Henry Miller (L'été c'est l'enfer, 3/30)Henry Miller, Opus Pistorum. New York : Grove Press, 1983 Il existe peu d’ouvrages aussi démesurément et densément pornographiques qu’Opus Pistorum. Ouvrez le livre au hasard et lisez à voix haute ; si quelqu'un vous écoute, je vous mets au défi de lire plus de trois lignes. Et même si vous êtes seul, d’ailleurs...
Le livre en lui-même est un hymne en l’honneur de John Thursday, le protagoniste le plus important des romans de Miller et certainement celui qui a eu le plus d’influence sur sa vie – sa bite. Inutile de chercher ici une trame narrative consistante : on y raconte tout simplement les fredaines des personnages des Tropiques, des Américains jetant leur gourme sous les toits de Paris. Opus Pistorum est un coup de poing. Il n’y a pas une page qui ne choque, qui ne scandalise ou qui ne fait rire aux éclats, avec son cortège d’obscénités rabelaisiennes et misogynes plus grandes que nature : pédophilie, inceste, messe noire, orgies, viols, bestialité, sans oublier quelques lesbiennes, une naine, un savant fou, le millionnaire, sa fille et son épouse. En fait, il ne manque plus que Gilligan à cette bande de joyeux naufragés de l’Amérique puritaine, qui dérivant d’une expérience sexuelle à l’autre, dans une recherche d’absolu qui passe nécessairement par le stupre et la luxure. Allez, ne soyons pas prudes ! Je vous lis un extrait, comme ça, au hasard : La traduction française d’Opus Pistorum par Brice Matthieussent a été rééditée par La Musardine en 1997 et est toujours disponible. Commentaires
De Fable, posté le 26.05.06 à 07:50
![]() Et moi qui pensait avoir fait le tour de Miller... merci, je vais compléter ma millerothèque, même si j'ai l'imrpession que celui-ci est effectivement d'assez piètre qualité... De bave-Art, posté le 26.05.06 à 08:50 ![]() Y a-t-il, comme pour vos deux précédentes promesses, une part de vécu dans le choix de cet ouvrage ? De jg ( bave-Art ), posté le 26.05.06 à 12:10 ![]() Votre post me mène directement à Anaïs Nin. De Maïa, posté le 29.05.06 à 10:34 ![]() Jusqu'à présent, Miller m'est tombé des mains... je vais sans doute revenir sur ma mauvaise impression initiale ! De george Amour, posté le 01.06.06 à 21:30 ![]() C'est effectivement assez convulsif, turgescent, suintant, bruyant, et glauque. Ces qualificatifs pourraient laisser présager le meilleur, mais ce n'est pas le plus digeste Miller. Tant qu'à voir ce cher Henry, je vous conseille ses correspondances avec Cendrars. Truculentes. Ajouter un commentaire |
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