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Fétichisme et SM : La vieille école

Fetish Generation


Fétichisme et SM : La vieille école


Le fétichisme évoque à coup sûr des corsets, talons-aiguille et autres bas-couture... qu'aujourd'hui et malgré la mode du fétichisme, (presque) plus personne ne porte. Le fétichisme est-il pour autant réservé aux vieux ?


- Sondage : Etes-vous fétichiste ?

Avant, il y avait les adeptes de "l'éducation anglaise", les fanatiques de la fessée, les accros du bas ou du talon aiguille, les adorateurs de Betty Page... Etre fétichiste, avant guerre, c'était tout simplement être "normal". On ne pouvait qu'adorer les bas, les culottes en soies et les portes jaretelles, si on était un homme, hétérosexuel de surcroit, car les femmes ne portaient que ça ! Cependant, à l'époque de nos grands parents, on pouvait déjà noter d'étonnantes déviances. Il y a une différence, en effet, entre apprécier quelque chose et le porter aux nues, ne plus pouvoir s'en passer. C'est cette petite différence entre "aimer ça" et ne pas pouvoir "faire sans", qui est à l'origine d'une personnalité "fétichiste". Tout commença avec les grandes stars hollywoodiennes aux réputations sulfureuses : Rita Hayworth, Ava Gardner, Veronica Lake... Elles firent fantasmer des générations entières dans des films ou, si la nudité était exclue, on apercevait souvent, bas noirs, talons aiguilles et corsets, qui affinaient la taille, allongeaient les jambes et les chevilles. Les femmes était alors obligée de déployer des trésors d'artifices pour pouvoir séduire et le rituel du strip-tease n'en était que plus sensuel et plus excitant. Une inconnue allait alors devenir l'égérie du milieu fétichiste (elle l'est encore aujourd'hui), Betty Page. Simple institutrice découverte par Bunny Yeager, on voit très rapidement son image de poupée sacrifiée aux plaisirs interdits du bondage et du SM, diffusée de manière exponantielle et devenir le symbole des érotomanes du monde entier.

Quand le fétichisme quite le boudoir pour le hangar
Malgrè tout, le fétichiste reste un art pour afficionados jusqu'au début des années 80. Synonyme de haute bourgoisie et de dentelle (il fallait avoir les moyens d'acquérir certains "uniformes"...), les pratiques restent secrètes et certaines personnalités du milieu feront tout pour que se soit le cas. C'est avec des magazines d'avant-garde comme Skin Two (www.skintwo.co.uk) que le fétichisme sortira de l'ornière des "spécialistes" pour devenir un phénomène à la renommé mondial. Des événements tels que le Rubber Ball - festival qui a lieu tous les ans en Hollande et en Angleterre - créerent eux aussi une émulation autour de cet univers encore mystérieux. Le mixage des genres, l'arrivée des grands couturiers (Thierry Mugler en son temps et notre Jean-Paul Gauthier national, plus récemment), l'abandon d'un "dress code" trop strict, donnera l'occasion de démocratiser l'univers fantasmagorique, bizarre et secret du fétichisme. Déjà, de nombreuses générations feront le liens entre des mondes aussi différents que les premiers épisodes de Chapeau Melon et Bottes de Cuir et les films purement SM de Maria Beatty (1), des superproductions hollywoodiennes comme Bateman et sa ravissante partenaire Catwoman, donneront le ton dans les soirées estampillées "Fetish" outre manche ! Les éditions Taschen publient, pour le plus grands nombre, les trésors de l'imagerie fétichiste, jusque là uniquement accessible aux collectionneurs, Eric Krolls, Richard Kern, Natacha Merritt, Noboyushi Araki, mais aussi les grands ancêtres du genre, avec Betty Page ou le sublime recueil Forbiden Erotica. Le fétichisme quitte les "antichambres de l'enfer" pour s'installer dans nos bibliotheques, derrières nos écrans, sur internet, dans les soirées techno à travers le monde.

[Illustrations : 1 - Betty Page | 2 - © BleuProduction | 3 - © Eric Kroll]

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