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La fin du genre

Dossier Queer Nation et Transgender


La fin du genre


Un homme, une femme : la fracture a le mérite d'être simple, mais pour tous ceux qui ne se retrouvent pas dans une définition qui emprunte beaucoup au cliché, que reste-t-il ? La transgression et la contestation d'une vision binaire du monde : en clair, la fin du genre, et le début de la liberté queer.


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Queer Nation et Transgender : la fin du genre
Le "genre" sexuel, être "un homme" ou "une femme", est considéré par beaucoup comme une des frontières établissant clairement notre identité en tant qu'individus. Nous nous savons dans un corps d'homme ou dans celui d'une femme, depuis notre plus jeune âge. Selon l'un ou l'autre cas, notre comportement vis à vis des autres est différent. Notre langage, nos goûts vestimentaires, nos attitudes diffèrent. Notre sexualité aussi. Et que l'on soit homosexuel ou hétérosexuel ne change rien à ce sentiment d'appartenance à l'un ou l'autre genre biologique. Pourtant, comme l'écrivait le philosophe radical Michel Foucault : "les genres sexuels sont des constructions sociales et culturelles aux limites pour le moins floues". C'est ce que pensent aussi deux théoriciennes américaines Teresa de Laurentis et Judith Butler qui fondèrent les bases du mouvement Queer. Un mouvement qui place la liberté d'être soit-même sans contrainte sociale de "genre" au dessus de tout. Aujourd'hui le mouvement Queer peut revendiquer une importante influence artistique, philosophique et social, un peu partout en occident.

Le Queer, un mutant du 21ème siècle
Le Queer ou Transgender (littéralement celui qui transcende le genre), est une idée différente de la sexualité. Une "troisième voie" se situant entre le masculin et le féminin. Etre Queer c'est "ne pas se situer sexuellement", ou alors, attacher moins d'importance au fait d'être (ou de ne pas être) un homme/une femme. L'individu Queer est un mutant. Ce peut-être un homme, très masculin d'aspect, habillé de cuir de la tête au pied, mais au cheveux long, entièrement épilé et maquillé. Ces gestes dégagent une grâce peu commune et il fait tout autant fantasmer les hétéros que les homos. Ne laissant pas plus, à celui qui le croise, l'impression d'avoir aperçu un homme qu'une femme. Même chose du côté féminin. Les "Garçonnes" du 19ème siècles étaient en quelques sortes de parfaites Queer avant l'heure (Colette et plus tard Simone de Beauvoir). Intellectuelles de haut vol. Gracieuses, mais fumant comme les hommes, portant la "culotte" (ce qui étaient considérablement provocateur pour l'époque), souvent lesbiennes, mais pas plus masculine que n'importe qu'elles autres filles, ou alors par jeux. Etre Queer c'est donc se situer dans la "non-définition" du genre, jongler avec ceux-ci, en jouer. De la "folle" au "Butch", en passant par le "Trans" ou le "Drag Queen", le Queer accueille tout le monde aussi. Tout comme le/la bisexuel(le) ou celui qui considère que sa sexualité et ses goûts dépendent de l'instant, du moment, de la rencontre et du hasard. De par son ignorance du genre, le Queer ouvre donc la porte à tous les styles de vie sexuelle... Un statut flou qui en est la principale revendication.

[Illustrations : 1&2- © M. Johnstone | 3- © Georges Platt Lynes]

Maxence Grugier

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