ne peut contribuer au bien-être d'une personne. Mais la fessée peut-elle être "violence" ? Et la fessée entre adultes consentants, ce sera interdit aussi (La Grande Bretagne s'y est déjà mise) ? A la fessée vue comme une violence, à la bêtise des gens qui ne voient pas plus loin que le bout d'une main sur une fesse rouge, je répondrais en citant Les Confessions de ce cher Jean-Jacques Rousseau, philosophe un peu naïf, mais sûrement pas en matière de plaisir sensuel. L'histoire est connue :"Comme Mlle Lambercier avait pour nous l'affection d'une mère, elle en avait aussi l'autorité, et la portait quelquefois jusqu'à nous infliger la punition des enfants quand nous l'avions méritée. mais après l'exécution, je la trouvai moins terrible à l'épreuve que l'attente ne l'avait été, car j'avais trouvé dans la douleur, dans la honte même, un mélange de sensualité qui m'avait laissé plus de désir que de crainte de l'éprouver derechef par la même main. Cette récidive, que j'éloignais sans la craindre, arriva sans qu'il y eût de ma faute, c'est-à-dire de ma volonté, et j'en profitai, je puis dire, en sûreté de conscience. Mais cette seconde fois fut aussi la dernière, car Mlle Lambercier, s'étant sans doute aperçue à quelque signe que ce châtiment n'allait pas à son but, déclara qu'elle y renonçait et qu'il la fatiguait trop. Nous avions jusque-là couché dans sa chambre, et même en hiver quelquefois dans son lit. Deux jours après on nous fit coucher dans une autre chambre, j'eus désormais l'honneur d'être traité par elle en grand garçon." Jésus pornstarLe divin est partout, en chacun de nous, il peut surgir derrière chaque image aussi blasphématoire soit-elle comme, par exemple, au milieu d'un assemblage de photos pornographiques. Une fort belle mosaïque de Jésus devant laquelle se recuellir les soirs de doute.Merci à Dixiworld (on retrouve sur son site l'original)
![]() Visite de l'expo l'Enfer (reportage vidéo)On vous a parlé de l'expo l'Enfer Eros au secret qui a lieu actuellement à la Bibliothèque nationale de France. Rien ne vaut un bon reportage vidéo, pour se faire une idée (en anglais) :
Attention à ne pas vous mordre (les doigts dans) la queue : La BNF bat des records d'affluence avec cette expo interdite aux moins de 16 ans et et il est recommandé de réserver, ou d'aller la visiter en semaine. Via L'Enfer de la BNF : le dossier FluPosté par Mon Missionnaire le 17.12.07 à 13:05 | tags : enfer, évènement, interview, livre érotique, paris sexy
On vous en avait parlé, mais on ne pouvait pas passer à côté ainsi sans rien faire. Fluctuat consacre donc un dossier à la sulfureuse exposition qui se tient actuellement à la Bibliothèque François Mitterrand, "L'enfer : Eros au secret". Au cas où vous ne le saviez pas, l'Enfer, c'est la partie réservée d'une bibliothèque aux livres interdits. Erotiques, grivois, libertins, carrément pornographiques, voire politiques, cette section attire autant qu'elle suscite de mystères. Longtemps cachée, elle est désormais ouverte au public le temps de quelques mois, avant de redevenir secrète. Profitez-en, donc, pour aller à la BNF. Et si vous ne pouvez pas ? Eh bien, vous pouvez toujours vous satisfaire de notre dossier. Une critique de l'exposition, c'est déjà pas mal. Mais en plus, on vous propose une sélection de 10 textes infernaux, revus et corrigés par Anne Archet. Et quand l'amatrice de livres anciens se prête au jeu de l'interview, elle nous parle de la place de la femme dans l'Enfer. En ajoutant le détail qui tue : le Vatican aurait lui-même sa propre collection d'ouvrages érotiques. A quand l'exposition ? Sur Fluctuat : - La critique de l'exposition "L'Enfer" - Sélection de dix textes infernaux - Entretien avec Anne Archet Sur SLG : le meilleur de la littérature érotique L'Enfer de la BibliothèquePosté par Mon Missionnaire le 04.12.07 à 12:32 | tags : enfer, évènement, livre érotique, paris sexy
