Sexe, love et gaudriole : le blog Sexe de Flu
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Soy una puta y mi coño lo disfruta ("Je suis une pute et ma chatte en profite") : une petite expression comme tant d'autres, qui en dit long sur le rapport des Espagnols au sexe. Mon Missionnaire est parti enquêter au pays des tapas, là où el sexo fait sans cesse parler de lui. Calor y amor ! Petite chronique chez des Ibères au sang chaud.

Les teens, c'est plus ce que c'était

Posté par Mon Missionnaire le 12.11.09 à 13:53 | tags : teens, auberge espagnole, sexe et société, people
3615 Ma life : je vais récemment chez le dentiste parce que j'ai pleins de caries. D'ailleurs, habitant en Espagne, je réalise combien notre France est douce parce que le dentiste y est remboursé par la Sécu. Bref. Dans la salle d'attente, mes yeux se posent sur les magazines les plus proches, à savoir (je traduis) : Moto Passion, Tendance Déco et... Superpop, le magazine très très coloré des ados. Je me dis qu'à mon âge, ça doit bien faire 357 ans que je n'ai pas lu un magazine d'ados (le dernier, c'était Ok Podium, aujourd'hui disparu). Bon, en gros, je vous le donne en mille : Twilight, Twilight, Twilight (en espagnol Nueva Luna). Robert Pattinson par-ci, les Jonas Brothers par là, des beaux gosses espagnols etc... Pas mal de photos dénudées, mais ça reste plutôt chaste. Et là, je tombe sur cette photo de Zac Efron.
J'ai pensé à vous, chers lecteurs, non pas pour Zac Efron, mais parce que je mourais d'envie d'arracher la page pour pouvoir traduire le texte écrit par le journaliste. Déjà que la photo est, de la part du petit acteur, un appel au viol, mais alors le texte, lui, était vraiment caliente. Du style "Mais quel corps magnifique ! On rêve de pouvoir lécher ces splendides tablettes de chocolat et tout le reste !". La photo ayant été prise pendant le tournage du prochain film de Zac Efron, dans un cimetière, l'auteur faisait des petites blagues genre "il y aurait beau y avoir des zombies partout, aucun problème pour passer la nuit avec lui au cimetière, blotti dans ses bras" et tous pleins d'autres allusions sexuelles, dont une sur l'entrejambe, assez visible.

Le reste du magazine m'a déçu : aucun article sur la sexualité, aucune information santé, aucun courrier des lecteurs type sexologie. Super Pop n'est qu'un de ces magazines qui vous chauffent la tête et le corps sans en donner plus. Rempli d'allusions sexuelles, mais vie d'informations sur la sexualité. Et qui vous chauffe à coups de photos hot et textes quasi érotiques.
Alors, je me suis demandé quel était le rôle de ces magazines pour les jeunes filles qui les lisent (surtout des jeunes filles, quoi). Et si Superpop, au lieu d'éveiller les jeunes à la sexualité, n'était pas une revue érotique pour ados ? Nourrissant les fantasmes, provoquant l'imaginaire sexuel des moins de 15 ans en leur montrant des photos peu explicites, mais excitantes pour eux. Nous, les adultes, avons vu et voyons les phénomènes ados style boys band, stars d'Hollywood et petits minets de nos yeux d'adultes compatissants. On se dit que c'est bien mignon et innocent tout ça, mais en fait, on ne se rend pas compte que ce qui se joue là a peut-être des répercussions profondes. Et je me demande si cette tendance à surexposer les petites jeunes aux muscles, pantalons très courts et formes impudiques ne contribue pas aussi à développer le sexting, dont avait déjà parlé Maud Destouches sur Fluctuat. Je ne suis pas pédopsychiatre, mais je me dis que tout ce marketing pipolo-sexuel dont sont abreuvés les petits jeunes participe énormément à leur sexualité, comme ça, dans le silence de leurs chambres d'ados.



Las lagrimas de Eros : désir, érotisme et mort

Posté par Mon Missionnaire le 23.10.09 à 13:24 | tags : événement, auberge espagnole, art et sexe, eros
Ceux qui sont allés à Madrid vous diront souvent qu'ils ont adoré le Musée du Prado, qui rassemble les plus grands chefs-d'oeuvre de la peinture espagnole, mais aussi le Reina Sofia, l'équivalent de notre bon vieux Centre Georges Pompidou. Les deux musées figurent parmi les plus importants d'Europe, au point d'éclipser le troisième grand musée madrilène, souvent boudé par les touristes : le Thyssen-Bornemisza. Je vous en parle parce que je l'ai visité et que je l'ai beaucoup aimé. Cette collection créée par la famille Thyssen au XXe siècle rassemble tous les courants d'art européen jusqu'au Pop Art, c'est vraiment impressionnant. Le musée organise aussi des expos, et parmi elles, "Les Larmes d'Eros".
C'est le livre de Georges Bataille qui a inspiré le titre. Les larmes d'Eros développe l'idée de la relation proche entre désir sexuel et instinct de mort, plus communément, les relations entre Eros et Thanatos. La tentation vue comme une prohibition et une transgression, le parallèle entre l'érotisme et la dévotion religieuse se retrouvent largement dans l'histoire de l'art. L'expo rassemble surtout des peintures européennes du XIXe siècle et des sculptures de l'époque (Canova, Ingres, Delacroix, Rodin...), mais aussi des oeuvres baroques (Le Bernin, Rubens...) et modernes, du surréalisme à la photo contemporaine.
Les thèmes sont très intéressants puisqu'ils suivent l'histoire de l'art à travers l'érotisme et la mort : la Naissance de Vénus, Eve et le Serpent, la Tentation de Saint-Antoine, le Sommeil ou le Baiser, Marie-Madeleine et le crâne ou les belles suicidées, comme Cléopâtre et Ophélie. L'expo permet également de constater que ces thèmes, même s'ils peuvent paraître antiques, restent très contemporains, à l'image de cette photographie de Rachel Weisz prise par David White, qui rappelle que le Jardin d'Eden n'est finalement pas très éloigné de nos propres symboles.

Las Lagrimas de Eros, Musée Thyssen-Bornemisza, du 20 octobre 2009 au 31 janvier 2010, Madrid



Le pouvoir des beaux

Posté par Mon Missionnaire le 22.10.09 à 13:40 | tags : sexe et société, hot tv, décalé, femme, auberge espagnole
Avant-hier, je glande devant la télé, à regarder une drôle de rubrique dans une émission humoristique espagnole. Pepi la fea, ou Pepi la moche, c'est une femme très belle mais qui a assez de courage pour s'enlaidir terriblement et faire des caméras cachées avec lunettes en cul de bouteille et grosses fesses. Elle interpelle les hommes dans la rue, qui très souvent, ne la calculent pas. Là où ça devient intéressant, c'est qu'elle fait exactement la même chose, mais en version belle. Et évidemment, les réactions sont tout à fait différentes.
Dans cette vidéo assez compréhensible pour un non hispanophone, Pepi la fea offre des "free hugs", ce qui est somme toute assez banal. Alors que la belle reçoit des embrassades à la pelle (il y a même des hommes qui reviennent) et des "guapa", "guapissima" à la volée, la moche se fait passablement ignorer, pousser et autres marques de mépris total. En général, les caméras cachées de Pepi sont très efficaces car ça marche à chaque fois. Quand elle joue la nunuche jolie qui n'arrive pas à réparer sa voiture, elle a des hommes de partout prêts à l'aider, voire à la déposer, même si sa destination se trouve à une cinquantaine de kilomètres.

Que peut-il bien se passer dans la tête des hommes à ce moment-là ? A mon avis, une réaction décérébrée. Pas calculée, improvisée. Comme lorsqu'une jolie fille vous demande une cigarette dans la rue. Vous avez acheté le paquet très cher, mais votre premier geste sera de sortir directement la cigarette + le briquet. En tant que fumeur, je suis moi-même tombé dans le piège, à donner des cigarettes dans la rue aux jolies filles mais pas aux moches. Et en tant qu'ancien barman, j'en ai vu, des jolies minois, venir me flatter et supporter ma conversation dans l'espoir d'avoir un verre gratuit, et là, il n'y avait pas moyen, je réalisais avec sang-froid que tenter de me séduire pour obtenir quelque chose, très peu pour moi.

