Voilà qui pourrait donner un peu de piment au débat sur l'identité nationale voulu par Eric Besson. Si l'histoire de la colonisation française est encore un sujet qui fâche, c'est aussi parce qu'on découvre tous les jours des histoires oubliées du passé, qui resurgissent grâce aux historiens et montrent combien la France a définitivement marqué les pays qu'elle a conquis. En bien comme en mal, certes, mais alors, là, je dis chapeau.
Dans leur grande mission civilisatrice du monde sauvage, les autorités françaises décident, lorsque le Maroc devient le protectorat qu'elle domine en 1912, de faire de Rabat la capitale politique, et Casablanca le pôle économique du royaume. Les prostituées qui y vivent font peur, surtout à cause de la syphilis. Pour limiter les dégâts hygiéniques, on décide de les parquer grouper et contrôler dans un coin de la médina construit par le promoteur immobilier Prosper Ferrieu. Le quartier devient connu sous le nom de "Bousbir" et il a tendance à énerver le Résident général au Maroc, Hubert Lyautey, notamment parce qu'il se trouve juste à côté du centre-ville construit par les Français. Le quartier est déplacé loin des regards, mais il n'empêche, Bousbir devient un vrai bordel à ciel ouvert.
600 à 900 prostituées, 24 000 m², une ligne de bus directe depuis le centre : les Français semblent très bien se débrouiller en économie du sexe (la même chose existe à Alger depuis très longtemps). Arabes, Français expatriés et touristes européens s'y bousculent, dans un décor orientalisant qui a de quoi faire fantasmer les visiteurs sur des images dignes des Mille et une nuits. On écrit dans les guides de l'époque : "Les touristes amateurs d'études de moeurs (sont invités) à gagner la ville close de Bousbir, quartier neuf réservé aux femmes publiques (...) Un cadre qui ne manque pas de poésie." La vérité, c'est que les prostituées y vivent comme en prison, sont astreintes aux visites médicales régulières, peuvent commencer dès l'âge de 12 ans et finir usées à 25. Si elles sont surtout recrutées par les matrones qui gèrent les maisons de passe de Bousbir, la police met aussi la main à la pâte.
Devant un tel succès, les Bousbir se multiplient dans tout le Maroc, en même temps que la prostitution clandestine fleurit, remettant en cause la politique française de confinement du sexe marchand. En 1946, les maisons closes sont interdites en France, mais pas les Bousbir, sous prétexte de "l'état sous-développé de la civilisation sexuelle au Maroc" ! Bousbir sera finalement fermé en 1953 et complètement remanié après l'indépendance, pour devenir aujourd'hui méconaissable, lavé de son passé.
"Ils sont homosexuels au Yémen, en Ouganda, à la Grenade ou à l'Ile Maurice, des pays où leur...
Photos : Quand la sexualité est un crime
Non non, vous ne rêvez pas : c'est bien Angela Merkel nue en son miroir, Barack Obama et...
Uwe Ommer : Travaux domestiques
Même si les hommes politiques ont généralement des réputations d'accrocs du sexe, on utilise...
Rencontres de gauche, rencontres de droite
Comment saisir le double discours si étrange sur la prostitution ? Si dans beaucoup de pays...
"Soyez écolo, n'achetez pas de sexe"
Je ne sais pas si c'est la mode Twilight ou True Blood, si c'est parce que Halloween...
Mets-y bien les dents
Découvert via Facebook, j'ai failli y croire...
Le fantôme de la maison close
Faut vous dire que je me suis réveillé très tôt, ce matin, et couché très tard hier. Deux cafés...
Miscellanée du jour #2
De Cool8D, posté le 04.11.09 à 15:39
Wow l'article original: c'est de la dynamite!
Quel scandale!
Les bordels militaires de campagne, c'est horrible : de l'esclavage!
Pauvres filles.
De Bof, posté le 04.11.09 à 16:19
Finalement rien à changé, c'est plus sauvage c'est tout! Mais un ministre peut toujours se vider les couilles dans le cul d'un pauvre type dont il préfère ne pas connaître l'âge, ou un réalisateur sur une jeune fille aux corps de femme, ou un chanteur, rappelez vous l'affaire Trenet au canada, rien à changé, que les décors, l'esclavage est plus subtil, et finalement s'ils crèvent du sida comme en afrique ben tout le monde s'en cogne! Et tout ça reste masqué, non plus par une organisation massive, mais par la célébrité ou une place intéressante dans un gouvernement...
De cool8D, posté le 04.11.09 à 17:44
Moi je parle de ça:
http://www.telquel-online.com/395/couverture_395.shtml
De kioto, posté le 10.11.09 à 15:10
Mais non, mais non rien à dire sur la prostitution, l'esclavage c'est de la morale à deux bales
Finalement rien à changé, c'est plus sauvage c'est tout! Mais un ministre peut toujours se vider les couilles dans le cul d'un pauvre type dont il préfère ne pas connaître l'âge, ou un réalisateur sur une jeune fille aux corps de femme, ou un chanteur, rappelez vous l'affaire Trenet au canada, rien à changé, que les décors, l'esclavage est plus subtil, et finalement s'ils crèvent du sida comme en afrique ben tout le monde s'en cogne! Et tout ça reste masqué, non plus par une organisation massive, mais par la célébrité ou une place intéressante dans un gouvernement...
sujet délicat