Bizarrement, tout le monde n’aime pas le sexe. Et à vrai dire, il y a même un paquet de gens que le plaisir dérange. La censure sévit toujours, pas seulement hier ou là-bas, mais aussi ici et maintenant.
Comment saisir le double discours si étrange sur la prostitution ? Si dans beaucoup de pays d'Europe, la vente de sexe reste autorisée, en tout cas pas interdite, elle n'est cependant pas souhaitée et encore moins encouragée. C'est ce qu'ont compris les prostituées de Copenhague. Alors que la ville reçoit le Sommet de l'environnement qui restera à jamais gravé dans les annales de l'histoire, la maire de la ville, social-démocrate, a voulu convaincre les propriétaires d'hôtels de ne pas recevoir de délégués avec des prostituées dans leurs chambres. Elle a fait distribuer dans la majorité des pensions cette drôle de carte postale à gauche, à recommander spécialement aux 15 000 délégués de tous les pays présents dans la capitale du Danemark. On peut y lire "Be sustainable, don't buy sex", un joli pied-de-nez aux mesures écolos que ces deux semaines dédiées au réchauffement de la planète devraient produire. On pourrait comprendre ainsi que se payer une prostituée n'est pas écologique, c'est pourtant beaucoup plus vert qu'un homme frustré capable de s'acheter un 4x4 pour combler sa virilité. Mais passons.
Toujours est-il que, hé, pas connes les prostituées. L'association de défense des travailleurs du sexe danoise a ainsi annoncé que dorénavant, la prostitution serait gratuite pendant la tenue du sommet, sur présentation de cette carte postale. Pas de raz-de-marée d'hommes du monde entier vers Copenhague, ce marchandage est au seul bénéfice des délégués, qui devront auparavant faire une demande sur internet. Si l'idée prouve combien les prostituées danoises peuvent être engagées contre la municipalité, je ne peux m'empêcher de penser à toutes ces femmes qui devront donner leur corps sans avoir de quoi remplir leur portefeuille. L'absurdité, en plus, veut que la prostitution soit tout à fait légale au Danemark et que les travailleuses du sexe y aient un statut reconnu. Pas de doute, en tout cas : la consommation de latex va augmenter au Danemark, alors que les Danois sont déjà ceux qui jettent le plus de déchets en Europe.
Oh oui, j'aime ça. Mon Moi le plus anti-américain sourit en dévoilant l'hypocrisie américaine, qui préfère largement le sous-entendu à l'explicite. Ainsi, aux derniers American Music Awards, Adam Lambert n'a pas choqué pour la mise en scène SM de sa performance, mais pour deux détails scabreux.
Adam Lambert, pour les nombreux lecteurs qui ne le connaissent pas, a failli gagner le programme American Idol en 2008. Il correspond pas mal à l'idole des minettes un peu dark genre Robert Pattinson, sauf que son homosexualité n'est un secret pour personne. Le jeune chanteur passe à la cérémonie des American Music Awards, dimanche dernier. La mise en scène de la chanson For your entertainment est pleine de symbolique SM un peu cheap, noir de rigueur et attaches pour les danseurs. Tout ça pour cacher le fait qu'Adam Lambert chante mal, je crois bien. Parce que le jeune homme décide d'en rajouter une bonne couche : agrippant l'un des danseurs par le cou, Adam simule une fellation, voire un deepthroat, et finit sa performance en embrassant goulûment l'un de ses musiciens. Petite précision : le programme passe sur la chaîne nationale ABC, en prime time, avec un audimat estimé à 14 millions de personnes. Bien entendu, le léger décalage du direct fait que les images sont censurées dans l'Ouest américain. Et comme pour bien montrer qu'il ne s'agissait pas d'un faux incident style le sein de Janet Jackson au Superbowl, Adam Lambert insiste : "J'ai offensé certaines personnes, je le sais. Ce sont comme des pommes et des oranges. Je ne suis pas un artiste qui agit pour plaire à tout le monde. Je crois en la liberté artistique et en la liberté d'expression. Je crois qu'il faut respecter les paroles d'une chanson. Ces paroles ne sont également pas pour tout le monde."
