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BEST OF. Le meilleur de la littérature érotique.
Les meilleurs pages de la littérature érotique ou pornographique. Place à l’imagination et surtout, avant de descendre avec nous, prenez de quoi vous rafraîchir ! Quand l’écrit part en Enfer, ça peut brûler les yeux. Voir aussi les collections curiosa et livre. Visite de l'expo l'Enfer (reportage vidéo)On vous a parlé de l'expo l'Enfer Eros au secret qui a lieu actuellement à la Bibliothèque nationale de France. Rien ne vaut un bon reportage vidéo, pour se faire une idée (en anglais) :
Attention à ne pas vous mordre (les doigts dans) la queue : La BNF bat des records d'affluence avec cette expo interdite aux moins de 16 ans et et il est recommandé de réserver, ou d'aller la visiter en semaine. Via L'Enfer de la BNF : le dossier FluPosté par Mon Missionnaire le 17.12.07 à 13:05 | tags : paris sexy, évènement, livre érotique, enfer, interview
On vous en avait parlé, mais on ne pouvait pas passer à côté ainsi sans rien faire. Fluctuat consacre donc un dossier à la sulfureuse exposition qui se tient actuellement à la Bibliothèque François Mitterrand, "L'enfer : Eros au secret". Au cas où vous ne le saviez pas, l'Enfer, c'est la partie réservée d'une bibliothèque aux livres interdits. Erotiques, grivois, libertins, carrément pornographiques, voire politiques, cette section attire autant qu'elle suscite de mystères. Longtemps cachée, elle est désormais ouverte au public le temps de quelques mois, avant de redevenir secrète. Profitez-en, donc, pour aller à la BNF. Et si vous ne pouvez pas ? Eh bien, vous pouvez toujours vous satisfaire de notre dossier. Une critique de l'exposition, c'est déjà pas mal. Mais en plus, on vous propose une sélection de 10 textes infernaux, revus et corrigés par Anne Archet. Et quand l'amatrice de livres anciens se prête au jeu de l'interview, elle nous parle de la place de la femme dans l'Enfer. En ajoutant le détail qui tue : le Vatican aurait lui-même sa propre collection d'ouvrages érotiques. A quand l'exposition ? Sur Fluctuat : - La critique de l'exposition "L'Enfer" - Sélection de dix textes infernaux - Entretien avec Anne Archet Sur SLG : le meilleur de la littérature érotique L'Enfer de la BibliothèquePosté par Mon Missionnaire le 04.12.07 à 12:32 | tags : paris sexy, évènement, livre érotique, enfer
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Extrait du petit coup de pub qu'ils doivent faire à chaque journaliste qui leur posent des questions. La BNF organise une exposition sur ses archives les plus brûlantes. Quand l'institution révèle au public comment elle prend soin de ces divins et diaboliques auteurs. Réunissant également quelques archives qui les concernent : photos, images, dessins et même estampes japonaises. Allez-y pour moi, je suis actuellement un petit peu trop loin pour m'y rendre. Exposition "L'Enfer de la bibliothèque, Eros au secret", du 4 décembre 2007 au 2 mars 2008, Grande galerie de la BNF François Mitterrand. Sur SLG : Toutes les archives des auteurs érotiques dévorées par la délicieuse Anne Archet. Effeuillage : la puissance d'exister La relation sexuelle ne vise pas à produire des effets dans un futur plus ou moins proche mais à jouir pleinement du pur présent, à vivre l'instant magnifié, à l'épuiser ici et maintenant dans sa quintessence.Pas besoin de charger la relation sexuelle d'une gravité et d'un sérieux a priori inexistants. Entre l'innocence bestiale, l'inconséquence d'une banalisation de l'échange de chair et la transformation de l'acte sexuel en opération imbibée de moraline, il existe une place pour une nouvelle intersubjectivité légère, douce et tendre. Michel Onfray, La Puissance d'Exister, Grasset. Une véritable chienne![]() Révélation ! Hannibal Lecter est une femme, et plutôt bien foutue en plus. Si vous aimez les lectures érotiques, je vous recommande cette petite nouvelle poétique. On y parle de petite fille et de chien, c'est donc à réserver à un public TRES averti (et non, ça ne propose pas une vision positive de la pédophilie). Effeuillage : la Muse de Mauvaise Réputation Comme beaucoup de jeunes garçons qui ont fait de la danse, j'y suis arrivé en suivant une fille, ma soeur, et j'y suis resté à cause d'autres filles, celles qui suivaient les cours. On ne dit jamais assez la force d'attirance que peut représenter, un peu avant le début de la puberté, la plastiques des impétrantes ballerines plus mûres au même âge que leurs petits camrades de vestiaires. Il y a l'odeur forte de la transpiration qui colle les tissus aux formes, les positions de travail qui, en tout autre contexte, relèveraient