La parution estivale du Tome 1 de "Succession, Les légions immortelles", l'excellent New Space Opera de Scott Westerfeld, m'a donné envie de relire "l'I.A. et son double", son précédent roman publié en France.
Dans son récit, qui raconte une histoire d'amour sado-masochiste entre une I.A. robotisée et plusieurs jeunes femmes sur quelques siècles (l'I.A. étant par essence immortelle), Westerfeld imagine avec beaucoup d'impudeur les mille et une façon d'accoupler l'homme et la machine. A l'image d'un David Cronenberg, il ose les unions les plus improbables et offre à la science-fiction contemporaine quelques-unes de ses pages les plus chaudes. Cruauté et tendresse, amour et perversions...
Extrait :
Plusieurs muscles scintillants de la machine se détachèrent de son torse pour effectuer un travail de force dont la rudesse n'excluait pas le plaisir. Quatre d'entre eux, jetant des reflets moirés dans leurs contortions, saisirent Mira par les poignets et les chevilles. D'habitude, ils servaient à de lourdes tâches et non à une simple constriction. Elle poussa un halètement rendu rauque par le cordon dans sa gorge. Les muscles écailleux tracèrent des éraflurent dans leur sillage. Une précaution nécessaire que ces liens : si elle s'était trop débattue, la présence des minces filaments invasifs aurait pu lui occasionner de graves blessures. Il laissa davantage peser sur elle son énorme masse en étalage de puissance gratuit. A son tour de la faire pleurer. Son dernier muscle extrudé - un fouet ayant l'aspect du cuir qui résidait le long de son épine dorsale dure comme le diamant - s'enroula autour du coup de la jeune femme. (...)
La gangue souillée du muscle sentait la cendre et la pourriture animale. Enfin des filaments sensoriels rampèrent sur sa poitrine. Ils entourèrent la pointe de ses seins, les soumirent à une alternance rapide de températures susceptibles tantôt de faire bouillir, tantôt de geler l'eau, et écoutèrent son rythme cardiaque. (...) L'odeur rance de sa transpiration et son souffle précipité trahit sa peur. Et dans sa lutte contre la panique animale, l'esprit de Mira provoqua un nouvel éventail de réactions : ses paupières et ses doigts tressaillaient, les muscles de son vagin et de son anus se contractaient. (...) Un bouquet de palpeurs jaillit de la bouche (de la machine, NDA) pour goûter les larmes, la sueur de la jeune femme, et le filet de salive brillant qui coulait d'un coin de sa bouche prise en otage.
Scott Westerfeld - L'I.A. et son double (J'AI LU)
De Tchou, posté le 13.09.06 à 19:46 
Euh... J'ai vomi en lisant l'extrait, c'est normal ? x_x
De taxus, posté le 13.09.06 à 23:36 
Excellent, ce Westerfield. Je me suis enfilé (sic) les deux dont le militariste, il n'ya guère longtemps, le meilleur demeurant " L'I.A. et son double".