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Extrait du petit coup de pub qu'ils doivent faire à chaque journaliste qui leur posent des questions. La BNF organise une exposition sur ses archives les plus brûlantes. Quand l'institution révèle au public comment elle prend soin de ces divins et diaboliques auteurs. Réunissant également quelques archives qui les concernent : photos, images, dessins et même estampes japonaises. Allez-y pour moi, je suis actuellement un petit peu trop loin pour m'y rendre. Exposition "L'Enfer de la bibliothèque, Eros au secret", du 4 décembre 2007 au 2 mars 2008, Grande galerie de la BNF François Mitterrand. Sur SLG : Toutes les archives des auteurs érotiques dévorées par la délicieuse Anne Archet. Effeuillage : la puissance d'exister La relation sexuelle ne vise pas à produire des effets dans un futur plus ou moins proche mais à jouir pleinement du pur présent, à vivre l'instant magnifié, à l'épuiser ici et maintenant dans sa quintessence.Pas besoin de charger la relation sexuelle d'une gravité et d'un sérieux a priori inexistants. Entre l'innocence bestiale, l'inconséquence d'une banalisation de l'échange de chair et la transformation de l'acte sexuel en opération imbibée de moraline, il existe une place pour une nouvelle intersubjectivité légère, douce et tendre. Michel Onfray, La Puissance d'Exister, Grasset. Une véritable chienne![]() Révélation ! Hannibal Lecter est une femme, et plutôt bien foutue en plus. Si vous aimez les lectures érotiques, je vous recommande cette petite nouvelle poétique. On y parle de petite fille et de chien, c'est donc à réserver à un public TRES averti (et non, ça ne propose pas une vision positive de la pédophilie). Effeuillage : la Muse de Mauvaise Réputation Comme beaucoup de jeunes garçons qui ont fait de la danse, j'y suis arrivé en suivant une fille, ma soeur, et j'y suis resté à cause d'autres filles, celles qui suivaient les cours. On ne dit jamais assez la force d'attirance que peut représenter, un peu avant le début de la puberté, la plastiques des impétrantes ballerines plus mûres au même âge que leurs petits camrades de vestiaires. Il y a l'odeur forte de la transpiration qui colle les tissus aux formes, les positions de travail qui, en tout autre contexte, relèveraient simplement de la pornographie. (A-t-on idée du spectacle offert à celui suivant immédiatement une jeune fille fermement campée sur le bout d'un pied, qui lève l'autre droit vers le ciel et qui se penche à l'extrême tout en gardant l'équilibre ?) Sans parler de cette promiscuité prometteuse qui, même en l'absence de vestiaires communs, ne manque pas de favoriser les rencontres plus ou moins fortuites avec ce que cachent les filles sous leur jupe. (...) Cette proximité unique des sexes débouche sur une proximité étonnante avec le sexe. La Muse de Mauvaise Réputation, danse et érotisme Philippe Verrièle, L'attrape-corps, La Musardine Effeuillage : Appeler une chatte... "Les organes féminins sont jalonnés de noms masculins. Les conduits reliant chacun des deux ovaires à l'utérus se sont appelés jusqu'en 1997 les trompes de Fallope, chirurgien italien du XVIe siècle - avant de devenir les trompes utérines. Les petits sacs sités dans les ovaires et dans lesquels, de la puberté à la ménopause, mûrit chaque mois un ovule, sont les follicules de De Graaf, médecin hollandais du XVIIe siècle. Les glandes qui sécrètent de liquide humidifiant la vulve et l'entrée du vagin portent le nom de Bartholin, anatomiste danois du XVIIe siècle. En outre, au XXe siècle, une zone de plaisir située dans le vagin a reçu l'appellation de point G, initiale du médecin allemand Ernst Gräfenberg.Imaginez l'équivalent chez l'homme : les corps caverneux d'Emilienne Dupont, ou le canal de Catherine de Chaumont, c'est-à-dire des noms féminins attachés à des organes masculins ! On comprend que des femmes puissent se sentir dépossédées, quand elles apprennent qu'elles sont habitées, marquées au plus intime d'elles-mêmes, par l'ordre et le savoir masculins." Florence Montreynaud, Appeler une chatte - mots et plaisirs du sexe,
chez Calmann-Lévy Je vous recommande ce bouquin, qui est une vraie mine d'or pour comprendre de quoi on parle dès qu'ils 'agit de bites, de chattes et de couilles - bref, de l'origine du monde. Henri Miller AwardPosté par Mademoiselle le 17.07.06 à 09:57 | tags : 9h57, enfer, lesbien, livre érotique, playstation
Les Henry Miller Award ont commencé et récompensent les meilleures scènes de sexe de la littérature anglaise. Soyez gentil, c’est moi qui est traduit l’extrait alors c’est peut-être beaucoup mieux en anglais...