simplement de la pornographie. (A-t-on idée du spectacle offert à celui suivant immédiatement une jeune fille fermement campée sur le bout d'un pied, qui lève l'autre droit vers le ciel et qui se penche à l'extrême tout en gardant l'équilibre ?) Sans parler de cette promiscuité prometteuse qui, même en l'absence de vestiaires communs, ne manque pas de favoriser les rencontres plus ou moins fortuites avec ce que cachent les filles sous leur jupe. (...) Cette proximité unique des sexes débouche sur une proximité étonnante avec le sexe. La Muse de Mauvaise Réputation, danse et érotisme Philippe Verrièle, L'attrape-corps, La Musardine Effeuillage : Appeler une chatte... "Les organes féminins sont jalonnés de noms masculins. Les conduits reliant chacun des deux ovaires à l'utérus se sont appelés jusqu'en 1997 les trompes de Fallope, chirurgien italien du XVIe siècle - avant de devenir les trompes utérines. Les petits sacs sités dans les ovaires et dans lesquels, de la puberté à la ménopause, mûrit chaque mois un ovule, sont les follicules de De Graaf, médecin hollandais du XVIIe siècle. Les glandes qui sécrètent de liquide humidifiant la vulve et l'entrée du vagin portent le nom de Bartholin, anatomiste danois du XVIIe siècle. En outre, au XXe siècle, une zone de plaisir située dans le vagin a reçu l'appellation de point G, initiale du médecin allemand Ernst Gräfenberg.Imaginez l'équivalent chez l'homme : les corps caverneux d'Emilienne Dupont, ou le canal de Catherine de Chaumont, c'est-à-dire des noms féminins attachés à des organes masculins ! On comprend que des femmes puissent se sentir dépossédées, quand elles apprennent qu'elles sont habitées, marquées au plus intime d'elles-mêmes, par l'ordre et le savoir masculins." Florence Montreynaud, Appeler une chatte - mots et plaisirs du sexe,
chez Calmann-Lévy Je vous recommande ce bouquin, qui est une vraie mine d'or pour comprendre de quoi on parle dès qu'ils 'agit de bites, de chattes et de couilles - bref, de l'origine du monde. Henri Miller AwardPosté par Mademoiselle le 17.07.06 à 09:57 | tags : playstation, enfer, lesbien, 9h57, livre érotique
Les Henry Miller Award ont commencé et récompensent les meilleures scènes de sexe de la littérature anglaise. Soyez gentil, c’est moi qui est traduit l’extrait alors c’est peut-être beaucoup mieux en anglais...
“J’ai envie de toi.”Personne ne m’avais jamais dit ça. J’ignorais qu’on pouvait ressentir ce type d’émotions pour moi. Donc je lui ai dit que j’avais envie d’elle aussi, et je me souviens seulement de nos langues entremêlées et de mes mains, sur son dos, descendants vers ses deux monts Everest. Je touchais ses seins doucement au début, et Crystal émit un petit gémissement qui sonnait comme le paradis pour moi. Je l’embrassai plus ardemment alors et je commençai à pincer ses tétons en faisant de petits cercles comme Scott faisait avec “ses femmes”. Elle gémit encore, et là, enleva son t-shirt et me mit la tête entre les plus beaux seins que j’avais pu voir. Avec mon nez pressé contre sa poitrine et ma bouche ne pouvant respirer que de la peau, je commençai à suffoquer. Finalement, j’ai dû la repousser violemment pour respirer. Surfing Armageddon de George Tabb Vous pouvez même voter ! Effeuillage : le journal d'Elsa LinuxRien à voir avec l'informatique, bande de geeks !
Qu'est-ce que je fais là, moi, avec ce directeur de création déclinant dont les testicules ballottent comme des oranges dans leur filet ? Sacha me tuerait, si elle savait : "On n'aliène pas son cul comme ça, ma cocotte !"
Mais il faut être juste, ce vieux salaud est bien membré. Il est de bon ton, entre filles, de mettre toutes les queues dans le même sac, mais un baril de lessive ou un pot de Nescafé, avec "10% EN PLUS", on ne crache pas dessus. Le journal d'Elsa Linux, la Musardine Lis moi une histoire !![]() Brian & Catherine OliverSmith viennent de sortir leur ligne de sons érotiques. L’idée leur est venue alors qu’ils étaient dans leur lit conjugal : Catherine lisait une histoire cochonne à son mari, mais ce dernier a été tellement excité qu’elle a dû arrêter la lecture pour mettre la main à la pâte. Le principe est de laisser tourner le cd tout en gardant mains et bouche libres ! Le disque est divisé en quatre parties : Sucré, Épicé, Fessé et Penthouse. Chaque cd offre huit histoires, généralement avec des femmes comme protagonistes. Cet automne, cinq nouveaux albums sont prévus. Vous pouvez écouter Blind Date gratuitement sur leur site. Et si ça vous plaît, acheter les disques ! Louis Calaferte (L’été c’est l’enfer 30/30)Louis Calaferte, La mécanique des femmes, Paris : Gallimard, 1992.