(Moments intéressants à 1'18'' et 3'41'')
Ouuuuuh, rebelle ! Sauf que la séquence choc est un peu tombée à plat. Selon USA Today, ABC a reçu environ 1 500 plaintes, ce qui est très peu au regard des dizaines de milliers de courriers que peut recevoir normalement une chaîne de télévision lorsqu'une controverse explose. Pire, environ une centaine de personnes ont appelé ABC pour dire qu'ils avaient aimé les images. Finalement, le soufflé retombe, comme le dit lui-même Adam Lambert : "Les gens ont peur et c'est triste. Je crois qu'ils devraient faire preuve d'ouverture et avoir du plaisir. C'est pour rire. On ne devrait pas en faire tout un plat."
Le synopsis : "Agathe organise chez elle un dîner entre amies auquel participent Jennifer, Sandrine et Lise. Au même moment, Jean-Philippe reçoit chez lui Seb, Franck et Bertrand. Le film retrace cette soirée au cours de laquelle les deux groupes, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre, en viennent à parler de sexe et illustrent leurs propos par le récit d'expériences vécues. Chacun raconte sa propre version des événements, souvent totalement différentes de la perception de leur partenaire."
Les réalisateurs : Ovidie et Jack Tyler, deux réalisateurs de films X, qui collaborent ici pour donner un point de vue à la fois masculin et féminin sur le sexe.
La réalisation : Deux tournages ont été nécessaires, même pour les scènes de cul, afin de donner la perception de la femme et celle de l'homme à la fois, qui, il est vrai, peut être radicalement différente pendant un rapport sexuel. "A la différence des productions habituelles auxquelles nous avons l'habitude de participer, nous ne sommes pas tenus à un cahier des charges. Nous ne souhaitons pas respecter un quota de sodomies, de positions, ni d'éjaculations externes."
Le film : On ne peut que louer une telle initiative, dans le porno, de faire quelque chose de différent. Je ne l'ai pas vu, par contre, mais la bande-annonce laisse penser que le jeu des acteurs aurait pu être amélioré (en même temps, si c'est un film X...).
Les faits : Présenté au CNC, Histoires de sexe(s) est contrôlé deux fois par la Commission de classification des oeuvres cinématographiques, qui décide de l'interdire. Le film, qui n'est pas grand public mais s'éloigne également beaucoup du porno. Si les scènes de sexe ne sont pas simulées, il s'agit tout de même plus d'une comédie de moeurs, avec scénario et dialogues conséquents, que d'un simple film de boules. "Avec ce film, nous attendions l'émergence d'un genre nouveau : celui du film traitant ouvertement de la sexualité, affranchi des codes de la pornographie et de son quota d'éjaculations faciales. Nous souhait n'était pas d'être exhibé à un public mineur, puisque nous réclamions une interdiction aux moins de 18 ans. Des films tels que Baise-moi (Virginie Despentes et Coralie Trinh-Thi) ou encore 9 Songs (Michael Winterbottom) avaient obtenu un visa d'exploitation -18 ans sans pour autant être classés X. A l'ère de l'ultra-violence, nous ne comprenons pas que ce petit film indépendant que nous ne jugions pas "polémique" subisse la pire sentence que l'on puisse réclamer pour une oeuvre de cinématographie."
On l'avait déjà vu grâce à cet article : oui, l'éjaculation féminine existe, non, elle n'a rien à voir avec ce que l'on peut voir dans les films pornographiques. C'est une des raisons pour lesquelles que le British Board of Film Classification se tape tous les films diffusés au Royaume-Uni : la pornographie violente est interdite outre-Manche, et l'éjaculation féminine en faisait partie.
Jusqu'à ce qu'une certaine Anna Span, réalisatrice de films X, militante pour le droit de consommer du porno, encourage le quidam à participer à ses films ou à produire les siens. Son film "Women love porn" a conduit à créer un label pour les pornos féminins et les réalisatrices. Or, ce film représentait six minutes d'orgasmes de femmes-fontaines. Le BBFC demande à Anna Span de retirer ces scènes parce qu'il s'agirait d'urine, or l'urine est interdite dans les pornos british.
Après une longue considération, Anna Span a remporté une victoire : l'éjaculation féminine existe bel et bien, elle n'est pas mentionnée dans la loi donc pas interdite, contrairement au SM très violent ou la scatophilie. Par contre, il faut savoir que la législation anglaise reste ce qu'elle est en matière de porno, très floue, et que le BBFC continuera gaiement de couper des scènes de films X s'ils tendent à "dépraver une personne".