“J’ai envie de toi.”Personne ne m’avais jamais dit ça. J’ignorais qu’on pouvait ressentir ce type d’émotions pour moi. Donc je lui ai dit que j’avais envie d’elle aussi, et je me souviens seulement de nos langues entremêlées et de mes mains, sur son dos, descendants vers ses deux monts Everest. Je touchais ses seins doucement au début, et Crystal émit un petit gémissement qui sonnait comme le paradis pour moi. Je l’embrassai plus ardemment alors et je commençai à pincer ses tétons en faisant de petits cercles comme Scott faisait avec “ses femmes”. Elle gémit encore, et là, enleva son t-shirt et me mit la tête entre les plus beaux seins que j’avais pu voir. Avec mon nez pressé contre sa poitrine et ma bouche ne pouvant respirer que de la peau, je commençai à suffoquer. Finalement, j’ai dû la repousser violemment pour respirer. Surfing Armageddon de George Tabb Vous pouvez même voter ! Effeuillage : le journal d'Elsa LinuxRien à voir avec l'informatique, bande de geeks !
Qu'est-ce que je fais là, moi, avec ce directeur de création déclinant dont les testicules ballottent comme des oranges dans leur filet ? Sacha me tuerait, si elle savait : "On n'aliène pas son cul comme ça, ma cocotte !"
Mais il faut être juste, ce vieux salaud est bien membré. Il est de bon ton, entre filles, de mettre toutes les queues dans le même sac, mais un baril de lessive ou un pot de Nescafé, avec "10% EN PLUS", on ne crache pas dessus. Le journal d'Elsa Linux, la Musardine Lis moi une histoire !![]() Brian & Catherine OliverSmith viennent de sortir leur ligne de sons érotiques. L’idée leur est venue alors qu’ils étaient dans leur lit conjugal : Catherine lisait une histoire cochonne à son mari, mais ce dernier a été tellement excité qu’elle a dû arrêter la lecture pour mettre la main à la pâte. Le principe est de laisser tourner le cd tout en gardant mains et bouche libres ! Le disque est divisé en quatre parties : Sucré, Épicé, Fessé et Penthouse. Chaque cd offre huit histoires, généralement avec des femmes comme protagonistes. Cet automne, cinq nouveaux albums sont prévus. Vous pouvez écouter Blind Date gratuitement sur leur site. Et si ça vous plaît, acheter les disques ! Louis Calaferte (L’été c’est l’enfer 30/30)Louis Calaferte, La mécanique des femmes, Paris : Gallimard, 1992.
La mécanique des femmes occupe dans l’œuvre de Calaferte une place aussi forte que Septentrion qui a fait sa « Parfois, dans la rue, ou ailleurs, j’ai envie de m’effondrer en larmes tant le regard des yeux sur moi me blesse. Il y a de la haine de la part des hommes et des femmes et, de la part de certains hommes, le désir de m’avilir par leur sexe. » Cette exploration intime est rendue dans un style vif, concis, voire elliptique, ce qui dénude ce constat émotif de tout l’enrobage sentimental et les fioritures fictionnelles qu’on retrouve généralement dans ce genre d’exercice. Car l’auteur explore ici un rapport particulier à l’écriture ; chaque mot est pesé et travaillé dans une langue à la vivacité tranchante comme un scalpel. A la fois acide, poétique et mystique, sa force multiple et complexe ne peut que passionner ou déranger : « Regard trouble d'innocence. – Depuis hier, J'ai une nouvelle bite. » Mais j’y pense... Calaferte aurait été un merveilleux blogueur ! Les textes de La mécanique des femmes ont toutes les qualités qu’on recherche dans l’écriture en ligne : ils sont courts, précis, évocateurs et puissants. Une quarantaine de mots lui suffisent pour planter le décor, camper les personnages et donner le ton : « Le corps ouvert dans l’abandon, une noyade.