La mécanique des femmes occupe dans l’œuvre de Calaferte une place aussi forte que Septentrion qui a fait sa « Parfois, dans la rue, ou ailleurs, j’ai envie de m’effondrer en larmes tant le regard des yeux sur moi me blesse. Il y a de la haine de la part des hommes et des femmes et, de la part de certains hommes, le désir de m’avilir par leur sexe. » Cette exploration intime est rendue dans un style vif, concis, voire elliptique, ce qui dénude ce constat émotif de tout l’enrobage sentimental et les fioritures fictionnelles qu’on retrouve généralement dans ce genre d’exercice. Car l’auteur explore ici un rapport particulier à l’écriture ; chaque mot est pesé et travaillé dans une langue à la vivacité tranchante comme un scalpel. A la fois acide, poétique et mystique, sa force multiple et complexe ne peut que passionner ou déranger : « Regard trouble d'innocence. – Depuis hier, J'ai une nouvelle bite. » Mais j’y pense... Calaferte aurait été un merveilleux blogueur ! Les textes de La mécanique des femmes ont toutes les qualités qu’on recherche dans l’écriture en ligne : ils sont courts, précis, évocateurs et puissants. Une quarantaine de mots lui suffisent pour planter le décor, camper les personnages et donner le ton : « Le corps ouvert dans l’abandon, une noyade.
– Baise-moi ! Baise-moi ! Mon mari est un raté ! Rire fou. – C’est comme si tu le baisais, ce con ! Les bras durs autour des reins, liens de fer.
– Fous-moi, pine-moi, que ça le démolisse, ce minable ! » Ou encore : « – L’hiver, c’est la mort.
Ses yeux noirs assoupis. Elle serre son corps entre ses bras. – Je ne veux pas voir le monde. Je veux des chambres closes, chaudes. Figée.
– Fais-moi l’amour, que je ressuscite. » Quel dommage que la mort de Calaferte, en 1994, nous ait privé de www.louis-calaferte.net : il aurait régné sans partage sur la blogosphère... ! Georges Bataille (L’été c’est l’enfer 29/30)
Georges Bataille, Histoire de l’œil. Paris : Jean-Jacques Pauvert, 1967 (1928) L’Occident est malade.
Alors que la vie devrait être une aventure risquée face à la mort, l’occidental, terrorisé face à la violence, n’aspire qu’à la protection, à la sécurité. Alors que la sexualité devrait être vécue comme le lieu Voilà l’essence du message de l’Histoire de l’œil de Georges Bataille. Toute l’histoire se joue entre quatre termes : le lait, l’urine, les œufs et les yeux, dont les relations sont jouées par trois personnages : le narrateur, l’innocente Marcelle et la perverse Simone. L’écriture coule comme le lait et le foutre, qui ne sont qu’un seul et même liquide, comme la pisse de Simone et de Marcelle quand elles jouissent ; les yeux sont bien plus l’organe du plaisir que le sexe, car ils voient cette coulée ; le sexe se fait jouir avec des œufs qu’on crève, qu’on lape ; les yeux sont analogues phonétiquement et morphologiquement aux oeufs, mais aussi par leur ressemblance aux testicules, comme les protagonistes du roman l’expérimentent en Espagne, après avoir tué puis éborgné un prêtre : « À la fin, Simone me quitta, prit l’œil des mains de Sir Edmond et l’introduisit dans sa chair. Elle m’attira à ce moment, embrasse l’intérieur de ma bouche avec tant de feu que l’orgasme me vint : je crachai mon foutre dans sa fourrure. Me levant, j’écartai les cuisses de Simone : elle gisait étendue sur le côté ; je me trouvai alors en face de ce que – j’imagine – j’attendais depuis toujours – comme une guillotine attend la tête à trancher. Mes yeux, me semblait-il, étaient érectiles à force d’horreur ; je vis, dans la vulve velue de Simone, l’œil bleu pâle de Marcelle me regarder en pleurant des larmes d’urine. Des traînées de foutre dans le poil fumant achevaient de donner à cette vision un caractère de tristesse douloureuse. Je maintenais les cuisses de Simone ouvertes : l’urine brûlante ruisselait sous l’œil sur la cuisse la plus basse… » D’une obscénité paroxysmique, d’un sacrilège consommé, l’Histoire de l’œil est une lecture qui ne peut laisser indemne. À manipuler à vos risques et périls... Chaleur sur les livresNous, on a Anne Archet et la série l'Eté c'est l'Enfer (plus que deux épisodes... mais pourquoi ça va si vite ?). A la Musardine, ils ont la fête de l'été et c'est après-demain. Le programme :
- Rencontre-signature avec Philippe Verrièle autour des son ouvrage : La Muse de mauvaise réputation.Démonstration de danse contemporaine - Lectures d'extraits du dernier opus d' Elsa Linux : Elsa Linux à Saint-Tropez.Fous-rires garantis ! - Rencontre-signature avec Dominique Saint-Lambert et Velvet pour la parution de leur livre : Osez... les nouveaux jeux érotiques.Se munir d'un crayon et d'une gomme ! - Et enfin notre musicien favori Etienne Liebig nous mettra en musique quelques-unes des : Chansons Paillardes.Etienne Liebig est notamment l'auteur de Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle, mais aussi saxophoniste, accordéoniste, guitariste... Tout ça se passe chez la Musardine, jeudi 29, à partir de 18h, et il y a des chances qu'on y soit ! C'est au 122 rue du Chemin Vert dans le 11e, métro Père-Lachaise. Alfred de Musset (L’été c’est l’enfer 28/30)Alfred de Musset, Gamiani ou Deux nuits d’excès, 1833.
