Raymond Queneau (L’été c’est l’enfer 25/30)Raymond Queneau, Les Oeuvres complètes de Sally Mara (contient On est toujours trop bon avec les femmes, le Journal intime de Sally Mara et Sally plus intime), Paris : Gallimard, 1962
« Ce n’est pas parce que le nom d’un auteur soi-disant réel figure sur la couverture d’un livre pour qu’il soit le véritable auteur des œuvres parues précédemment sous le nom d’un auteur prétendu imaginaire. » Comment pourrais-je ne pas adhérer à cette phrase de la préface des Œuvres complètes de Sally Mara, étant moi-même un auteur prétendu imaginaire ! Je devrais contacter cette chère Sally et fonder un syndicat... La première partie du livre est constituée du Journal de Sally Mara, une jeune Dublinoise de d La deuxième partie du livre, On est toujours trop bon avec les femmes, évoque sur le mode burlesque l’insurrection irlandaise de Pâques 1916. Sept révolutionnaires prennent d’assaut un bureau de poste, le vident de ses occupants et s’y retranchent dans le but avoué de mourir en héros. Or, une jeune anglaise royaliste nommée Gertie Girdle se trouvait au lavatories pendant l’attaque et ne veut plus en sortir. Pendant son interrogatoire, le chef des républicains déclare que le roi d’Angleterre est un con. « Mais, s’écrie Gertie boulversée, si le roi d’Angleterre tait un con, tout serait permis ! »... proposition qu’elle met évidemment en pratique, s’accouplant sauvagement avec tous les insurgés sauf un, qui est amoureux d’elle. Avant qu’elle ne soit délivrée par les soldats britanniques menés par son propre fiancé, le commodore Carthwright, la pauvre Gertie a le temps de subir tous les affronts, de toutes les manières communément admises. Le récit, tout en allusions, pourrait presque être lu par une écolière innocente sans qu’elle ne comprenne le déchaînement sexuel de cette vierge perverse parmi les révolutionnaires qui la séquestrent tant il est exprimé par d’habiles périphrases... et d’allusions subtiles à Joyce ! Parodique, loufoque, gaillard, désinvolte, cynique, polisson, Raymond Queneau en met plein la vue, en sachant être grossier sans jamais n’être vulgaire. Deux oeuvres faites de calembours et de pirouettes dans lesquelles la fantaisie règne sans partage, à déguster avec un ouisqui sans glace, évidemment. Commentaires
De Jérôme in Paris, posté le 25.06.06 à 13:44
![]() Un petit extrait, en bonus, ça serait possible, Mzelle Archet ? De Bipbip, posté le 11.02.07 à 21:38 ![]() Très bon ! Il faudrait que je le relise... j'avais peut-être pas tout compris à l'époque ;) Ajouter un commentaire |
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