– Baise-moi ! Baise-moi ! Mon mari est un raté ! Rire fou. – C’est comme si tu le baisais, ce con ! Les bras durs autour des reins, liens de fer.
– Fous-moi, pine-moi, que ça le démolisse, ce minable ! » Ou encore : « – L’hiver, c’est la mort.
Ses yeux noirs assoupis. Elle serre son corps entre ses bras. – Je ne veux pas voir le monde. Je veux des chambres closes, chaudes. Figée.
– Fais-moi l’amour, que je ressuscite. » Quel dommage que la mort de Calaferte, en 1994, nous ait privé de www.louis-calaferte.net : il aurait régné sans partage sur la blogosphère... ! Georges Bataille (L’été c’est l’enfer 29/30)
Georges Bataille, Histoire de l’œil. Paris : Jean-Jacques Pauvert, 1967 (1928) L’Occident est malade.
Alors que la vie devrait être une aventure risquée face à la mort, l’occidental, terrorisé face à la violence, n’aspire qu’à la protection, à la sécurité. Alors que la sexualité devrait être vécue comme le lieu Voilà l’essence du message de l’Histoire de l’œil de Georges Bataille. Toute l’histoire se joue entre quatre termes : le lait, l’urine, les œufs et les yeux, dont les relations sont jouées par trois personnages : le narrateur, l’innocente Marcelle et la perverse Simone. L’écriture coule comme le lait et le foutre, qui ne sont qu’un seul et même liquide, comme la pisse de Simone et de Marcelle quand elles jouissent ; les yeux sont bien plus l’organe du plaisir que le sexe, car ils voient cette coulée ; le sexe se fait jouir avec des œufs qu’on crève, qu’on lape ; les yeux sont analogues phonétiquement et morphologiquement aux oeufs, mais aussi par leur ressemblance aux testicules, comme les protagonistes du roman l’expérimentent en Espagne, après avoir tué puis éborgné un prêtre : « À la fin, Simone me quitta, prit l’œil des mains de Sir Edmond et l’introduisit dans sa chair. Elle m’attira à ce moment, embrasse l’intérieur de ma bouche avec tant de feu que l’orgasme me vint : je crachai mon foutre dans sa fourrure. Me levant, j’écartai les cuisses de Simone : elle gisait étendue sur le côté ; je me trouvai alors en face de ce que – j’imagine – j’attendais depuis toujours – comme une guillotine attend la tête à trancher. Mes yeux, me semblait-il, étaient érectiles à force d’horreur ; je vis, dans la vulve velue de Simone, l’œil bleu pâle de Marcelle me regarder en pleurant des larmes d’urine. Des traînées de foutre dans le poil fumant achevaient de donner à cette vision un caractère de tristesse douloureuse. Je maintenais les cuisses de Simone ouvertes : l’urine brûlante ruisselait sous l’œil sur la cuisse la plus basse… » D’une obscénité paroxysmique, d’un sacrilège consommé, l’Histoire de l’œil est une lecture qui ne peut laisser indemne. À manipuler à vos risques et périls... Chaleur sur les livresNous, on a Anne Archet et la série l'Eté c'est l'Enfer (plus que deux épisodes... mais pourquoi ça va si vite ?). A la Musardine, ils ont la fête de l'été et c'est après-demain. Le programme :
- Rencontre-signature avec Philippe Verrièle autour des son ouvrage : La Muse de mauvaise réputation.Démonstration de danse contemporaine - Lectures d'extraits du dernier opus d' Elsa Linux : Elsa Linux à Saint-Tropez.Fous-rires garantis ! - Rencontre-signature avec Dominique Saint-Lambert et Velvet pour la parution de leur livre : Osez... les nouveaux jeux érotiques.Se munir d'un crayon et d'une gomme ! - Et enfin notre musicien favori Etienne Liebig nous mettra en musique quelques-unes des : Chansons Paillardes.Etienne Liebig est notamment l'auteur de Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle, mais aussi saxophoniste, accordéoniste, guitariste... Tout ça se passe chez la Musardine, jeudi 29, à partir de 18h, et il y a des chances qu'on y soit ! C'est au 122 rue du Chemin Vert dans le 11e, métro Père-Lachaise. Alfred de Musset (L’été c’est l’enfer 28/30)Alfred de Musset, Gamiani ou Deux nuits d’excès, 1833.
