Bientôt un patch pour booster la libido des filles ?Trente fois n'est pas coutume, voici une news qui a quinze jours de retard (hé ouais, ça sert à ça une carte de presse). L'article original de Libé fait douze pages alors j'ai résumé, déplacé, et mis du gras pour les flemmards qui ne liront pas tout.
«En matière de sexualité féminine, on a trente ans de retard par rapport à l'homme», estime François Giuliano, directeur scientifique de Pelvipharm. Pour cet urologue, spécialiste de l'impuissance, les chercheurs en sont encore à essayer de comprendre la physiologie du sexe au féminin. Ces dernières décennies, les différentes phases de l'excitation ont été soigneusement décrites. Même l'orgasme a livré ses secrets, du moins sur le plan mécanique et anatomique. Ce point culminant du plaisir se traduit par, en moyenne, 3 à 5 spasmes des muscles du bassin, qui se suivent toutes les 0,8 seconde. Pour le reste, les spécialistes ne sont pas très avancés. Et ils ne sont guère aidés par les modèles animaux. Assez pertinents pour l'étude de l'érection, les rats semblent moins fiables pour celle du plaisir féminin.La prise en charge des dysfonctionnements du désir féminin est un marché potentiellement colossal : 20 milliards de dollars. «Toutes les études sont concordantes, un tiers des femmes sont concernées, insiste-t-il. Les causes sont variées : usure du couple, traumatisme, chirurgie, ménopause, cancer, dépression, etc. Mais il y a des pistes à explorer. Il faut en finir avec la fatalité du désir qui s'éroderait inexorablement avec l'âge.» A la fin des années 90, boosté par les succès de son Viagra, Pfizer décide de le tester chez des femmes. C'est un flop, qui conduira la firme à abandonner ses essais en 2004. «La molécule a des effets mesurables localement : érection du clitoris et lubrification vaginale. Mais, quand on interroge ces patientes pour savoir si elles en tirent un quelconque bénéfice, la réponse est négative», explique François Giuliano. «Chez l'homme, la réponse à une stimulation sexuelle peut, dans une certaine mesure, se résumer à une érection. Chez la femme, on ne peut la résumer à une augmentation du volume du clitoris et une lubrification vaginale. Tout ce qui est de l'ordre du processus cognitif joue un rôle beaucoup plus important que chez l'homme.»Les nouvelles cibles thérapeutiques sont désormais des neuromédiateurs. Pelvipharm en teste plusieurs , dont des dérivés de la mélanocortine, de l'ocytocine, et de la sérotonine. «Ce sont les pistes les plus avancées, mais elles ne conduiront pas à un médicament avant au moins quatre ans. Si elles y conduisent un jour.» Dans les cartons des chercheurs :- la mélanocortine intervient dans la pigmentation, le contrôle du poids et le plaisir sexuel, mais qui n'a pas donné de résultats concluants. - le bremelanotide, ou PT141. D'abord testé avec un certain succès dans les problèmes d'érection, il suscite des espoirs côté féminin. Des essais plus importants sont en cours chez des femmes ménopausées ou non. - l'ocytocine excite la curiosité des chercheurs. Certains y voient l'hormone de l'amour : l'ocytocine et la vasopressine sont impliqués non seulement dans la fidélité mais dans l'érection, l'orgasme, l'attachement social et aussi l'addiction, l'anxiété, la dépendance, le lien mère-enfant... En bref, «une foule de comportements dont le point commun est de favoriser la reproduction de l'espèce», résume Marcel Hibert. Mais n'y a-t-il pas danger à plancher sur ce qui pourrait être la pilule de la fidélité ? «La première application qui vient à l'esprit, c'est l'autisme, maladie psychique caractérisée par un défaut de lien au monde. L'ocytocine permettrait peut-être de lever les inhibitions sociales.» Mais le chercheur avoue qu'il est préoccupé par les usages sociaux d'une pilule qui rendrait sexuellement fidèle. Dans cette course marathon, l'Américain Procter et Gamble vient de prendre une longueur d'avance. Son patch à la testostérone, l'Intrinsa, a obtenu début juin une «opinion positive» de l'Agence européenne du médicament, préalable à la délivrance d'une autorisation de mise sur le marché. Ce premier dopant de la libido pourrait être disponible en France avant fin 2006. Il sera toutefois réservé à des situations bien particulières : les baisses du désir après ménopause chirurgicale. Commentaires
De Ariane, posté le 27.07.06 à 23:01
![]() Ce genre d'info me fiche une trouille monstrueuse... Les pires cauchemars orwelliens vont nous arriver sur la gueule un de ces quatre... De Jeff Mangum, posté le 28.07.06 à 01:09 ![]() Avec les pilules, on est plutôt chez Huxley, mais oui effectivement. Mais bon... De ReiNanto, posté le 28.07.06 à 01:15 ![]() En même temps, ça ferait du bien une pillule comme ça certains soirs... :p De me, posté le 28.07.06 à 01:18 ![]() C'est un scoop !! Après plus de deux mille ans d'incompréhension, l'homme explore la femme. Heureusement, il semble ne pas avoir perdu le nord : femme réussie = mère, bref si déjà ils faisaient une distinction entre plaisir et reproduction... et un peu de sens de la psychologie. Mais surtout si ces chercheurs avaient eux-mêmes une femme épanouie à leur côté, ils n'affirmeraient pas autant d'inepties... Où va-t-on... De Maïa, posté le 28.07.06 à 09:04 ![]() De toute façon rien n'est joué : la pilule sea, sex & sun nous a été promise dur comme fer par toute la presse, et à l'arrivée, elle n'est jamais sortie. Ajouter un commentaire |
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