Je me demande donc jusqu'à quel point les gens beaux savent utiliser leur charme. C'est en se demandant comment une femme politique comme Ségolène Royal, très belle et de prime abord (de prime abord seulement) intelligente, a pu perdre contre un homme un peu petit et pas très beau comme Nicolas Sarkozy qu'on réalise que la question est complexe. Le physique aide ? Oui, on l'avait déjà vu, à être mieux payé, à réussir dans la vie, à être respecté des gens. Mais, pour autant, un moche est-il condamné ? Je ne crois pas.
Reste que la réussite par la beauté est très limitée. Et que tout dépend de la démarche. Une fille qui croit que tout lui sera fourni sur un plateau sous prétexte qu'elle sait rouler des fesses ira moins loin que celle qui semble avoir un charme ingénu, ou qu'une moche intelligente et déterminée. Et si la décision de donner un poste à responsabilités à une fille plus jolie qu'une autre est superficielle, elle reste néanmoins très humaine. Mais le barman que j'étais se refusera toujours à rincer une belle femme de verres sous prétexte qu'elle me fait des petits clins d'oeil.



Maman-Papa, Maman-Maman, Papa-Papa

Posté par Mon Missionnaire le 16.10.09 à 17:38 | tags : auberge espagnole, teens, sexe et société, lesbien, hot tv, gay
Ca fait plaisir d'habiter en Andalousie quand on voit ce genre de vidéos. Un programme pour enfants financé par la Junta de Andalucia, le Conseil régional en quelque sorte. Ca s'appelle Andaluna et Samir, ça passe à la télé locale. Sur le site, les hispanophones pourront lire les textes sur les problèmes sociaux espagnols et les valeurs défendues par ce programme. Pour l'égalité des sexes, l'intégration des étrangers et des handicapés, le respect de l'environnement. Contre les violences et la maltraitance infantile. Et la liste des droits est mignonne comme tout.
Dans cette vidéo, les petits chanteurs militent pour la reconnaissance de toutes les familles : qu'on ait un père et une mère, juste un parent, deux pères ou deux mères, tous les enfants grandissent avec de l'amour.
Et puis faut dire que c'est mieux que les envies de pénis que Winnie suscite aux petites filles.



Espagnols, bons coups ; Allemands, rhabillez-vous !

Posté par Mon Missionnaire le 01.10.09 à 15:28 | tags : vécu, homme, auberge espagnole, micro-trottoir
Y a-t-il, parmi les lectrices de SLG, une chanceuse qui a testé l'amour avec un Espagnol ? Qui a senti la passion ibère, les coups de reins qui, comme à la corrida, finissent par un "olé" enthousiaste ? Vivant en Espagne depuis bientôt deux ans, j'ai eu quelques expériences avec les envoûtantes Espagnoles, mais pas du côté masculin.
Car, en plus, un site internet anglais de sondages nous ressort la typique étude clichée du jour, à savoir, dans quelle nationalité se trouvent les meilleurs amants. Et, devinez quoi, les Espagnols sont en tête. Suivi de près par les Italiens et les Brésiliens. Mais en quatrième place, qui c'est qu'on trouve ? Je vous le donne en mille : les Français. Le taureau a eu raison de l'amour à l'italienne, de la samba et du coq.
Ce sondage aurait été mené auprès de 15 000 femmes de 20 pays différents et nous avons donc un Top 10 et un Flop 10. Attention, y a du bon cliché bien cliché :

Les meilleurs amants du monde
- Espagnols
- Italiens
- Brésiliens
- Français
- Irlandais
- Sud-Africains
- Australiens
- Néo-Zélandais
- Danois
- Canadiens

Les pires amants du monde
- Allemands (puent)
- Anglais (paresseux)
- Suédois (rapides)
- Hollandais (dominateurs)
- Américains (brutes)
- Grecs (cul-cul la praline)
- Gallois (égoïstes)
- Ecossais (bruyants)
- Turcs (suants)
- Russes (poilus)

Je vous avais prévenus, c'est du lourd. Allez savoir pourquoi, les premiers du top sont tous de culture latine, et les premiers du flop de culture anglo-saxonne ou protestante. Au final, on se demande si l'apprentissage de la sexualité se lie sans le vouloir aux religions, ou si c'est la nationalité qui compte. Mais en fait, quelle femme peut dire qu'elle a couché avec assez d'Allemands pour donner son avis sur leurs moeurs sexuelles ? Racontez-moi dans les commentaires vos expériences avec des étrangers, je suis curieux. Et surtout, de quelle nationalité a été votre meilleur amant étranger.



Almodovar a fait un cunnilingus

Posté par Mon Missionnaire le 22.05.09 à 16:48 | tags : people, média, sexe et cinéma, cunni, auberge espagnole
De passage à Cannes pour présenter son dernier film Les Etreintes brisées, dont on peut lire la critique ici, Pedro Almodovar a parlé, lors de la conférence de presse, d'un cunnilingus effectué pour les besoins du tournage de son cinquième film (qui pourrait être Qu'est-ce que j'ai fait pour meriter ca ? ou Matador). Vidéo.
Comment expliquer ? En arrivant en Espagne, j'ai d'abord trouvé l'humour plutôt vulgaire. Celui qui sévit chez les Ibères a tendance à ressembler à celui de Groland, dans l'aspect très cul. Et ma culture de français cultivé et ôôôô combien distingué en a pris un sacré coup. C'est vrai que par chez nous, lorsqu'il s'agit de rire à propos de nos moeurs sexuelles, on a tendance à le faire de façon feutrée, avec des sous-entendus et des questions dont les réponses sont évidentes, mais drôles à faire des "huhuhu" derrière sa main. Je ne dis pas que nous sommes coincés en France, mais en Espagne, l'humour est beaucoup plus sexuel que, par exemple, la scatologie française, qui nous fait dire "merde" au lieu du "foutre" (joder) espagnol.
Autre donnée capitale : en Espagne, on adore exagérer. Finalement, ce qu'annonce Almodovar a tout de la bonne blague espagnole, il suffit de voir l'expression sceptique de Penélope Cruz pour s'en convaincre. Et le sens de l'exagération me fait penser que mimer le baiser du clitoris vaut autant pour Pedro Almodovar que s'il avait effectué un véritable cunnilingus. Pas de soucis, donc : c'est une blague.

Voir aussi : toute l'actu du Festival de Cannes



Petit meurtre entre gays

Posté par Mon Missionnaire le 17.04.09 à 12:13 | tags : vécu, auberge espagnole, sexe et société, gay
On en a parlé pas mal hier en Espagne, autant que de l'arrogance de Nicolas Sarkozy envers Zapatero. Un homosexuel a été assassiné par son ex-mari à Adra, en Andalousie. C'est la première fois que l'Espagne vit une histoire de violence conjugale dans un couple de même sexe. La victime, qui avait 34 ans, a été retrouvée poignardée et son assassin, d'origine marocaine, était son ex-mari : le couple était séparé depuis deux mois. Le meurtrier s'est suicidé après avoir commis cet acte, l'enquête devrait donc tenter d'en déterminer les raisons.

La ville d'Adra, vraisemblablement sous le choc, a déclaré être en deuil et toute l'Espagne s'est émue. Dans le pays où le mot machisme a été inventé, les violences conjugales ont généralement tendance à fortement choquer l'opinion. Le nombre de femmes victimes de la violence de leur conjoint est beaucoup moins important qu'en France, et pourtant : le gouvernement a fait voter une loi en 2004, pionnière en Europe, sur la protection des victimes de violences entre conjoints. Mais grosse bourde : cette loi a été votée avant celle autorisant le mariage gay. Et elle fait uniquement mention des femmes victimes de violences conjugales. Serait-ce donc un effet du machisme, de faire une loi destinée uniquement aux femmes, sans penser une seconde que les hommes également peuvent être victimes de violences de la part de leur conjointe ?

Dans l'histoire du meurtre entre gays, le Président de la Cour de justice d'Almeria, Benito Galvez, a donc déclaré que, si le meurtrier était encore vivant, il aurait pu être accusé de meurtre, mais pas de violence domestique. L'accusation aurait été portée uniquement pour un couple hétérosexuel, ou un couple de lesbiennes ! Une étude de 2008, menée dans le cadre d'un projet anti-violence à New York, avait révélé que la violence domestique était quasiment égale entre couples hétéros et gays. La loi espagnole semble donc bien partie pour être modifiée, si de telles histoires se répètent.



L'auberge espagnole : avorter sans raison ?

Posté par Mon Missionnaire le 30.03.09 à 14:09 | tags : sexe et société, auberge espagnole
Un événement capital en Espagne se fait entendre depuis quelques temps. A Grenade, les trompettes sonnent ici et là, les tambours tremblent, des groupes d'hommes se réunissent autour des églises tous les soirs. La semaine sainte, c'est pour bientôt, et les confréries qui organisent les célèbres processions se mettent déjà en branle. On les voit donc, visages découverts, porter les statues cachées, sous les ordres de leur chef, faire des maoeuvres, tourner, poser et soulever l'énorme charge. En fait, ils répètent, histoire que tout soit parfait pendant Pâques, et surtout, pour éviter de faire tomber la précieuse statue sainte du Christ ou de la Vierge.