Je pouvais difficilement terminer cette série sans vous parler de Gamiani. Le romantisme a produit beaucoup de mièvreries sentimentales et peu d’ouvrages érotiques ; il faut dire que le puritanisme et la censure de la Restauration ne favorisait guère les épanchements libertins. Cela n’a toutefois pas empêché Gamiani ou deux nuits d'excès, de devenir l’ouvrage licencieux le plus lu et le plus souvent réimprimé de tout de xixe siècle. Louis Perceau, en 1930, en recensait déjà une quarantaine d’éditions, sans compter les traductions. Longtemps remise en cause, l’attribution de ce bouquin à Alfred de Musset ne fait aujourd’hui plus de doute. L’anecdote raconte qu’en 1833, alors qu’il écrivait Les Caprices de Marianne, Musset aurait fait la gageure de produire en trois jours un ouvrage pornographique à l’excès sans jamais faire usage du moindre mot grossier. La vie de débauches et l’esprit aristocratique de l’auteur, son aventure avec George Sand, ainsi que des événements contemporains comme la mort dramatique de la Malibran, la célébrissime cantatrice, ont certainement inspiré l'histoire obscène et mortifère de la comtesse Gamiani et des jeunes Fanny et Alcide. La première des deux nuits d’excès est celle où Gamiani initie la jeune Fanny au s aphisme. Alcide, le narrateur, d’abord caché pour percer le secret de Gamiani, finit par se jeter dans la mêlée. Leur nuit de débauche est entrecoupée des aveux biographiques des trois personnages, qui permettent aux corps de se reposer, mais en même temps reconstituent, par les descriptions exaltées des expériences fondatrices, les forces pour une nouvelle série d’assauts. Gamiani reste alors la maîtresse du jeu, la plus perverse, la seule que le désir ravage, rend littéralement folle, et que ne peuvent satisfaire que les plus terribles excès, dont la flagellation et la zoophilie : « Oui, ma chère, un âne. Nous en avions deux bien dressés, bien dociles. Nous ne voulions le céder en rien aux dames romaines qui s'en servaient dans leurs saturnales. La première fois que je fus mise à l'épreuve, j'étais dans le délire du vin, Je me précipitai violemment sur la sellette, défiant toutes les nonnes. L'âne fut à l'instant dressé devant moi, à l'aide d'une courroie. Son braquemard terrible, échauffé par les mains des sœurs, battait lourdement sur mon flanc. Je le pris à deux mains, je le plaçais à l'orifice, et, après un chatouillement de quelques secondes, je cherchai à l'introduire. Mes mouvements aidant, ainsi que mes doigts et une pommade dilatante, je fus bientôt maîtresse de cinq pouces au moins. Je voulus pousser encore, mais je manquai de force, je retombai. Il me semblait que ma peau se déchirait, que j'étais fendue, écartelée ! C'était une douleur sourde, étouffante, à laquelle se mêlait pourtant une irritation chaleureuse, titillante et sensuelle. La bête, remuant toujours, produisait un frottement si vigoureux, que toute ma charpente vertébrale était ébranlée. Mes canaux spermatiques s'ouvrirent et débordèrent. Ma cyprine brûlante tressaillit un instant dans mes reins. Oh ! quelle jouissance ! Je la sentais courir en jets de flammes et tomber goutte à goutte au fond de ma matrice. Tout en moi ruisselait d'amour. Je poussai un long cri d'énervement et je fus soulagée... » Au cours de la seconde nuit, quelque temps plus tard, Alcide, toujours dans la position du voyeur impuissant – que cette fois-ci il ne quittera pas – assiste aux ébats enragés des deux femmes. Il écoute aussi la suite du récit de Gamiani, qui plonge encore plus loin dans la débauche et la damnation, et assiste impuissant à l’empoisonnement de Fanny par Gamiani, elle-même plongée à l’agonie. C’est le point culminant du récit où se mêlent la petite mort et la mort tout court : « J'ai connu tous les excès des sens, comprends donc, fou ! Il me restait à savoir si, dans la torture du poison, si, dans l'agonie