Je pouvais difficilement terminer cette série sans vous parler de Gamiani. Le romantisme a produit beaucoup de mièvreries sentimentales et peu d’ouvrages érotiques ; il faut dire que le puritanisme et la censure de la Restauration ne favorisait guère les épanchements libertins. Cela n’a toutefois pas empêché Gamiani ou deux nuits d'excès, de devenir l’ouvrage licencieux le plus lu et le plus souvent réimprimé de tout de xixe siècle. Louis Perceau, en 1930, en recensait déjà une quarantaine d’éditions, sans compter les traductions. Longtemps remise en cause, l’attribution de ce bouquin à Alfred de Musset ne fait aujourd’hui plus de doute. L’anecdote raconte qu’en 1833, alors qu’il écrivait Les Caprices de Marianne, Musset aurait fait la gageure de produire en trois jours un ouvrage pornographique à l’excès sans jamais faire usage du moindre mot grossier. La vie de débauches et l’esprit aristocratique de l’auteur, son aventure avec George Sand, ainsi que des événements contemporains comme la mort dramatique de la Malibran, la célébrissime cantatrice, ont certainement inspiré l'histoire obscène et mortifère de la comtesse Gamiani et des jeunes Fanny et Alcide. La première des deux nuits d’excès est celle où Gamiani initie la jeune Fanny au s aphisme. Alcide, le narrateur, d’abord caché pour percer le secret de Gamiani, finit par se jeter dans la mêlée. Leur nuit de débauche est entrecoupée des aveux biographiques des trois personnages, qui permettent aux corps de se reposer, mais en même temps reconstituent, par les descriptions exaltées des expériences fondatrices, les forces pour une nouvelle série d’assauts. Gamiani reste alors la maîtresse du jeu, la plus perverse, la seule que le désir ravage, rend littéralement folle, et que ne peuvent satisfaire que les plus terribles excès, dont la flagellation et la zoophilie : « Oui, ma chère, un âne. Nous en avions deux bien dressés, bien dociles. Nous ne voulions le céder en rien aux dames romaines qui s'en servaient dans leurs saturnales. La première fois que je fus mise à l'épreuve, j'étais dans le délire du vin, Je me précipitai violemment sur la sellette, défiant toutes les nonnes. L'âne fut à l'instant dressé devant moi, à l'aide d'une courroie. Son braquemard terrible, échauffé par les mains des sœurs, battait lourdement sur mon flanc. Je le pris à deux mains, je le plaçais à l'orifice, et, après un chatouillement de quelques secondes, je cherchai à l'introduire. Mes mouvements aidant, ainsi que mes doigts et une pommade dilatante, je fus bientôt maîtresse de cinq pouces au moins. Je voulus pousser encore, mais je manquai de force, je retombai. Il me semblait que ma peau se déchirait, que j'étais fendue, écartelée ! C'était une douleur sourde, étouffante, à laquelle se mêlait pourtant une irritation chaleureuse, titillante et sensuelle. La bête, remuant toujours, produisait un frottement si vigoureux, que toute ma charpente vertébrale était ébranlée. Mes canaux spermatiques s'ouvrirent et débordèrent. Ma cyprine brûlante tressaillit un instant dans mes reins. Oh ! quelle jouissance ! Je la sentais courir en jets de flammes et tomber goutte à goutte au fond de ma matrice. Tout en moi ruisselait d'amour. Je poussai un long cri d'énervement et je fus soulagée... » Au cours de la seconde nuit, quelque temps plus tard, Alcide, toujours dans la position du voyeur impuissant – que cette fois-ci il ne quittera pas – assiste aux ébats enragés des deux femmes. Il écoute aussi la suite du récit de Gamiani, qui plonge encore plus loin dans la débauche et la damnation, et assiste impuissant à l’empoisonnement de Fanny par Gamiani, elle-même plongée à l’agonie. C’est le point culminant du récit où se mêlent la petite mort et la mort tout court : « J'ai connu tous les excès des sens, comprends donc, fou ! Il me restait à savoir si, dans la torture du poison, si, dans l'agonie d'une femme mêlée à ma propre agonie, il y avait une sensualité possible. Elle est atroce ! Entends-tu ? Je meurs dans la rage du plaisir, dans la rage de la douleur ; je n'en puis plus... » Voilà qui donne un tout autre visage au romantisme ! Hugues Rebell (L'été c'est l'enfer 27/30)Hugues Rebell (Georges Grassal), Les nuits chaudes du Cap français ou le journal d’une femme créole. Paris: Fequet et Baudier, 1936 (1902) Cette évocation sulfureuse des dernières années de la colonisation française à Saint-Domingue est fort probablement la seule œuvre d’Hugues Rebell à ne pas avoir sombré dans l’oubli. Épicurien raffiné, homme