Mais je me demande : s'ils répètent ainsi chaque année, n'y a-t-il pas un moment où l'entraînement n'est plus nécessaire, où les porteurs du dimanche deviennent des pénitents professionnels et bien formés ? Si j'avais tendance à être très impressionné l'année dernière par ces manifestations religieuses, aujourd'hui, elles ont plus le don de m'agacer. Surtout qu'hier, il y a eu un autre type de manifestation.

Ils étaient environ 2 500 à manifester à Grenade, ce qui est un grand succès, comparé aux environ 20 000 de Madrid. Et en plus, il pleuvait. Réunis près de chez moi, c'étaient les zélés pro-vie, ou pour être plus juste, les anti-avortement à l'action. A l'appel de la puissante Eglise catholique espagnole et de nombreuses associations, ils étaient tous habillés de rouge, avec leurs affiches de femmes enceintes, fiers de montrer les enfants qu'ils ont conçu, tous réunis pour sauver des vies. Et ils étaient là pour une raison : empêcher le gouvernement de réformer l'avortement. Depuis que Zapatero est au pouvoir, l'Eglise espagnole a dû ravaler le mariage et l'adoption gay, mais surtout la réforme de l'éducation, qui a mis fin au catéchisme à l'école pour le remplacer par l'éducation civique. L'Eglise perd donc en influence politique, mais a toujours le pouvoir de rameuter les foules en Espagne, et s'appuie sur cela pour mettre la pression sur le gouvernement. Mais contre quoi, au juste ?

Contre le fait que l'avortement, tout simplement, va devenir libre. Aujourd'hui, une femme qui veut avorter en Espagne doit se justifier. Si elle a été victime de viol, si le bébé est malformé ou s'il met en danger sa mère, l'avortement est justifié. Mais il y a aussi la simple raison physique ou psychologique : c'est plus de 90% des avortements. Depuis sa dépénalisation, l'avortement a même considérablement baissé. Or, le gouvernement, dans un souci de liberté, souhaite mettre fin à cela. Plus de justification à fournir, et pour les mineures, plus d'obligation de venir avec ses parents. A vrai dire, l'Espagne autorise le mariage gay mais interdit aux femmes d'avorter librement, ce n'est pas très logique. L'Eglise demande le statu quo, évidemment, mais déclare la guerre à l'avortement tout court. On a donc, depuis plusieurs semaines, le sentiment étrange de revenir en arrière, au temps où l'avortement faisait encore vraiment polémique. Avec des affiches de ce genre placardées partout, qui font croire qu'avorter, c'est donner moins d'importance à une vie humaine qu'à une vie animale. L'Eglise espagnole apporte une preuve de plus qu'elle est, après l'Eglise de Rome, l'une des plus rétrogrades au monde (rappelons que c'est en Espagne que sont nés l'Inquisition, l'Opus Dei, les Jésuites...). Tristement, en temps que laïc franchouillard, j'en arrive même à ne plus supporter ces cérémonies d'un autre siècle pendant la semaine sainte. J'y voyais un patrimoine vivant, mais aujourd'hui, j'y trouve plus la manifestation de personnes conservatrices, attachées aux traditions au point de refaire chaque année la même chose sans se lasser. Si pour l'église espagnole, la religion consiste à suivre des statues aux visages dépressifs et empêcher les femmes de disposer de leurs propres libertés, je crois que pendant la semaine sainte, j'irai me faire dorer à la plage. 

Voir aussi : La capote, c'est drôle



L'auberge espagnole : ¡A bailar!

Posté par Mon Missionnaire le 29.01.09 à 15:07 | tags : érotique, hot tv, auberge espagnole, bdsm
Ma difficile condition de pigiste me fait essentiellement travailler de chez moi. La radio est mon fond sonore, le plus souvent, mais de temps en temps, c'est la télé. Je l'allume, et la laisse allumée en même temps que je traîne sur Internet. Et en Espagne, la télé diffère beaucoup de la télévision française. Pas pour le fait qu'elle compte 37 fois plus de publicités, presque aucun reportage, des journaux télé un peu plus intéressants. Si la plupart du temps, c'est un peu chiant, il y a un programme qui a réussi à attirer mon attention inattentionnée : Fama ¡A bailar!   

Diffusé sur la chaîne Cuatro, l'ancienne Canal + España, sûrement l'une des meilleures chaînes : elle diffuse des séries américaines, va bientôt adapter le Saturday Night Live et propose le plus de nouveaux programmes, certains vraiment intéressants. Mais Fama ¡A bailar!, ce n'est pas vraiment le meilleur de Cuatro. Une sorte de Star Academy de la danse, avec une vingtaine d'élèves, des professeurs de funk ou de danse lyrique, de "jip-jop" ou d'"estrit dans'". C'est la deuxième édition, parce que la première a très bien fonctionné : ça passe après le déjeuner, vers 15h. Normalement une case sans audience, réservée aux femmes au foyer (et à ceux qui travaillent chez eux). Désormais, les enfants et les ados la squattent en force et les audiences peuvent atteindre les 20% de parts de marché (ce n'est pas TF1, mais c'est très bien en Espagne). Cuatro a fait passer l'émission d'hebdomadaire en quotidienne d'1h30, avec un best of le dimanche. Ca fait beaucoup.

Le truc, c'est que Fama me donne vraiment l'impression de simuler le sérieux et le pro juste pour montrer des bouts de peau. Il y a des épreuves, des cours à longueur de temps ; on apprend des choses, mais en gros, le téléspectateur passe son temps à se rincer l'oeil. L'exemple le plus emblématique a été diffusé très récemment, je vous laisse admirer (à regarder en haute qualité).

*Petite toux gênée* Bon, il faut préciser quand même que la jolie brune du milieu à gauche (qui n'est pas toujours synchro, ou alors ce sont les élèves) est en fait Marbelys, la professeure de danse lyrique. Et comme vous voyez, elle est aussi désirable qu'excellente en lyrique. Chaque jour, c'est la même chose : une débauche de corps de rêve à demi nus, aussi bien féminins que masculins. Des jambes souples sur des abdominaux, des tailles fines enserrées par des bras forts, de la sueur et des chorégraphies qui ressemblent beaucoup à du sexe simulé. Personnellement, je ressors souvent de cette émission avec un taux de testostérone qui ferait plaisir à une banque de sperme.

Deuxième vidéo : l'année dernière, Rafa le prof de funk, un excentrique qui parle fort, crée cette chorégraphie pour quelques-uns des concurrents masculins. Des chiens, un fouet, Marilyn Manson, du cuir, on est en plein trip sado-maso. Et apparemment, les gosses adorent, donc :

Je crois que Fama ¡A bailar! a réussi un pari : faire dans le sexy et le racoleur sans être aussi vulgaire que du Morandini années 90. Chaque jour, on a le droit à la célébration de la vie, de la beauté et de l'érotisme du corps humain à la télé. Chaque jour, des Appolons et des Vénus se dévoilent sans pudeur aux yeux des majeurs et des mineurs, dans une fête dyonisiaque mais professionnelle. J'aurais pu m'étendre encore sur la participante brésilienne ou la magnifique Cubaine, mais je crois qu'on va s'arrêter là. Après tout, je suis censé bosser.



Les différentes formes du pénis

Posté par Mon Missionnaire le 16.12.08 à 11:56 | tags : auberge espagnole, décalé, homme, bite
Qu'est-ce qui différencie un pénis d'un autre ? Qui peut dire, objectivement, qu'une bite est plus jolie qu'une autre ? Que la largeur ou l'épaisseur est parfaite, que le gland est mieux caché que découvert, qu'on préfère avec veines ou sans veines apparentes. Le pénis est un monde énorme, où la moitié de l'humanité peut affirmer sans honte : oui, mon pénis est original. Aucun autre ne lui ressemble.
Ca doit sans doute être vrai, je n'ai pas vu assez de pénis dans ma vie pour ainsi affirmer que chacune d'entre elle est particulière. J'ai néanmoins trouvé sur un bon blog espagnol un catalogue de pénis, classés selon les tailles et les morphologies, et bien entendu, d'autres critères. Pour vous prouver que mon niveau d'espagnol s'est amélioré depuis que je me suis expatrié, voici donc une traduction en bonne et due forme.
Pénis "standard" ou "droit" : c'est la plus commune de toutes, mais aussi la plus recherchée. Elle se caractérise par sa beauté esthétique, selon les canons de beauté actuels. Elles ne sont jamais passées de mode. Si vous en trouvez une, ne la lâchez pas.

