La sexualité indienne : le cas ChhinamastaPosté par Mon Missionnaire le 03.07.08 à 13:33 | tags : amour, illustration, kamasutra, sexe et société
Suite des billets sur la sexualité des temps anciens : lire ou relire la sexualité dans la Préhistoire, en Egypte ancienne et dans la Rome antique.
En Inde, on le sait tous désormais, on a inventé le Kamasutra. Les temples aux gravures érotiques de Khajuraho prouvent également que la société indienne n'avait pas de tabous sur la sexualité à une autre époque. Aujourd'hui, les choses ont bien changé : difficile de trouver une femme prête à sacrifier sa virginité sans mariage (un mariage qui finira souvent par être arrangé). Impossible de voir un couple se tenir par la main dans la rue, sauf des hommes, par pure amitié. On commence à peine à voir des scènes d'amour chaste au cinéma bollywoodien. Mais voilà : une tradition religieuse forte, l'influence coloniale des moeurs strictes du Royaume-Uni victorien ont fait qu'aujourd'hui, la sexualité est un sujet tabou en Inde. On se met donc à regretter un temps où la culture indienne savait se montrer très érotique, en littérature comme en architecture, en poésie ou en images. Et au sein même de la religion hindoue. J'ai découvert récemment une déesse indienne très curieuse. Il s'agit de Chhinamasta ou Chinnamasta, une des dix déesses sages, les Mahavidya, elles-mêmes incarnations de la féminité divine, le Devi. Un jour, on dit que Parvati, femme de Shiva, fut allée se baigner dans la rivière Mandakini avec deux servantes. Mourantes de faim, elles demandent à Parvati de les nourrir, mais celle-ci était malheureusement trop plongée dans ses pensées pour les satisfaire. Insistant par trois fois et suppliantes, tout en se montrant très flatteuses avec Parvati, la déesse décide de les nourrir. Se coupant la tête, qui tombe dans sa main gauche, et laissant émerger trois coulées de sang de sa gorge. Celles de gauche et de droite arrivent dans les bouches des servantes, celle du centre dans la propre bouche de Parvati, devenant ainsi une nouvelle incarnation, Chhinamasta. ![]() L'autre interprétation veut que le couple fornicateur nourrit de désir et d'énergie sexuelle la déesse. Chhinamasta est ainsi en mesure d'abreuver ses servantes et elle-même, ainsi que finalement, tout l'univers. Car dans la mythologie indienne, le désir est à l'origine de la création du monde. Cette représentation nous dit donc que le sexe, la vie et la mort font partie d'un même tout. La vie (le sang de la déesse) se nourrit de la mort (la tête coupée) et se base sur la sexualité (Rati et Kamadeva) pour se perpétuer, donnant ainsi la vie et formant un cycle éternel. Perso, je trouve ça magnifique (même si un peu sinistre). Commentaires
De stefenpointfluctuat, posté le 03.07.08 à 13:47
![]() Je trouve ça bien moins sinistre que nos affaires de maisons closes précédentes... De Jerem, posté le 03.07.08 à 14:20 ![]() Un billet nécessaire. J'en apprends donc un peu plus sur le panthéon hindou :) De Joest, posté le 03.07.08 à 15:04 ![]() Le début a un côté Monty Python: la femme qui se baigne sans écouter ses servantes affamées... Et ensuite, pour les nourrir, elle ne trouve rien de mieux que de se couper la tête!? De biloute, posté le 03.07.08 à 18:58 ![]() Trop nul la sexualiter undienneDe nana, posté le 04.07.08 à 03:05 ![]() "trop nul" , moi je dis CA c'est de l'esprit critique, du grand commentaire, chapeau. De cool8D, posté le 05.07.08 à 15:41 ![]() Tiens, ce ne sont pas les servantes qui nourrissent la patronne? De Zorro, posté le 07.07.08 à 13:58 ![]() Un peu trordu non ? Ajouter un commentaire |
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