de lettres à l’érudition peu conventionnelle et collectionneur invétéré de livres précieux, d’œuvres d’art et de conquêtes féminines, Rebell se retrouve plongé vers la fin de sa vie dans une situation financière catastrophique qui le pousse à écrire une série de romans dont Les nuits chaudes du Cap français, sa dernière œuvre, constitue l’apothéose. Le cœur de l’ouvrage prend la forme d’un journal intime d’une femme de l’élite coloniale de Saint-Domingue, la veuve « Elle étendit mes jambes, que je lui abandonnai, et son bouquet de plumes courut par tout mon corps, me causant une impression de fraîcheur voluptueuse. Elle connaît bien les faiblesses de ma chair et s'égaie à les flatter. Malgré moi, j'approchais mes seins aux caresses des plumes ou je dénudais mon ventre ou bien encore, retournée, le visage couvert de ma chevelure dénouée, honteuse à peine, je lui offrais tous les secrets de mon corps ; et, sans fin, les ailes duveteuses, d'une touche lente effleuraient ma peau ou l'irritaient d'un coup brusque, pour la calmer presque aussitôt d'un baiser lascif et attardé au creux, aux retraits frémissants de mon être. Elle choisissait comme à dessein les replis minces qui ne défendent point contre le plaisir, les caches sombres et impures dont l'unique protection est le mystère. Elle y égarait ses plumes, elle y glissait les doigts et, tombant à genoux, comme ivre, elle posait là tout à coup un baiser ardent qui répandait une glace dans mon sang enflammé, puis me soulevait et m'anéantissait de jouissance. Alors, les yeux sans lumière; brisée, prête désormais pour la douce mort du sommeil, je tendais désespérément les bras vers elle, afin de demander une grâce que je n'osais implorer de mes paroles. Mais, insensible ou impitoyable, elle éclatait de rire et continuait ses féroces dévotions. » Toujours est-il que la fille de la victime, Antoinette Lafon, a été recueillie par Rose qui tente, en mère adoptive indigne, de la séduire et l’initier au lesbianisme. Même si Antoinette se laisse caresser docilement par sa belle-mère et son esclave, elle finit plutôt par séduire Dubouquens, un riche négociant français, qui non seulement la dépucelle mais échafaude le projet de la marier et de fuir Saint-Domingue. Mais c’est ne pas compter avec Zinga qui assassine Antoinette, séduit à son tour Dubouquens et gagne Bordeaux avec lui. La fresque de Rebell montre une élite coloniale en pleine déliquescence morale, exclusivement préoccupée à satisfaire ses plaisirs. Parentés suspectes, inceste, sodomie, sorcellerie, flagellation, moines forniquant avec des esclaves : l’indignité des notables blancs est complète, faisant de ce tourbillon d’érotisme tropical un vortex vers l’enfer. En somme : un livre idéal pour la canicule... ! Giorgio Baffo (L’été c’est l’enfer 26/30)Giorgio Baffo, Poésies complètes, Traduites du dialecte Vénitien par Alcide Bonneau. Paris, Isidore Liseux, 1884. Vous n’avez probablement jamais entendu parler de Giorgio Baffo. Pourtant, vous devriez. Apollinaire l’appelait le « fameux vérolé » et le regardait « comme le plus grand p Ma théorie à ce sujet est fort simple : c’est que son œuvre toute entière est logée à l’enseigne du con, ce qui, vous l’avouerez, n’aide pas forger une réputation littéraire sérieuse. Baffo a écrit près de huit cent sonnets et il est difficile d’en trouver un où le mot « mona » (moniche) ou un synonyme ne revienne pas plusieurs fois. Et il est tout aussi rare que « cazzo » (bite) ne se retrouve pas à côté de la « mona » et que le foutre ne se répande pas avant le dernier vers. N’importe qui peut écrire un hymne au sexe féminin, et dieu sait s’il m’est moi-même arrivé de chanter les délices de l’abricot fendu. Mais le faire des centaines de fois, sans tomber dans la monotonie soporifique ? Cela tient véritablement du miracle et donne une mesure du génie de l’auteur. Je vous en offre un, histoire de vous mettre l’eau à la bouche : «Dialogue entre deux fillettes - Viens ça, Tonina, écoute un mot... Eh ! je n’en puis. - Ecoute, ma chère, Ca me cuit, que je n'en puis plus ; Lorsque je me branle, mon cœur se console. - Chère, puisque tu ne veux pas autre chose, moi aussi, Ca me picote sans cesse et ça se mouille, Mais j'ai bien soin de me branler chaque jour, Et spécialement quand je suis seule. - Ah ! que sens-je ? Je ne puis plus durer ! Va-t'en au diable ! Quelle folle tu es ! Mets-moi ton doigt dans le con, je veux jouir. - Ecoute, Anzoletta ; bien plutôt sur ma foi, Faisons-nous enfiler un peu par