Pénis "le barillet" ou "le gond" : elle est grosse mais assez petite. Elle est même trop grosse par rapport à sa longueur. Son propriétaire, en en parlant, ne fera jamais référence à sa longueur, mais dira qu'elle est grande.

Pénis "la flûte" ou "le crayon"
: On appelle ainsi les bites dont le gland se termine en pointe, au lieu de la forme arrondie habituelle. Elle a une forme triangulaire caractéristique. Son propriétaire affirmera également qu'il en a une grande, mais il a plus tendance à parler en centimètres.
Pénis "incliné vers le haut" : C'est assez courant de rencontrer ce type de pénis. Son inclinaison peut la rendre plus ou moins agréable. Un conseil : pour une meilleure fellation, il faut diriger la bouche vers le bas, ça entrera mieux.

Pénis "incliné vers le bas" ou "la griffe"
: elle n'est peut-être pas la plus jolie, mais elle facilite pas mal la fellation. C'est la version exagérée du pénis courbé vers le bas. Un autre conseil : mieux vaut ne pas essayer de diriger la bouche vers le bas. Certains disent qu'elles sont plus commodes lorsqu'il s'agit de sodomie que les autres.

Pénis "incliné vers un côté" ou "le boomerang" : presque tous les pénis connus se présentent ainsi. Ce sont les bites typiquement tordues vers un côté ou un autre. On dit que l'inclinaison dépend de la main avec laquelle son propriétaire se masturbe.

Pénis "hélocoïdal" ou "la vis" : le véritable pénis hélocoïdal est celui où la fellation commence normalement et finit la bouche inclinée vers le bas. Ca paraît bizarre, mais elles existent.
Pénis "le champignon", "l'allumette" ou "à grosse tête" : se caractérise par un gland disproportionné par rapport au reste du corps du pénis. Dans "l'allumette", le gland est gigantesque et le prépuce le serre, voire l'étrangle, au niveau de la couronne, provoquant l'effet beaucoup plus visible de "la grosse tête". Sur cela, nous dirons que, concernant la fellation, on a l'impression de sucer que le bout.

Pénis "le cône" ou "la pyramide" : dans cette catégorie, les bites ont une base peu commune, mais en allant vers la pointe, la grosseur diminue dramatiquement. On trouve des glands qui ont la taille d'un ongle. Certains disent que ce sont celles qui entrent plus facilement (dans le cul, bien sûr).

Pénis "le globe" ou "la quille"
: Ca, c'est l'oiseau rare. Elles sont anormalement larges à mi-chemin du corps du pénis et diminuent en montant, la base et la gland sont normaux. On rencontre ce genre de spécimens assez souvent.

Il y en a beaucoup d'autres, comme le pénis "flèche", fin à la base avec un gland en forme d'harpon ; la bite "cactus", avec des rugosités qui la trahissent. Le pénis "petit gâteau", qu'on appelle aussi "le salami" ou "le tronc", qui a la même taille à la base et au bout ; la bite "portemine", d'épaisseur très fine ; et bien entendu, il y a également des combinaisons : par exemple, on peut avoir une bite allumette-mine-crayon qui, en plus de faire peur, pourrait être rebaptisée "la lance"...



L'auberge espagnole : l'amour n'a pas d'âge

Posté par Mon Missionnaire le 26.11.08 à 16:19 | tags : amour, auberge espagnole, décalé, people, sexe et société

Vous savez sûrement que les Espagnols raffolent de ce qu'ils appellent "la presse du coeur" (prensa del corazón) : une sorte de presse people mais où l'on ne vous raconte pas de bobards, où l'on ne vous montre pas les stars au réveil etc. En vérité, c'est assez appréciable : le pays tout entier suit des histoires de coeur qui durent des mois, des sortes de telenovelas à rebondissements, et souvent à mourir de rire, si elles ne sont pas pathétiques. En Espagne, on s'en fout qu'Ashlee Simpson veuille appeler son enfant "Bronx Mowgli" et en vérité, c'est vrai que la presse people a beaucoup plus de consistance lorsqu'on traverse les Pyrénées.

Qui ne connaît pas "Cayetana" ne connaît pas l'Espagne. La Duchesse d'Alba, c'est l'une des plus grandes fortunes d'Espagne, la femme qui possède le plus de titres de noblesse au monde : 52, plus qu'Elisabeth II. 5 fois duchesse, 14 fois Grande d'Espagne, ouch ! La légende affirme qu'elle pourrait traverser l'Espagne du nord au sud sans quitter ses propriétés (elle bénéficie même d'un gros cachet de l'UE au titre de la PAC). Bien évidemment, elle a un palais en plein centre de Madrid, digne de rendre la famille royale jalouse. Son ancêtre serait la fameuse "maja desnuda" peinte par Goya, une noble femme connue à l'époque pour son esprit libre et rebelle.

Sa descendante a 82 ans, six enfants, veuve après les décès de ses deux maris. Elle aurait pu choisir de couler des jours tranquilles et solitaires dans ses propriétés, mais non. La Duchesse d'Alba est amoureuse ! D'Alfonso Diez, un "jeune" fonctionnaire de 25 ans moins âgé. Discret, on ne le voit pas beaucoup en photos (l'illus ci-contre est d'ailleurs l'une des seules images du couple). Depuis qu'il l'a croisée, Alfonso est fou de la riche dame et malgré ses multiples liftings, sa diction inaudible et son visage à vous faire peur, il veut passer la fin de ses jours avec celle qu'il appelle sa "porcelaine". L'heureux couple souhaite convoler en douces noces, mais les enfants de l'ancêtre ne voient pas la chose ainsi.

Persuadés que le bel Alfonso n'en veut qu'aux richesses de maman, et peu prompts à partager le lourd héritage, les médias se font l'écho depuis deux mois des attaques incessantes entre la mère et ses six enfants. Il faut dire que la Duchesse d'Alba est de toutes les fêtes officielles, les galas et manifestations pour riches, et qu'elle ne manque pas à chaque occasion de lancer via les journalistes des petites piques envers ses enfants. Sûre de son amour, elle ne voit pas pourquoi ceux-ci l'empêcheraient de se marier, eux qui ont quasiment tous divorcé. Mais il y a un mois, après une entrevue avec la Reine d'Espagne, Cayetana a publiquement annoncé qu'elle renonçait à son mariage, mais pas à l'amour qu'elle porte à Alfonso.

Aujourd'hui les Espagnols se régalent toujours autant de ses petites aventures, le feuilleton passé. Il faut dire que le peuple est particulièrement attaché à cette vieille duchesse amoureuse, qu'on l'adore ou qu'on se moque, les sondages révèlent qu'ils étaient en majorité pour son mariage. Curieux pays, vraiment, qui mélange questions de société, amour et chroniques des palais.




L'auberge espagnole : Finesse de la langue hispanique

Posté par Mon Missionnaire le 23.10.08 à 16:44 | tags : auberge espagnole, décalé, lexique
Presqu'un an que j'habite en Espagne. Autour de moi on parle français, anglais et évidemment, espagnol. Même si j'avais des bases scolaires, je me suis très vite rendu compte que de l'enseignement à la parole, de la conjugaison à la pratique, du "¿qué tal?" au "¿qué pasa, tío?", il y a une frontière aussi grande que le Guadalquivir. Et finalement, c'est assez excitant, voire passionnant, de découvrir une langue de l'intérieur, ses expressions, de les utiliser même. Ca vous fait sentir un peu de la maison, ça vous complaît dans l'auto-satisfaction du type qui gère. Mais surtout, ça vous donne à découvrir une culture linguistique assez spéciale. Et en Espagne, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on sait se jouer de la vulgarité. Ici, on peut prononcer des gros mots devant des personnes âgées, on peut faire des blagues de cul sans que personne ne soit choqué et l'on peut jouer avec l'espagnol, qui donne beaucoup plus de possibilités, sexuellement parlant, que les "merde" et "chiant" français, si caractéristiques de notre goût pour la scatologie. Voici donc un petit résumé de mes apprentissages linguistiques, après un an d'immersion.

Le sexe féminin
Plus souvent appelé par son nom usuel, coño, qui signifie "con" en français, le sexe féminin devient une interjection placée un peu partout, en début ou milieu de phrase, pour marquer l'étonnement, le plus souvent, ou la joie, l'énervement etc... comme dans le sud de la France. Là, il devient une sorte d'équivalent au "putain" français. D'ailleurs, le coñazo, en d'autres mots "chatte géante", désigne une activité qu'on a pas du tout envie de faire. Et le pendejo, c'est le poil de pubis, ou l'andouille de service. Après, bien sûr, les Espagnols ont mille autres mots pour désigner cette merveille de la nature : "lapin" (conejo), "palourde" (almeja), "coquille" (concha), et mon préféré, el chocho !