d'une femme mêlée à ma propre agonie, il y avait une sensualité possible. Elle est atroce ! Entends-tu ? Je meurs dans la rage du plaisir, dans la rage de la douleur ; je n'en puis plus... » Voilà qui donne un tout autre visage au romantisme ! Hugues Rebell (L'été c'est l'enfer 27/30)Hugues Rebell (Georges Grassal), Les nuits chaudes du Cap français ou le journal d’une femme créole. Paris: Fequet et Baudier, 1936 (1902) Cette évocation sulfureuse des dernières années de la colonisation française à Saint-Domingue est fort probablement la seule œuvre d’Hugues Rebell à ne pas avoir sombré dans l’oubli. Épicurien raffiné, homme de lettres à l’érudition peu conventionnelle et collectionneur invétéré de livres précieux, d’œuvres d’art et de conquêtes féminines, Rebell se retrouve plongé vers la fin de sa vie dans une situation financière catastrophique qui le pousse à écrire une série de romans dont Les nuits chaudes du Cap français, sa dernière œuvre, constitue l’apothéose. Le cœur de l’ouvrage prend la forme d’un journal intime d’une femme de l’élite coloniale de Saint-Domingue, la veuve « Elle étendit mes jambes, que je lui abandonnai, et son bouquet de plumes courut par tout mon corps, me causant une impression de fraîcheur voluptueuse. Elle connaît bien les faiblesses de ma chair et s'égaie à les flatter. Malgré moi, j'approchais mes seins aux caresses des plumes ou je dénudais mon ventre ou bien encore, retournée, le visage couvert de ma chevelure dénouée, honteuse à peine, je lui offrais tous les secrets de mon corps ; et, sans fin, les ailes duveteuses, d'une touche lente effleuraient ma peau ou l'irritaient d'un coup brusque, pour la calmer presque aussitôt d'un baiser lascif et attardé au creux, aux retraits frémissants de mon être. Elle choisissait comme à dessein les replis minces qui ne défendent point contre le plaisir, les caches sombres et impures dont l'unique protection est le mystère. Elle y égarait ses plumes, elle y glissait les doigts et, tombant à genoux, comme ivre, elle posait là tout à coup un baiser ardent qui répandait une glace dans mon sang enflammé, puis me soulevait et m'anéantissait de jouissance. Alors, les yeux sans lumière; brisée, prête désormais pour la douce mort du sommeil, je tendais désespérément les bras vers elle, afin de demander une grâce que je n'osais implorer de mes paroles. Mais, insensible ou impitoyable, elle éclatait de rire et continuait ses féroces dévotions. » Toujours est-il que la fille de la victime, Antoinette Lafon, a été recueillie par Rose qui tente, en mère adoptive indigne, de la séduire et l’initier au lesbianisme. Même si Antoinette se laisse caresser docilement par sa belle-mère et son esclave, elle finit plutôt par séduire Dubouquens, un riche négociant français, qui non seulement la dépucelle mais échafaude le projet de la marier et de fuir Saint-Domingue. Mais c’est ne pas compter avec Zinga qui assassine Antoinette, séduit à son tour Dubouquens et gagne Bordeaux avec lui. La fresque de Rebell montre une élite coloniale en pleine déliquescence morale, exclusivement préoccupée à satisfaire ses plaisirs. Parentés suspectes, inceste, sodomie, sorcellerie, flagellation, moines forniquant avec des esclaves : l’indignité des notables blancs est complète, faisant de ce tourbillon d’érotisme tropical un vortex vers l’enfer. En somme : un livre idéal pour la canicule... ! Giorgio Baffo (L’été c’est l’enfer 26/30)Giorgio Baffo, Poésies complètes, Traduites du dialecte Vénitien par Alcide Bonneau. Paris, Isidore Liseux, 1884. Vous n’avez probablement jamais entendu parler de Giorgio Baffo. Pourtant, vous devriez. Apollinaire l’appelait le « fameux vérolé » et le regardait « comme le plus grand p Ma théorie à ce sujet est fort simple : c’est que son œuvre toute entière est logée à l’enseigne du con, ce qui, vous l’avouerez, n’aide pas forger une réputation