Illus : Crédit EroticExposures, "Aftermath of wifes gushing orgasm"
Sous le logo de Conservapedia, un slogan : "L'encyclopédie de confiance". Elle traite, comme Wikipédia, de tous les sujets, mais avec un semblant, une petite touche inexplicable de conservatisme, en tout cas très américain. L'article "évolution" commence par définir la théorie, pour passer directement à un sondage CBS affirmant que la majorité des Américains n'y croient pas. Dans leur quête infinie de l'idéal traditionnaliste, les contributeurs de Conservapedia ont eu une nouvelle idée : retraduire la Bible. Abandonner la version "King James" pour en créer une plus pure, débarrassée de toute idée de progressisme. Leur travail se base donc sur 10 principes, à l'image des 10 commandements :
1. Un cadre contre les distorsions libérales : apporter un cadre solide au Livre, qui permettra une traduction littérale, non corrompue par des partis pris libéraux. 2. Pas de sexualisation : éviter les références au sexe, le langage sexué et toute autre forme moderne de sexualisation du christianisme. 6. Accepter la logique de l'Enfer : appliquer une logique forte et effective et ne pas renier ou sous-estimer la véritable existence de l'Enfer et du Diable. 7. Développer les paraboles sur le libre marché : expliquer les nombreuses paraboles sur l'économie dans leur sens véritable, celui du libre marché. 8. Exclure les passages rajoutés et libéraux, comme l'histoire de l'adultère.
On passera sur le fait que, chez Conservapedia, on compte adoucir le terme "esclave" dans la Bible ainsi que toute terminologie socialiste, comme "camarade", "compagnon" ou "travailleur". Par contre, étrangement, aucune mention du fait que, malgré tout ce qu'on peut interpréter de la Bible, ça reste un bouquin sacrément cochon. Que va-t-il advenir de Marie-Madeleine la prostituée ? Du Chant de Salomon, plutôt érotique ? Comment traduire le fait que les habitants de Sodome ont tenté d'enc.... des anges, et que Lot a couché avec ses filles ? Alors que Conservapedia compte renforcer les allusions négatives à l'homosexualité, comment conserver la loi qui voudrait qu'on lapide une femme qui s'est fait violer si elle n'a pas su se défendre comme elle le devait ? Beaucoup de questions, mais finalement, on sait qu'on peut faire confiance en Conservapedia.
Telex : il semble donc difficile de trouver sur internet le dernier clip de Rammstein. Leur dernier album, Liebe ist Für Alle Da, sort le 16 octobre et le premier single, Pussy, a un clip des plus chauds. Le groupe habitué aux polémiques fait fort avec cette vidéo aux allures de film porno, à ne pas placer devant tous les yeux. C'est donc strictement interdit aux mineurs et le lien fonctionne sur le site Visit-X. Avis aux amateurs de metal allemand !
On salue AndreA pour sa contribution à la diffusion de la culture allemande. Danke schön !
Drôle d'histoire que celle de cette peinture. Le grand peintre français Nicolas Poussin l'exécute entre 1634 et 1638 : un thème des plus classiques, quoique très original : le dieu grec du mariage, Hyménée, se retrouve déguisé en femme pendant une cérémonie à l'honneur du dieu de la fertilité Priape. Vous savez, le fameux, celui qui a une bite dure comme le bois, toujours au garde-à-vous et impressionnante de taille. Poussin figure donc le dieu par une statue dotée d'un énorme engin. La peinture passe aux mains de la famille royale espagnole, qui décide d'y faire une "retouche de pudeur", et de cacher le phallus en peignant dessus une fausse ombre. Le procédé se fait beaucoup à l'époque, depuis les sculptures dont on enlève les pénis aux seins recouverts des portraits de nus. Avec la guerre de Napoléon en Espagne, la toile est prise par des aristocrates anglais et vendue au XXe siècle au collectionneur français George Wildenstein, qui la refile au journaliste brésilien Francisco Assis Chateaubriand, fondateur du Musée d'art de Sao Paulo. La toile y est exposée donc de nos jours, et restaurée récemment pour fêter l'année de la France au Brésil. En nettoyant les multiples couches de peinture, malgré les trous et les déchirures, le phallus a été découvert et remis à l'honneur, prouvant ainsi que la force sexuelle, plus que les traditions, dure bien longtemps.
posté par Pat Love them all
posté par Scotian Il faut protéger nos enfants !
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posté par lulu panar