Le sexe masculin

La polla (bite) ressemble au pollo (poulet) et les lapsus révélateurs sont fréquents. En fait, ça signifie qu'en espagnol, le pénis est une poule, allez savoir pourquoi. Dans le nord de l'Espagne, on utilisera carajo, dans ces cas-là comme "foutre" en français. Pene et verga (pénis et verge) existent bien entendu, mais sont tellement propres qu'ils ne sont pas drôles. On s'amusera plutôt à prendre des mots dérivés du bois, comme tranca, qui signifie bûche.

Faire l'amour
Alors là, une liste serait trop longue. Le plus important serait de savoir que l'on appelle cela follar en Espagne, mais que la richesse latine-américaine en a donné beaucoup plus. Enculer se dit "culear" mais on dira plus souvent "dar por el culo" (donner par le cul). Parce qu'en espagnol, faire l'amour, c'est donner, devant ou derrière. "Va te faire foutre !" se dit donc simplement "¡Que te den!", qu'ils te donnent (ils sont plusieurs, quelle générosité).

Autres mots
Tout le monde connaît, bien sûr, le fameux ¡Joder!, sorti à tout bout de champ en Espagne, à la manière de coño. Mais il y en est de tout aussi appréciables, et moins connus, comme gilipollas, un équivalent au "con" français (d'ailleurs, le "Pauvre con !" de Nicolas Sarkozy fut littéralement traduit "¡Pobre gilipollas!" dans tous les médias espagnols). Plus obscur qu'en français, puisque personne ne sait exactement d'où vient ce mot. On reconnait le "polla", on sait que ça veut dire "idiot", mais on ne connaît pas "gili". Par contre, dites-le une fois devant plusieurs Espagnols, et tout le monde se mettra à rire, et ça non plus, vous ne comprendrez pas pourquoi.  

Les expressions

C'est là que la richesse de la langue espagnole s'exprime le mieux. Son inventivité m'étonnera toujours, tout le monde peut se faire ses propres expressions pour faire rire la galerie, qu'elles soient clairement vulgaires ou spirituelles. Un exemple qui est devenu générique : echar un polvo, qui signifie tirer un coup, mais littéralement, c'est "lancer une poussière". Il y eut une époque où la mode, au sein de la noblesse espagnole, voulait qu'on sniffe de la poudre de tabac. Elle était censée dégager les voies respiratoires et faire du bien. Mais il fallait bien éternuer ensuite, ce qui était très mal vu. On allait donc souvent à l'écart pour se sniffer du tabac, ce pour quoi l'on pouvait aussi inviter une dame. Et l'esprit pervers ibérique a imaginé le reste.



L'auberge espagnole : Prostituées et "puticlubs"

Posté par Mon Missionnaire le 11.09.08 à 16:46 | tags : auberge espagnole, chiffre, pute, sexe et société, sexe-shop
Ils agrémentent les autoroutes, sont parfois perdus dans la cambrousse et restent une particularité bien espagnole : le "puticlub" (prononcez pouticloub). Un édifice coloré et un peu kitsch, inchangé depuis les années 70, accueillent les visiteurs avec ses néons énormes en forme de danseuse ou pour simplement écrire "Club" en grosses lettres rose flashy. Il porte un nom souvent ridicule, comme "Las angeles de Charlie". Il faut dire qu'avec le souffle de liberté qui traverse toute l'Espagne après la mort de Franco, il y a un gros filon à exploiter : la prostitution. Le proxénétisme est interdit pour lutter contre "l'exploitation des personnes". Pour autant, les prostituées ne sont pas reconnues, ne paient pas d'impôts et n'ont pas de Sécu. Alors on invente le puticlub.

Un lieu en forme de bordel (on l'appelle également "burdel" d'ailleurs), avec bar, femmes de compagnie et chambres de divertissement. Très vite, ces maisons du plaisir engrangent l'argent et poussent comme des champignons dans toute le pays. Il y a même des villages qui n'ont aucun autre commerce que celui du sexe et bien entendu, les étrangers en raffolent (devinez d'où viennent les clients des puticlubs de Catalogne ?). Ces lieux ont en plus l'avantage de sauver les apparences : d'extérieur, on dirait un club comme un autre, si l'on ne connaît pas suffisamment l'Espagne et ses petits secrets.

Bien évidemment, les bordels n'empêchent pas la prostitution de se développer aussi dans les rues des villes, dans les bois ou tout autre lieu un peu discret. L'immigration récente des pays de l'Est, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine a même provoqué un bond ahurissant du nombre de prostituées en Espagne, aujourd'hui estimé à 100 000 officiellement (le même nombre qu'en Allemagne, mais avec deux fois moins d'habitants). Certains rapports vont jusqu'à affirmer que 300 000 femmes, hommes et transsexuels travaillent à donner du plaisir aux Espagnols. Un secteur financier qui représenterait 50 000 000 d'euros par jour !
Le commerce du sexe reste donc officiellement dénoncé, mais sans vraiment y croire. A Séville, la municipalité a récemment placardé ces affiches originales : "Tu vaux tellement peu que tu es obligé de payer ?", moyen de culpabiliser le client et non la prostituée. Une telle campagne a également eu lieu à Almeria. Mais à Madrid, les choses sont différentes. La Calle Montera, en plein centre de la capitale, voit gonfler le nombre de ses prostituées, à l'image de la rue Saint-Denis à Paris. Les riverains excédés ont eu recours aux grands moyens : des caméras. Filmant les scènes qui les choquent tant, ils publient les vidéos sur You Tube. L'histoire remonte dans la presse, l'Agence de protection de la vie privée enquête et finit par condamner les voisins à payer 600 euros. Les prostituées, si elles ne sont pas protégées par l'Etat, sont au moins sûres que les autorités préféreront toujours fermer les yeux sur cette originalité ibère.



Les couilles du taureau

Posté par Mon Missionnaire le 14.07.08 à 09:06 | tags : auberge espagnole, couille, décalé, hot tv, zoophile
C'est jour de fête en France aujourd'hui et je me désole moi-même de ne pas y être (pour une fois qu'on fait la fête). Parce qu'en Espagne, les traditions ont été mieux gardées et chaque mois apporte son lot de célébrations. Les fêtes nationales sont plutôt religieuses, sûrement dû au fait que l'Etat n'a jamais été laïc et républicain comme en France, mais surtout, jacobin. Il existe donc aussi un nombre énorme de fêtes locales, reproduites chaque année avec fierté par les habitants du coin, comme une preuve que, même dans le plus petit des patelins, on a une identité. La feria de Séville, les Fallas de Valence, le Carnaval de Cadix ou la San Isidro de Madrid ne sont que quelques exemples. Et la fête la plus connue des Espagnols et des touristes, occasionnant chaque année nombre de blessés, même des morts, c'est la San Fermin de Pamplona, qui s'achève aujourd'hui. La capitale de la Navarre voit déferler, pendant dix jours, trois millions de personnes pour y boire, faire la fête, assister aux processions et surtout, participer aux encierros.

Courir devant les taureaux qui participeront aux corridas est un exercice d'expert et malheureusement, nombre de touristes y participent sans respecter les consignes de sécurité. On les voit à la télé foncer littéralement sur les cornes des taureaux. Mais il en existe un autre, beaucoup plus gentil, c'est Señor Testis, qu'on aurait pu appeler aussi Señor Huevos. La mascotte de la fête, bleue, forte de ses énormes testicules (d'ailleurs, il lui manque autre chose). Il court dans la rue, ses couilles se balancent malgré la colle, mais il n'a malheureusement pas autant de succès que les vrais taureaux. Il n'empêche : il faudrait remplacer tous ces taureaux noirs et énormes par des Señores Testis bleus, ça permettrait de s'amuser sans dangers. Et la corrida ne serait plus un bain de sang.
Bonne fête ! 



