Louis Aragon (L’été c’est l’enfer 18/30)Albert de Routisie (Louis Aragon), Le con d’Irène. Paris, Cercle du Livre précieux, 1962 (1928) D’Irène, Aragon nous dit qu’autour d’elle flotte « un parfum de brune, de brune heureuse, où l’idée d’autrui se dissous. » On pourrait en dire autant de ce long monologue intérieur, qui est une des partiesde La Défense de l’Infini qu’Aragon écrivit de 1923 à 1927 et qu’il brûla sous les yeux de Nancy Cunard dans une chambre d’hôtel de Madrid. Il en épargna toutefois les meilleures pages, dont celles formant le Con d’Irène et qui constituent le meilleur de sa production érotique.
« Et maintenant, salut à toi, palais rose, écrin pâle, alcôve un peu défaite par la joie grave de l’amour, vulve dans son ampleur à l’instant apparue [...] Nymphes au bord des vagues, au cœur des eaux jaillissantes, nymphes dont l’incarnat se joue à la margelle de l’ombre, plus variables que le vent, à peine une ondulation gracieuse [...] Déjà une fine sueur perle la chair à l’horizon des désirs. Déjà caravane du spasme apparaissant dans le lointain des sables... ». Aragon a donc choisi le mot « con » tel qu’il sort des bouches les plus vulgaires, comme on ramasse un diamant dans la boue pour le polir et en faire voir toute sa splendeur. Malgré son titre ordurier, Le con d’Irène est une poésie nostalgique, un érotisme onirique et chaste, un chant au sexe des femmes, ce lieu « de délice et d’ombre » qui offre « dans ses limites nacrées la belle image du pessimisme ». On peut lire quelques extraits du Con d'Irène sur le site Louis Aragon Online de l'Université de Münster. Commentaires
De Dragibus, posté le 16.06.06 à 19:04
![]() C'est un monument ! De zorg, posté le 16.06.06 à 22:45 ![]() Juste un merci pour la visite chez Aragon. Et pis aussi ce blog me plaît beaucoup. De yannick, posté le 30.12.06 à 20:38 ![]() Je vous souhaite bonne chance pour ces films Ajouter un commentaire |
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