littéraire sérieuse. Baffo a écrit près de huit cent sonnets et il est difficile d’en trouver un où le mot « mona » (moniche) ou un synonyme ne revienne pas plusieurs fois. Et il est tout aussi rare que « cazzo » (bite) ne se retrouve pas à côté de la « mona » et que le foutre ne se répande pas avant le dernier vers. N’importe qui peut écrire un hymne au sexe féminin, et dieu sait s’il m’est moi-même arrivé de chanter les délices de l’abricot fendu. Mais le faire des centaines de fois, sans tomber dans la monotonie soporifique ? Cela tient véritablement du miracle et donne une mesure du génie de l’auteur. Je vous en offre un, histoire de vous mettre l’eau à la bouche : «Dialogue entre deux fillettes - Viens ça, Tonina, écoute un mot... Eh ! je n’en puis. - Ecoute, ma chère, Ca me cuit, que je n'en puis plus ; Lorsque je me branle, mon cœur se console. - Chère, puisque tu ne veux pas autre chose, moi aussi, Ca me picote sans cesse et ça se mouille, Mais j'ai bien soin de me branler chaque jour, Et spécialement quand je suis seule. - Ah ! que sens-je ? Je ne puis plus durer ! Va-t'en au diable ! Quelle folle tu es ! Mets-moi ton doigt dans le con, je veux jouir. - Ecoute, Anzoletta ; bien plutôt sur ma foi, Faisons-nous enfiler un peu par quelqu'un : L'avoir intact ou fracassé, c'est la même chose. » Les sonnets de Baffo ne circulèrent pratiquement que sous forme manuscrite ou orale, l'auteur s'étant toujours refuser de les donner à imprimer. Ce n’est qu’en 1771, soit trois ans après sa mort qu’un premier recueil fut publié par Lord Pembroke, un de ses grands admirateurs. Pourtant, Baffo fut une célébrité en son temps ; ses poésies manuscrites couraient la ville et étaient récitées par les jeunes gens de bonne société. Il mérite encore aujourd’hui d'être connu et apprécié, car c'est un poète dans la pleine acceptation du terme. Un poète obscène, doit, mais comme l’a écrit (encore) Apollinaire « dont l'obscénité est pleine de noblesse ». L’édition Liseux des Oeuvres érotiques de Baffo a été rééditée en deux tomes par La Musardine en 2003. Un achat incontournable pour l’été ! Raymond Queneau (L’été c’est l’enfer 25/30)Raymond Queneau, Les Oeuvres complètes de Sally Mara (contient On est toujours trop bon avec les femmes, le Journal intime de Sally Mara et Sally plus intime), Paris : Gallimard, 1962
« Ce n’est pas parce que le nom d’un auteur soi-disant réel figure sur la couverture d’un livre pour qu’il soit le véritable auteur des œuvres parues précédemment sous le nom d’un auteur prétendu imaginaire. » Comment pourrais-je ne pas adhérer à cette phrase de la préface des Œuvres complètes de Sally Mara, étant moi-même un auteur prétendu imaginaire ! Je devrais contacter cette chère Sally et fonder un syndicat... La première partie du livre est constituée du Journal de Sally Mara, une jeune Dublinoise de d La deuxième partie du livre, On est toujours trop bon avec les femmes, évoque sur le mode burlesque l’insurrection irlandaise de Pâques 1916. Sept révolutionnaires prennent d’assaut un bureau de poste, le vident de ses occupants et s’y retranchent dans le but avoué de mourir en héros. Or, une jeune anglaise royaliste nommée Gertie Girdle se trouvait au lavatories pendant l’attaque et ne veut plus en sortir. Pendant son interrogatoire, le chef des républicains déclare que le roi d’Angleterre est un con. « Mais, s’écrie Gertie boulversée, si le roi d’Angleterre tait un con, tout serait permis ! »... proposition qu’elle met évidemment en pratique, s’accouplant sauvagement avec tous les insurgés sauf un, qui est amoureux d’elle. Avant qu’elle ne soit délivrée par les soldats britanniques menés par son propre fiancé, le commodore Carthwright, la pauvre Gertie a le temps de subir tous les affronts, de toutes les manières communément admises. Le récit, tout en allusions, pourrait presque être lu par une écolière innocente