Les personnes âgées ont une meilleure sexualité

Posté par Mon Missionnaire le 09.07.08 à 12:34 | tags : aphrodisiaque, auberge espagnole, décalé, sexe et société
Saviez-vous que l'Andalousie est presque aussi grande que le Portugal ? Dans le sud de l'Espagne, cette région obèse prend toute la place, et évidemment, il y a tellement de choses à voir que je pars souvent à la découverte des alentours de Grenade. Le week-end dernier, donc, nous étions littéralement allongés au Cap de la chatte (Cabo de gata), face à une mer déchainée, lorsque l'improbable se produit. Un couple sûrement cinquantenaire, nudistes sur une plage un peu déserte et sans enfants, se trémousse bizarrement dans la position des petites cuillères. Clairement en train de forniquer. Nous rigolons jusqu'à saturation, nous imaginant ce que donne la sexualité des sexagénaires, septuagénaires, octogénaires etc...
En fait, c'est impossible à imaginer, c'est juste en dehors de tout ce que nos yeux ont déjà vu, en dehors de ce qui est concevable. Je ne leur interdis pas de faire l'amour, après tout, la libération sexuelle profite à tout le monde. Et quand je n'aurai plus de dents, j'espère bien continuer au moins à faire l'amour. Surtout depuis que j'ai lu cet article du Figaro.

Le British Medical Journal publie les résultats d'une enquête menée par l'Université Gothenburg de Suède. Le but était d'évaluer les changements induits par la montée de l'espérance de vie. Pour cela, on a posé pleins de questions aux papys et aux mamies septuagénaires dans des séries d'entretiens réalisés à des années d'intervalle, entre les années 70 et aujourd'hui. Principale découverte : tout ce petit monde poivre et sel fait plus l'amour qu'avant. Les couples, les hommes seuls, les femmes seules, tous. Plus fort encore : la grande majorité des femmes dit connaître l'orgasme et le nombre de femmes qui ne le connaissent pas a considérablement réduit, passant de 41% en 1971 à 6% aujourd'hui. Les hommes sont néanmoins plus nombreux à se plaindre de leur vie sexuelle, mais les scientifiques présument qu'il y a moins de tabous qu'avant sur les problèmes de sexualité.

Une chose n'a pas changé : le nombre de femmes âgées seules est toujours considérable, difficile pour elles d'avoir une vie sexuelle. Donc, Mamie, si tu me lis, ne t'inquiète pas, ton Ernest t'attend sûrement à l'hospice pour une nuit de folie.



Les joueurs espagnols sexys

Posté par Mon Missionnaire le 23.06.08 à 16:47 | tags : auberge espagnole, buzz sexy, hot video, sexe et sport, tatouage
On le sait, Cristiano Ronaldo n'est pas le seul joueur sexy de l'Euro, loin de là (niark niark niark). Beaucoup d'autres joueurs de l'Euro 2008 méritent qu'on se consacre à leur corps, comme Ricardo Quaresma. Ou certains joueurs de la Roja espagnole, comme Cesc Fabregas ou Fernando Torres. Ils ont même tourné une publicité pour Nike que les femmes aimeront sûrement. Petit cadeau, donc, en espérant que l'Espagne gagne cette année. Parce que ça fait bien quarante ans que la Coupe n'est pas venue de ce côté des Pyrénées, et qu'ils le méritent bien, ces joueurs.



L'auberge espagnole : Sensualité et féminité du flamenco

Posté par Mon Missionnaire le 14.05.08 à 16:25 | tags : art et sexe, auberge espagnole, sexe et musique
Ca y est, je l'ai fait. C'était dur, parce que je n'étais pas tellement excité par la chose. Ca donne envie à tout le monde, et évidemment, on trouve le pire et le plus alléchant. Souvent, c'est très cher et ça ne vaut pas le coup. Rarement, c'est vraiment authentique et sensuel. Surtout, difficile de trouver une femme professionnelle vraiment sexy.

Mais voilà : j'ai vu mon premier concert de flamenco. C'était incroyablement beau, envoûtant, un enchaînement de frissons qui vous envahissent. C'est assez modeste, finalement : quelques guitares, voire une seule, une danseuse, des accompagnatrices et accompagnateurs. Mais le tout donne un style tellement cohérent et plein qu'on a du mal à y croire. Les mains battent à un rythme effrené, la guitare sature presque, les coups de talon sur le sol sont comme une invitation à la danse, une musique en soi.

Le flamenco joue beaucoup sur la sensualité que seule une femme peut rendre. Il existe des danseurs, des connus même, mais on ne retient finalement que ces longues robes moulantes, ces regards acérés lancés au public, ces talons qui tranchent le sol comme des lames. Derrière le regard dur de la danseuse, derrière ses mouvements brusques puis lentement éxécutés, derrière la longue robe à pois, on devine autre chose. A l'image de ces danseuses qui, souvent, vous montrent leurs jambes juste le temps d'un tour sur elles-mêmes, juste le temps de lever un peu le voile de pudeur. Derrière ce jeu digne d'une belle Carmen, j'ai trouvé, je crois, la feminité à l'état pur. Une féminité fière, sensuelle, séduisante et effrontée. Un peu réservée, mais définitivement prête à se mettre en colère et soutenir votre regard jusqu'au bout.
Cette danse, ce chant plaintif mêlé au son vif des claquements de mains ou de castagnettes, j'y ai vu l'âme même de l'Andalousie. L'histoire le fait remonter très loin, le flamenco : à la musique savante musulmane, aux cantiques mozarabes, aux berceuses juives et surtout, aux chants douloureux des Gitans. Mais trève de bavardages : je vous laisse avec cette vidéo de Sara Baras, l'une des plus célèbres danseuses de flamenco en Espagne. A voir jusqu'à la fin !



L'auberge espagnole : el costumbrista Jamón Jamón

Posté par Mon Missionnaire le 15.04.08 à 14:46 | tags : auberge espagnole, hot video, plan sexe, sexe et cinéma
C'était il y a bien longtemps, en 1992. Penelope Cruz et Javier Bardem se connaissaient sans doute à peine, ils jouaient pourtant ensemble une scène torride dans le film Jamón Jamón (Jambon, jambon) de Bigas Luna. Elle est encore toute jeune, fraîche et pas sophistiquée (L'Oréal n'est pas encore passé par là). Il est beau, fort et respire le sexe.

Je trouve qu'on reconnaît bien l'esprit espagnol dans cette scène : pas de peur, de l'insolence même, un désir qui éclate aux yeux des autres. A préciser : ce que Penelope Cruz utilise pour se protéger de la pluie, c'est le testicule du célèbre toro nacional parsemé le long des routes nationales. Emblématique.

Et on en vient au coeur du sujet : j'ai appris récemment ce que signifie "costumbrista". Une oeuvre d'art qui se réfère aux traditions et coutumes espagnoles, au mode de vie ibérique si particulier, c'est costumbrista. Mais depuis la movida et l'essor du cinéma en Espagne, cette tendance artistique séculaire est de plus en plus détournée. Aujourd'hui, réalisateurs ou autres reprennent des thèmes forts pour s'en moquer allègrement. Une sorte d'auto-dérision peu ou mal comprise à l'étranger. En fait, se protéger de la pluie avec une couille du taureau noir, c'est totalement costumbrista. Et Pedro Almodovar reste le maître et modèle en la matière.

¡Viva España!




L'auberge espagnole : sainteté et sexualité

Posté par Mon Missionnaire le 19.03.08 à 17:00 | tags : auberge espagnole, livre érotique, orgasme, vécu
Je ne sais si vous êtes au courant, mais les rues d'Espagne s'apprêtent, pour la Pâques, à grouiller de statues de figures religieuses énormes et baroques. Jésus, Marie, peut-être Joseph : les confréries religieuses sortent les icônes dans les rues pour se lamenter de la mort du Christ, avant de fêter Sa résurrection. Hier soir, donc, on répétait dans les rues de Grenade avant l'arrivée des milliers de touristes. Près de chez moi, des badauds en masse, les statues sacrées entourées d'or et de fleurs, une fanfare militaire qui joue des airs mélancoliques accompagnés d'un funeste tambour. Je pensais que j'allais trouver ça kitsch, et en fait pas du tout. C'est d'une beauté envoûtante, cette cérémonie, l'Histoire semble rugir devant nous, tandis qu'on admire les pénitents cagoulés tels des membres du Ku Klux Klan (un peu flippant sur les bords, d'ailleurs).

