Spécial Sidaction : Ron Athey
Si, à l'aube des années 70, les partouzes étaient une façon d'exprimer un besoin de libération des moeurs, les mid-90's et notre tout jeune 21ième siècle pencheraient plutôt vers les transformations et mutilations corporelles comme actes politiques, en prise directe avec le corps et sa relation au mysticisme et au religieux. "Quand on n'a plus de valeur, alors seule la douleur nous montre que nous sommes bien vivants. Notre corps ne ment pas", explique Ron Athey, apôtre du body piercing, bête de scènes sanglantes, et figure de proue de cette tendance tribale. Homosexuel, séropositif (porteur sain), ex-prostitué, ex-taulard, Athey commence sa carrière au côté du futur Christian Death, le chanteur/performer Rozz Williams. Aujourd'hui rédacteur adjoint de LA Weeks, le journal branché de Los Angeles, il en est la très personnelle mascotte. Ron est plutôt un type sympathique. Selon lui, "se piquer permet de toucher des points d'acupuncture sensibles, qui dirigent les flux d'énergie qui nous traversent, et nous invite à mieux contrôler notre corps". Créer un rempart pour renforcer l'autodéfense immunitaire que le virus du Sida détruit, permettre aux ex-junkies de se libérer du joug de la fixette en se piquant sans héroïne, voici, en substance, l'énoncé anti-politiquement correct du message de Ron Athey. A vous de voir, vous êtes grands... Commentaires
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