quelqu'un : L'avoir intact ou fracassé, c'est la même chose. » Les sonnets de Baffo ne circulèrent pratiquement que sous forme manuscrite ou orale, l'auteur s'étant toujours refuser de les donner à imprimer. Ce n’est qu’en 1771, soit trois ans après sa mort qu’un premier recueil fut publié par Lord Pembroke, un de ses grands admirateurs. Pourtant, Baffo fut une célébrité en son temps ; ses poésies manuscrites couraient la ville et étaient récitées par les jeunes gens de bonne société. Il mérite encore aujourd’hui d'être connu et apprécié, car c'est un poète dans la pleine acceptation du terme. Un poète obscène, doit, mais comme l’a écrit (encore) Apollinaire « dont l'obscénité est pleine de noblesse ». L’édition Liseux des Oeuvres érotiques de Baffo a été rééditée en deux tomes par La Musardine en 2003. Un achat incontournable pour l’été ! Raymond Queneau (L’été c’est l’enfer 25/30)Raymond Queneau, Les Oeuvres complètes de Sally Mara (contient On est toujours trop bon avec les femmes, le Journal intime de Sally Mara et Sally plus intime), Paris : Gallimard, 1962
« Ce n’est pas parce que le nom d’un auteur soi-disant réel figure sur la couverture d’un livre pour qu’il soit le véritable auteur des œuvres parues précédemment sous le nom d’un auteur prétendu imaginaire. » Comment pourrais-je ne pas adhérer à cette phrase de la préface des Œuvres complètes de Sally Mara, étant moi-même un auteur prétendu imaginaire ! Je devrais contacter cette chère Sally et fonder un syndicat... La première partie du livre est constituée du Journal de Sally Mara, une jeune Dublinoise de d La deuxième partie du livre, On est toujours trop bon avec les femmes, évoque sur le mode burlesque l’insurrection irlandaise de Pâques 1916. Sept révolutionnaires prennent d’assaut un bureau de poste, le vident de ses occupants et s’y retranchent dans le but avoué de mourir en héros. Or, une jeune anglaise royaliste nommée Gertie Girdle se trouvait au lavatories pendant l’attaque et ne veut plus en sortir. Pendant son interrogatoire, le chef des républicains déclare que le roi d’Angleterre est un con. « Mais, s’écrie Gertie boulversée, si le roi d’Angleterre tait un con, tout serait permis ! »... proposition qu’elle met évidemment en pratique, s’accouplant sauvagement avec tous les insurgés sauf un, qui est amoureux d’elle. Avant qu’elle ne soit délivrée par les soldats britanniques menés par son propre fiancé, le commodore Carthwright, la pauvre Gertie a le temps de subir tous les affronts, de toutes les manières communément admises. Le récit, tout en allusions, pourrait presque être lu par une écolière innocente sans qu’elle ne comprenne le déchaînement sexuel de cette vierge perverse parmi les révolutionnaires qui la séquestrent tant il est exprimé par d’habiles périphrases... et d’allusions subtiles à Joyce ! Parodique, loufoque, gaillard, désinvolte, cynique, polisson, Raymond Queneau en met plein la vue, en sachant être grossier sans jamais n’être vulgaire. Deux oeuvres faites de calembours et de pirouettes dans lesquelles la fantaisie règne sans partage, à déguster avec un ouisqui sans glace, évidemment. Effeuillage : Tu es une bête, Viscovitz ! C'est en écrivant la news sur l'orchidée autosexuelle (juste en-dessous) que je me suis rappelé cet excellent texte : "Tu es une bête, Viscovitz", d'Alessandro Boffa, dispo au Serpent à Plumes. C'est un recueil de nouvelles dont le héros, Viscovitz, s'incarne chaque fois dans un animal différent qui cherche à se reproduire.Voici donc Viscovitz escargot : Le sexe ? J'ignorais même que j'en avais un, alors quand j'appris que j'en avais deux... - Nous autres escargots, Visko, nous sommes des hermaphrodites insuffisants... - Beurk ! hurlais-je. Notre famille aussi ? Et Viskovitz éponge : Le drame d'être un végétal, c'était l'impossibilité de se suicider. L'avantage d'être une éponge, c'est la possibilité de boire un coup pour oublier. C'est drôle comme ça tout le temps et ça se lit super facilement. Un seul regret : que son auteur, un biologiste, n'ait pas encore sorti la suite ! Mouhammad al-Nafzâwî (L’été c’est l’enfer 24/30)
En ces temps où l’islamisme radical occupe toutes les tribunes, où de très doctes professeurs de la célèbre université sunnite d'Al-Azhar sont même allés jusqu'à décréter dans une fatwa qu’être « tout nu pendant l'acte sexuel invalide le mariage », il est plus que réjouissant de découvrir en l’Islam une voie où la copulation, qu’elle mène ou non à la procréation, est licite et même encensée !