sans qu’elle ne comprenne le déchaînement sexuel de cette vierge perverse parmi les révolutionnaires qui la séquestrent tant il est exprimé par d’habiles périphrases... et d’allusions subtiles à Joyce ! Parodique, loufoque, gaillard, désinvolte, cynique, polisson, Raymond Queneau en met plein la vue, en sachant être grossier sans jamais n’être vulgaire. Deux oeuvres faites de calembours et de pirouettes dans lesquelles la fantaisie règne sans partage, à déguster avec un ouisqui sans glace, évidemment. Effeuillage : Tu es une bête, Viscovitz ! C'est en écrivant la news sur l'orchidée autosexuelle (juste en-dessous) que je me suis rappelé cet excellent texte : "Tu es une bête, Viscovitz", d'Alessandro Boffa, dispo au Serpent à Plumes. C'est un recueil de nouvelles dont le héros, Viscovitz, s'incarne chaque fois dans un animal différent qui cherche à se reproduire.Voici donc Viscovitz escargot : Le sexe ? J'ignorais même que j'en avais un, alors quand j'appris que j'en avais deux... - Nous autres escargots, Visko, nous sommes des hermaphrodites insuffisants... - Beurk ! hurlais-je. Notre famille aussi ? Et Viskovitz éponge : Le drame d'être un végétal, c'était l'impossibilité de se suicider. L'avantage d'être une éponge, c'est la possibilité de boire un coup pour oublier. C'est drôle comme ça tout le temps et ça se lit super facilement. Un seul regret : que son auteur, un biologiste, n'ait pas encore sorti la suite ! Mouhammad al-Nafzâwî (L’été c’est l’enfer 24/30)
En ces temps où l’islamisme radical occupe toutes les tribunes, où de très doctes professeurs de la célèbre université sunnite d'Al-Azhar sont même allés jusqu'à décréter dans une fatwa qu’être « tout nu pendant l'acte sexuel invalide le mariage », il est plus que réjouissant de découvrir en l’Islam une voie où la copulation, qu’elle mène ou non à la procréation, est licite et même encensée !
John Cleland (L’été c’est l’enfer, 23/30)John Cleland, Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisirs. Avec une introduction et un essai bibliographique par Guillaume Apollinaire. Paris : Bibliothèque des Curieux, 1914 (1749) Fanny Hill est sans doute le roman érotique anglais le plus célèbre. En 1749, John Cleland, fils d’un colonel écossais, est emprisonné pour dettes ; c’est donc en prison qu’il écrivit les Memoirs of a Women of Pleasure, que les francophones connaissent sous le titre de Mémoires de Fanny Hill. Cleland vendit le manuscrit au libraire Ralph Griffith pour vingt guinées, ce qui lui permit de sortir de prison. L’éditeur quant à lui retira plus de dix mille livres sterling de la vente de l’ouvrage, prouvant qu’il n’y a pas de dieu pour les écrivains... ! En France, Fanny Hill est d’abord publié en 1751 dans une « version quintessenciée » par Le livre prend la forme de deux longues lettres où ladite Fanny Hill raconte ses souvenirs de jeunesse. Née dans un village près de Liverpool, orpheline à quinze ans, elle se rend à Londres où elle échoue chez Mrs. Brown, une tenancière de bordel. Phoebé, la sous-maîtresse, se voit confier la mission d’éveiller les sens de Fanny. Elle forme la jeune ingénue avec tant de compétence que Fanny Hill ne tarde pas à satisfaire les clients les plus difficiles de la maison, dont le jeune Charles dont elle tombe amoureuse et qui lui fait découvrir toute une gamme de plaisirs voluptueux. Fanny Hill passe ensuite au service de Mrs. Cole, qui se spécialise dans l’organisation d’orgies. Elle participe joyeusement à plusieurs de ces parties fines en compagnie de la clientèle et des pensionnaires Emily et Harriet, jusqu’à ce qu’elle ait amassé assez d’argent de ses activités vénales pour s’acheter une maison à Marylebone où elle retrouve Charles, qui l’épouse. Fanny conclut sa dernière lettre en se disant que décidément, rien ne vaut les délices de l’amour conjugal.
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