Le mysticisme, donc, s'empare de l'Espagne pour cinq jours. L'occasion, pour nous, de rendre hommage à l'héritage catholique que la péninsule a apporté au monde occidental. Et la figure de proue d'un tel légat, c'est Sainte Thérèse d'Avila. On apprend chez notre ami Wikipédia qu'elle a été élevée entre les romans et les édifiantes vies de saints. Qu'elle a déjà succombé à la tentation dans sa jeunesse avant que son père l'envoie au couvent, à Avila. Elle y trouve son bonheur, mais il semble aussi qu'elle n'arrête pas de souffrir de problèmes de santé. Bref, ce qu'on retiendra d'elle, ce sont son esprit réformateur et le fait qu'elle a vu tous ceux qui squattent le Paradis : Jésus, le Père, Marie, des saints, des anges, etc. Et surtout, surtout, un ange, dont elle parle dans sa biographie et qui a inspiré cette magnifique sculpture du Bernin. Je vous restitue ce passage littéraire resté célèbre :

"Je voyais dans les mains de cet ange un long dard qui était d'or, et dont la pointe en fer avait à l'extrémité un peu de feu. De temps en temps il le plongeait, me semblait-il, au travers de mon cœur, et l'enfonçait jusqu'aux entrailles ; en le retirant, il paraissait me les emporter avec ce dard, et me laissait tout, embrasée d'amour de Dieu.

La douleur de cette blessure était si vive, qu'elle m'arrachait ces gémissements dont je parlais tout à l'heure : mais si excessive était la suavité que me causait cette extrême douleur, que je ne pouvais ni en désirer la fin, ni trouver de bonheur hors de Dieu. Ce n'est pas une souffrance corporelle, mais toute spirituelle, quoique le corps ne laisse pas d'y participer un peu, et même à un haut degré. Il existe alors entre l'âme et Dieu un commerce d'amour ineffablement suave. Je supplie ce Dieu de bonté de le faire goûter à quiconque refuserait de croire à la vérité de mes paroles. Les jours où je me trouvais dans cet état, j'étais comme hors de moi ; j'aurais voulu ne rien voir, ne point parler, mais m'absorber délicieusement dans ma peine, que je considérais comme une gloire bien supérieure à toutes les gloires créées."

Sainte Thérèse d'Avila, carmélite réformatrice, docteur de l'Eglise, Chapitre XXIX

J'ai souligné en gras les quelques passages qui montrent combien l'extase spirituelle se rapproche des plaisirs charnels. Une jouissance telle qu'elle en vient à être douloureuse, ça resemble bien à un orgasme, non ? Et combien d'autres mystiques ont fait de même ! Angèle de Foligno nue au pied de la Croix, Catherine de Sienne, furieuse, criant "Amour, amour !" dans l'église, ou encore Madeleine de Pazzi, roulant dans la neige pour calmer le feu qui brûlait ses membres. Toutes réussissent à prouver une chose : on peut parler à Dieu comme on parle à son amant.



L'Auberge espagnole : Zapatero, el mas sexy ?

Posté par Mon Missionnaire le 07.03.08 à 14:49 | tags : auberge espagnole, politique, sexe et société
Je regardais la télé espagnole l'autre jour, alors que le deuxième débat entre Zapatero et Rajoy (le chef de l'opposition) allait commencer. Micro-trottoir d'une journaliste, elle demande à des Madrilènes pour qui voteront-ils. Une petite vieille : "ben, le plus moche". La journaliste, interloquée : "qui est le plus moche ?", et l'ancienne de répondre, en toute logique : "Rajoy, évidemment."

Ben ouais, Rajoy est moche, évidemment. Ca ne compte pas en politique, et il réussit à avoir un certain nombre de voix (la gauche est malgré tout en avance et donnée victorieuse). Mais pendant le débat, je crois que le physique a marqué. Le Président du gouvernement vous perce de ses yeux bleus en vous promettant que personne ne sera laissé de côté, il parle à la caméra avec ce ton décidé et ferme et vous êtes facilement convaincu. Le Président de l'opposition a un accent de paysan galicien, de la bave qui gicle de temps en temps et s'accumule sur les lèvres pendant qu'il assène des horreurs sur l'Espagne actuelle et ne propose rien. Deux débats, et les Espagnols ont systématiquement préféré Zapatero.

Bon, la beauté n'est certainement pas, cependant, ce qui pousse des électeurs au vote. Sinon, Ségolène Royal serait aujourd'hui à la place de Nicolas Sarkozy. Angela Merkel, dont les yeux de merlan frit rappelle la douce époque de la RDA, ne serait pas Chancelière aujourd'hui, et Gordon Brown, le Premier Ministre aux airs de chien battu, ne serait pas à la tête du gouvernement anglais. Quand je fouille les personnalités politiques internationales sur Fluctuat, aucune d'ailleurs n'est vraiment sexy, sauf peut-être Jens Stoltenberg, le Premier ministre norvégien.
La beauté ne fait pas tout, loin de là. Mais que se passerait-il si Mariano Rajoy ressemblait à un mannequin ? Les Espagnols l'écouteraient-ils avec plus d'intérêt ? Que se serait-il passé si Ségolène Royal (la "Zapatera" souvenez-vous) était un thon, aurait-elle eu 47% des voix au second tour ? (aurait-elle même été élue candidate du Parti Socialiste ?) Au Royaume-Uni, comment se fait-il que le charmant Tony Blair était plus populaire que l'ennuyeux Gordon Brown, alors que le premier a basé son succès sur la politique économique du second ? Enfin, si les Conseils de L'Europe ressemblaient à des concours de Mister et Miss, serions-nous plus intéressés par les négociations entre pays sur les quotas de pêche ? Peut-être. Tout ça pour vous dire que j'ai appris récemment que les Espagnols, si on leur proposait un verre avec une célébrité, choisiraient en tête de passer leur soirée avec leur Premier ministre, ainsi que Pénélope Cruz. Comme quoi, le charme, ça agit.



L'Auberge des Espagnoles

Posté par Mon Missionnaire le 28.02.08 à 16:50 | tags : auberge espagnole, drague, sexe et société
Je ne m'étais jamais vraiment frotté aux Espagnoles avant de venir m'installer au pays des tapas. Une fois, au petit bonheur la chance, je dragouille vaguement à une fête une étudiante de ma fac venant de Barcelone, la jolie Valentina.
Souriante, agréable toute la soirée et qui semble m'écouter : ouais, j'ai toutes mes chances, que je me dis. Le lendemain, j'apprends qu'elle s'est allègrement payé ma tronche auprès de mon pote, disant que j'étais un peu super-méga lourd et qu'elle espérait que ça ne recommencerait pas. En la revoyant, dans les couloirs de la fac, j'avais des envies de meurtre, elle continuait à me faire des grands sourires.

C'était la première fois que j'apprenais à me méfier de certaines femmes. Car en France, quand Mademoiselle ne veut pas de toi, elle sait te le montrer en toute honnêteté. En Espagne, c'est le contraire. Les jolies sont ouvertes, sympas et tout et tout. Buenas chicas, en somme. Elles vous regardent de leurs jolis yeux noirs brillants (j'ai d'ailleurs l'impression qu'il y a bien un oeil typiquement espagnol, sombre et scintillant, mais peut-être que je me trompe. En fait, je pense même... bon, passons), de véritables machines à sourire. Joder, mais c'est qu'en plus, elles rigolent à tes blagues pourries d'expatrié ! Et pour couronner le tout, elles sont proches et te touchent sous prétexte que t'es l'ami d'un ami. Il faut dire qu'ici, être agréable et souriant est LA qualité la plus demandée socialement : tu râles à la française, tu fais part de tes états d'âme, et t'es regardé comme un extraterrestre.

Amigo francés, toi qui t'apprêtes à aller au-delà des Pyrénées et rencontrer des Espagnoles, les conseils qui tuent. Sache être souriant, charmeur, drôle et même un peu provocateur, ça plaît plus que plus. Sans aller trop loin : admirer une espagnole s'énerver parce que tes avances sont trop... avancées, ça fait plus que plus peur. Pas la peine donc de sortir le grand jeu, pas la peine d'en faire des caisses, les Espagnoles veulent juste s'amuser. On peut même se permettre d'être grivois, à la limite du beauf, parce que les autochtones eux-mêmes ne sont pas très raffinés. Par contre, faudrait songer à ranger l'accent français quelque part, parce qu'il est tout sauf sexy (un petit exemple sur You Tube). Baragouine trois mots en espagnol, roule les "r", et on applaudira tes efforts surhumains. Enfin, petit côté pratique : avoir ta propre chambre (débrouille-toi, je vais quand même pas t'accueillir chez moi), ça aide pour le coup d'un soir, sachant que les jeunes Espagnoles se contentent souvent de la chambre d'un pote ou de la banquette arrière moisie d'une voiture pour pouvoir prendre leur pied. On a vu plus classe.

En gros, compte sur une approche douce et sympa, pas d'harcèlement et le sourire figé, t'auras beaucoup plus de chances de conclure qu'avec une Parisienne en boîte. Seul désavantage : celui d'imaginer que, peut-être, elle risque de casser du sucre sur ton dos avec ses copines (ou ton meilleur pote, salope de Valentina).