John Cleland (L’été c’est l’enfer, 23/30)John Cleland, Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisirs. Avec une introduction et un essai bibliographique par Guillaume Apollinaire. Paris : Bibliothèque des Curieux, 1914 (1749) Fanny Hill est sans doute le roman érotique anglais le plus célèbre. En 1749, John Cleland, fils d’un colonel écossais, est emprisonné pour dettes ; c’est donc en prison qu’il écrivit les Memoirs of a Women of Pleasure, que les francophones connaissent sous le titre de Mémoires de Fanny Hill. Cleland vendit le manuscrit au libraire Ralph Griffith pour vingt guinées, ce qui lui permit de sortir de prison. L’éditeur quant à lui retira plus de dix mille livres sterling de la vente de l’ouvrage, prouvant qu’il n’y a pas de dieu pour les écrivains... ! En France, Fanny Hill est d’abord publié en 1751 dans une « version quintessenciée » par Le livre prend la forme de deux longues lettres où ladite Fanny Hill raconte ses souvenirs de jeunesse. Née dans un village près de Liverpool, orpheline à quinze ans, elle se rend à Londres où elle échoue chez Mrs. Brown, une tenancière de bordel. Phoebé, la sous-maîtresse, se voit confier la mission d’éveiller les sens de Fanny. Elle forme la jeune ingénue avec tant de compétence que Fanny Hill ne tarde pas à satisfaire les clients les plus difficiles de la maison, dont le jeune Charles dont elle tombe amoureuse et qui lui fait découvrir toute une gamme de plaisirs voluptueux. Fanny Hill passe ensuite au service de Mrs. Cole, qui se spécialise dans l’organisation d’orgies. Elle participe joyeusement à plusieurs de ces parties fines en compagnie de la clientèle et des pensionnaires Emily et Harriet, jusqu’à ce qu’elle ait amassé assez d’argent de ses activités vénales pour s’acheter une maison à Marylebone où elle retrouve Charles, qui l’épouse. Fanny conclut sa dernière lettre en se disant que décidément, rien ne vaut les délices de l’amour conjugal.
Marcel Jouhandeau (L’été c’est l’enfer 22/30)Marcel Jouhandeau, Tirésias. Sans lieu ni maisons d’édition, 1954.
Marcel Jouhandeau est un écrivain guère fréquentable. Sa réputation d'antisémite y est pour beaucoup, même s’il a par la suite renié son pamphlet des années trente intitulé Le péril juif. Mais une autre perversion vient alourdir son dossier. Dès ses jeunes années, deux passions le tourmentent : un catholicisme mystique et frénétique, et une attirance charnelle pour les hommes, vécue dans une culpabilité extrême, dans l'outrage de Dieu. Toute sa production littéraire oscille entre ces deux pôles, entre la célébration du corps masculin et celle du divin, une situation mortifère pour un catholique fervent qui le mène en 1914 au bord du suicide, après avoir brûlé ses manuscrits un élan mystique.
Bien qu’il se soit marié en 1929, à l’âge de quarante ans, en 1929, avec Élisabeth Toulemont, qui longtemps espéra le débarrasser de ses penchants, Jouhandeau finit toujours par retomber dans les bras des hommes, vivant des aventures intenses qui furent l’objet de plusieurs de ses romans. Vers soixante ans, la vie de l’auteur est bouleversée par une « expérience fabuleuse » : d’actif, il devient passif, se faisant sodomiser par de jeunes prostitués chaque jeudi. Le récit de cette conversion sodomite est au cœur de Tirésias, qu’il publie en édition confidentielle en 1954.
Jouhandeau goûte pour la première fois aux joies obscures des intromissions priapiques avec Richard, un « colosse noir au bassin nacré et opulent ». Suit Philippe, un « Antonin Artaud jeune, mais d’une bêtise de palefrenier » qui ne le prend « qu’agenouillé, mes jambes passées autour de son cou ». Vient ensuite le nain, « une espèce de petit animal velu, trapu, court sur pattes » et Pierre, qui l’épuise littéralement : « Je sors de ses bras comme s’il avait répandu sur mes membres du vitriol ». Ce déchaînement érotique plonge le narrateur dans l’angoisse : « La nuit, quand je me réveille, j’ai peur de mon corps. Je ne me sens pas encore habitué à ce qui lui arrive. Tirésias ! Tirésias ! Comment revenir en arrière ? Conjurer les suites de cette magie cérémonielle ? Me voici, après avoir toute ma vie refusé de l’être et sans l’avoir prévu, métamorphosé en femme ! »
Au-delà de cette obscénité, Tirésias est une œuvre d’orfèvre, où chaque description de geste est finement ciselée : « Quand ma main étreint le col de sa gourde gorgée de lait, il ferme les yeux, comme les pigeons qu’on étouffe ». Cherchant la sainteté dans la débauche, Jouhandeau ne peut distinguer ses élans religieux de ses pulsions sexuelles, en vivant les assauts de ses amants en ascète s’imposant des épreuves terribles : « La volupté me touche dans la mesure où elle ressemble à une tragédie religieuse qui met en mouvement toutes les puissances des abîmes et du Ciel. » Les voies du Seigneur ne sont donc pas aussi impénétrables qu’on l’aurait cru... !
