Anaïs Nin (L'été c'est l'enfer 21/30)En décembre 1940, Henry Miller apprend à Anaïs Nin qu’un collectionneur offre de leur payer des récits érotiques à un dollar la page. Se prenant au jeu, elle réunit un groupe de poètes de Greenwich Village, agissant comme la « patronne d’une maison de prostitution littéraire snob » qui avait tout d’une psychanalyse de groupe : « Les homosexuels écrivaient comme s’ils étaient des femmes. Les timides décrivaient des orgies. Les frigides des ivresses effrénées. Les plus poétiques tombaient dans la bestialité, et les plus purs dans la perversion. » « Cher collectionneur, nous vous détestons Vous ne savez pas ce que vous manquez avec votre examen microscopique de l’activité sexuelle à l’exclusion des autres qui sont le combustible qui l’allume. Intellectuel, imaginatif, romantique, émotionnel. Voilà ce qui donne au sexe ses textures surprenantes, ses transformations subtiles, ses éléments aphrodisiaques. »
Cela dit en passant, on constate à la lecture de Venus erotica qu’Anaïs Nin anticipa les fameux exercices du docteur Arnold Kegel, les décrivant explicitement plus de dix ans avant le respectable gynécologue : « "Je veux t’apprendre quelque chose, tu veux bien ? " dit Millard. Il glissa un doigt en moi. "Maintenant, je veux que tu te contractes autour de mon doigt. Il y a un muscle, tout au fond, que l’on peut faire jouer autour du pénis. Essaie." J’essayai. Son doigt était une vraie torture. Comme il ne le remuait pas, j’essayai de bouger à l’intérieur de mon ventre, et je sentis le muscle dont il parlait s’ouvrir et se refermer autour du doigt, très faiblement au début. Et je le fis, ouvrant, refermant, ouvrant, refermant. On aurait dit une bouche minuscule à l’intérieur, pressant ses lèvres autour du doigt. Je désirais le prendre tout entier, le sucer. Et je continuai d’essayer. Puis Millard me dit qu’il allait me pénétrer sans bouger et qu’il faudrait que je continue à serrer à l’intérieur. J’essayais de me coller à lui de plus en plus fort. Le mouvement m’excitait et je me sentais tout au bord de l’orgasme, mais après m’être collée à lui plusieurs fois, avalant son pénis, il se mit soudain à gémir de plaisir, poussant plus vite car il ne pouvait plus se retenir. Je me contentais de poursuivre ces contractions intérieures, et je sentis monter en moi l’orgasme, venant des profondeurs merveilleuses de mon corps, tout au fond de mon ventre. » Alors en mémoire de cette chère Anaïs, faisons nos exercices : une, deux, une deux, une deux... ! Commentaires
De Gwenn, posté le 20.06.06 à 15:34
![]() Une deux une deux ^^ Anais Nin reste en bonne place dans ma biblio entre Apollinaire et l'Histoire d'O... chez mes parents :p Ajouter un commentaire |
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