En illus : las españolas mas bonitas (et leurs yeux qui brillent : Penelope Cruz, Paz Vega, Ines Sastre)



Plan à trois à Barcelone

Posté par Mon Missionnaire le 13.02.08 à 12:06 | tags : auberge espagnole, lesbien, people, sexe et cinéma
Vous avez peut-être déjà entendu que le prochain film de Woody Allen se déroulera à Barcelone. Il s'appelle Vicky Cristina Barcelona, et met en scène Penelope Cruz, Scarlett Johansson et Javier Bardem. L'histoire semble intéressante, puisque les deux premières, selon le réalisateur, figureront dans une scène des plus saphiques. Et que les trois acteurs en remettent une couche en tournant une scène de triolisme. C'est le New York Post qui parle de tout ça.
Le film raconterait l'histoire étrange qui se noue entre un peintre et deux touristes américains. On ne sait rien de plus...
Ce que je me demande, c'est comment un couple dans la vraie vie (Penelope et Javier) arrivent à simuler du sexe au cinéma, et plus encore avec une autre actrice. Ca doit être très déroutant, mais ça doit aussi donner des idées.

L'image est tirée du film, qui devrait sortir en septembre 2008



L'auberge espagnole : Pour la réintroduction du bidet en France

Posté par Mon Missionnaire le 08.01.08 à 15:46 | tags : auberge espagnole, décalé, gadget, scato
Au début, je le regardais avec circonspection. Un bidet dans mon appartement grenadin, ça va me servir à rien, on n'est pas dans un bordel, quand même. Mais il y a malgré tout quelque chose d'étrange : les Français ont inventé cet objet il y a plus de trois siècles, l'ont utilisé avec génie et l'ont popularisé aussi bien en Italie qu'en Espagne, au Japon ou en Argentine. Et puis plus rien. Il a disparu des maisons et appartements de notre beau pays, il a acquis une mauvaise réputation ("il est laid le bidet", chantait un méchant bonhomme). Il est devenu l'instrument des putes, des maisons closes, des Jean-foutres.

Propagande que tout cela ! En vérité, ces maudits Anglo-saxons, n'ayant pas compris l'usage de ce merveilleux objet et se fiant à notre réputation de baiseurs frénétiques, ont relégué l'usage du bidet au sexe. Faut dire aussi que les soldats alliés se rendaient en masse dans les maisons closes françaises durant la seconde guerre mondiale...

Pauvre objet, donc, passé aux oubliettes à cause d'un malentendu. Car le bidet ne sert pas seulement à se nettoyer les parties intimes après l'amour. Vous coulez un bronze magnifique ? Le bidet est là pour assurer l'hygiène de votre petit trou (je sais, l'idée est dégoûtante, mais on s'y fait). C'est plus propre et ça économise le papier. Et en ces temps de raréfaction de l'eau, chaque action compte. Bébé ne sent pas très bon ? Un bain dans le bidet, c'est parfait pour lui. Vos cheveux sont gras, vos pieds puent et pourtant, vous n'avez pas le temps de prendre une douche ? Un petit tour par le bidet. Quelques chaussettes sales qui traînent, mais pas assez de linge à mettre dans la machine ? Direction le bidet. Les toilettes sont remplies d'un étrange objet marron et visqueux et vous avez une furieuse envie de pisser ? Le bidet, encore et toujours lui.

En somme, cet objet génial remplace le lavabo, pas très pratique dans de nombreux cas. Difficile d'expliquer alors pourquoi une invention aussi bienfaitrice pour l'humanité a disparu de nos salles de bains en quelques décennies, alors qu'elle a conquis celles d'Espagne (on n'y trouve pas un seul appartement sans bidet). Bon, je sais, il y a sûrement des questions plus essentielles dans la vie. C'est peut-être pour ça qu'il existe des groupes dédiés au bidet sur Facebook.

Alors, qui est prêt à publier un manifeste ?

MAJ : "Bonjour à l'équipe de SLG, juste pour vous dire qu'en réponse à votre post sur le bidet, je suis allée chercher pourquoi le bidet avait disparu de nos salles de bain. La réponse est donc ici." Merci Morgane !



L'auberge espagnole : sexe sans tabous

Posté par Mon Missionnaire le 26.11.07 à 16:15 | tags : auberge espagnole, sexe et société, vécu
Pour ceux qui avaient raté le premier épisode : Votre Missionnaire est parti s'installer en Espagne depuis trois semaines. Trois semaines durant lesquelles il a pu tirer une conclusion (un peu hâtive) : les Espagnols savent faire du sexe un sujet de discussion comme les autres. Il m'arrive même, en bon Français, d'être choqué par ce que je vois et entends...

Ca a commencé par la télé, ou comment les séries espagnoles abordent même la zoophilie sous les traits de l'humour noir. A une époque, il y avait Un, dos, tres, où chaque danseur et danseuse se déshabillait devant la caméra sans aucune pudeur. Aujourd'hui, il y a Cuestion de sexo, série de moeurs satyriques où les scènes de cul s'enchaînent sans qu'il n'y ait aucun gros buzz comparable à Tell me you love me.
Ca a continué avec les gens rencontrés. Une inconnue qui en dit long sur le fait qu'elle n'arrive plus à avoir d'orgasmes. Des rumeurs qui traînent : une fille qui se réveille le matin, va aux toilettes et fait tomber un préservatif de son vagin pendant qu'elle fait pipi.
Et le grand problème, qui revient continuellement. A Madrid, peu de jeunes accèdent facilement à l'indépendance. Les loyers sont élevés, les offres d'emplois peu nombreuses, alors quand on est en couple et qu'on vit chacun chez ses parents, peu de solutions s'offrent à ceux qui veulent enrichir leur vie sexuelle. Dans la plupart des cas, les amants se retrouvent chez des amis ou, très généralement, dans un endroit public. Les parcs, les halls d'immeuble, pire, les abords d'une autoroute (je peux témoigner, je les ai entendus)...
Fait qui prouve combien, également, les restes de la vieille société sont encore vivaces. Les parents qui ont soutenu ou combattu Franco voient aujourd'hui leurs enfants respirer un air de liberté plus vif encore que pendant la movida. L'Espagne bouge mais certains conservatismes demeurent. Madrid réunit la plus grande gay pride d'Europe, mais certains caricaturistes sont encore condamnés pour avoir représenté le Prince Felipe en plein ébat sexuel. Il n'est pas rare, aussi, de rencontrer des jeunes couples qui peinent à s'installer ensemble, tant leurs parents ne les voient pas vivre "en el pecado", c'est-à-dire en dehors de toute union légitime.

Bizarre, bizarre, donc : autant, par rapport à la France, les moeurs se libèrent et le sexe devient un plaisir aussi légitime qu'un bon chorizo. Autant nous avons réussi, avec un mai 68 que n'a pas vécu l'Espagne, a nous débarrasser de nos vieux démons catholiques. La nation de Zapatero se rattrape comme elle peut, mais elle a atteint déjà un niveau incomparable au reste de l'Europe. Résultat : 8 Espagnols sur 10 se déclarent satisfaits de leur vie sexuelle, contre 4 sur 10 en France.

Prochain épisode : comment les cocktails espagnols mènent irrémédiablement à la fellation.

Illus : Daniel Zueras, vainqueur de la Star Academy espagnole, dans son clip un peu très bi et sa chanson No quiero enamorarme.



Un vagin à l'aubergine

Posté par Mon Missionnaire le 22.11.07 à 11:54 | tags : auberge espagnole, chatte, décalé, santé, sexe et société
En Espagne, il fait chaud (enfin, tout est relatif) et ça doit monter à la tête de tout un chacun. On entend donc de drôles d'histoires traîner ici et là, surtout que ces chers hidalgos ont un sens de la comédie assez prononcé. Ca ne vous étonnera donc peut-être pas de savoir qu'un gynécologue a été jugé coupable par une cour de justice barcelonaise. Ce médecin officie au centre de santé de Montada I Reixac. Le docteur Enric Ripoll aurait conseillé à une patiente de se fourrer une aubergine dans le vagin. Celle-ci n'était pas très à l'aise, et la défense argue que le professionnel aurait voulu faire une petite blague ("va t'enfoncer une aubergine et reviens me voir après") pour que la patiente se détende. La même patiente qui n'a pas du tout rigolé. Après avoir perdu une première fois, elle relance le procès en appel et obtient gain de cause : le juge voit dans cette phrase une humiliation sans équivoque. Et condamne le gynécologue à payer 200 euros à la justice et 3000 euros de compensation à la patiente.
Décidément, je ne regrette pas mon expatriation.





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