Anaïs Nin (L'été c'est l'enfer 21/30)En décembre 1940, Henry Miller apprend à Anaïs Nin qu’un collectionneur offre de leur payer des récits érotiques à un dollar la page. Se prenant au jeu, elle réunit un groupe de poètes de Greenwich Village, agissant comme la « patronne d’une maison de prostitution littéraire snob » qui avait tout d’une psychanalyse de groupe : « Les homosexuels écrivaient comme s’ils étaient des femmes. Les timides décrivaient des orgies. Les frigides des ivresses effrénées. Les plus poétiques tombaient dans la bestialité, et les plus purs dans la perversion. » « Cher collectionneur, nous vous détestons [...] Vous ne savez pas ce que vous manquez avec votre examen microscopique de l’activité sexuelle à l’exclusion des autres qui sont le combustible qui l’allume. Intellectuel, imaginatif, romantique, émotionnel. Voilà ce qui donne au sexe ses textures surprenantes, ses transformations subtiles, ses éléments aphrodisiaques. »
Cela dit en passant, on constate à la lecture de Venus erotica qu’Anaïs Nin anticipa les fameux exercices du docteur Arnold Kegel, les décrivant explicitement plus de dix ans avant le respectable gynécologue : « "Je veux t’apprendre quelque chose, tu veux bien ? " dit Millard. Il glissa un doigt en moi. "Maintenant, je veux que tu te contractes autour de mon doigt. Il y a un muscle, tout au fond, que l’on peut faire jouer autour du pénis. Essaie." J’essayai. Son doigt était une vraie torture. Comme il ne le remuait pas, j’essayai de bouger à l’intérieur de mon ventre, et je sentis le muscle dont il parlait s’ouvrir et se refermer autour du doigt, très faiblement au début. Et je le fis, ouvrant, refermant, ouvrant, refermant. On aurait dit une bouche minuscule à l’intérieur, pressant ses lèvres autour du doigt. Je désirais le prendre tout entier, le sucer. Et je continuai d’essayer. Puis Millard me dit qu’il allait me pénétrer sans bouger et qu’il faudrait que je continue à serrer à l’intérieur. J’essayais de me coller à lui de plus en plus fort. Le mouvement m’excitait et je me sentais tout au bord de l’orgasme, mais après m’être collée à lui plusieurs fois, avalant son pénis, il se mit soudain à gémir de plaisir, poussant plus vite car il ne pouvait plus se retenir. Je me contentais de poursuivre ces contractions intérieures, et je sentis monter en moi l’orgasme, venant des profondeurs merveilleuses de mon corps, tout au fond de mon ventre. » Alors en mémoire de cette chère Anaïs, faisons nos exercices : une, deux, une deux, une deux... ! Renée Dunan (L'été c'est l'enfer 20/30)Louise Dormienne (Renée Dunan). Les Caprices du sexe, ou les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B... Orléans: aux dépens des Amis de la galanterie (1928).
Joyce Mansour (L’été c’est l’enfer 19/30)Joyce Mansour, Prose & poésie, œuvre complète. Paris, Actes Sud, 1991 Qui se souvient de « la tubéreuse enfant du conte oriental », comme l’appelait André Breton ? Depuis sa mort en 1986, la poétesse surréaliste, qui a laissé une œuvre à la fois ludique et violente, seize recueils de poésie, des « histoires nocives » et des « contes pour hommes faits » a sombré injustement dans des limbes dont elle tarde de sortir. Ses œuvres complètes, parues chez Actes Sud en 1991, sont aujourd’hui quasi-introuvables. Il selon moi plus que temps de revenir à Joyce Mansour, panthère noire de l’érotisme, poétesse des accouplements sauvages, mon modèle et mon maître en poésie.
J’aime tes bas qui raffermissent tes jambes
Poétesse de la révolte féminine, poétesse de chair et de feu, Joyce Mansour doit être lue et relue par quiconque veut comprendre ce qui se cache au plus profond du cœur et du sexe des femmes. (Alors ? Je vous ai convaincus ?) Louis Aragon (L’été c’est l’enfer 18/30)Albert de Routisie (Louis Aragon), Le con d’Irène. Paris, Cercle du Livre précieux, 1962 (1928) D’Irène, Aragon nous dit qu’autour d’elle flotte « un parfum de brune, de brune heureuse, où l’idée d’autrui se dissous. » On pourrait en dire autant de ce long monologue intérieur, qui est une des partiesde La Défense de l’Infini qu’Aragon écrivit de 1923 à 1927 et qu’il brûla sous les yeux de Nancy Cunard dans une chambre d’hôtel de Madrid. Il en épargna toutefois les meilleures pages, dont celles formant le Con d’Irène et qui constituent le meilleur de sa production érotique.
« Et maintenant, salut à toi, palais rose, écrin pâle, alcôve un peu défaite par la joie grave de l’amour, vulve dans son ampleur à l’instant apparue [...] Nymphes au bord des vagues, au cœur des eaux jaillissantes, nymphes dont l’incarnat se joue à la margelle de l’ombre, plus variables que le vent, à peine une ondulation gracieuse [...] Déjà une fine sueur perle la chair à l’horizon des désirs. Déjà caravane du spasme apparaissant dans le lointain des sables... ». Aragon a donc choisi le mot « con » tel qu’il sort des bouches les plus vulgaires, comme on ramasse un diamant dans la boue pour le polir et en faire voir toute sa splendeur. Malgré son titre ordurier, Le con d’Irène est une poésie nostalgique, un érotisme onirique et chaste, un chant au sexe des femmes, ce lieu « de délice et d’ombre » qui offre « dans ses limites nacrées la belle image du pessimisme ». On peut lire quelques extraits du Con d'Irène sur le site Louis Aragon Online de l'Université de Münster. |
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