Le cybersexe est la face "rose" de la cyberculture...
Le terme "cyber" vient du grec "kubernan", (gouverner/diriger) et a donné "la cybernétique".


Cybersexe : le sexe geek, mode d'emploi
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Une science inventée par Norbert Wiener pour définir "la régulation de l'information chez les êtres vivants et les machines". Par extension, est "cyber" tout ce qui a un rapport avec la robotique, la micro-informatique, les réseaux ou l'automatisme. Le cybersexe, qui nous intéresse ici, est donc la face "rose" de la cyberculture. En 1951, le sociologue Marshall McLuhan analysait déjà l'un des aspects les plus curieux de notre monde mécanisé : la fascination pour la fusion du sexe et de la technologie. Prémonitoire, puisque plus de 30 ans après, la technologie érotisée, le sexe assisté par les machines, l'accouplement avec la technologie et les désirs charnels déviants se retrouvent tous enchevêtrés.

Pour les philosophes, la quête poursuivie par le cybersexe est surtout dominée par la question du devenir de la sexualité et du corps, dans une société de plus en plus dématérialisée. Des idées qui hantent les fictions de nombreux artistes contemporains. Les fantasmes de sexe virtuel, restés longtemps dans le vague, furent exposés une première fois au cinéma dans le film Le Cobaye de Brett Leonard. Plutôt médiocre, le film comporte tout de même une scène culte, celle ou le héros enveloppé dans un équipement de réalité virtuelle, pratique le coït artificiel dans l'espace immatériel d'internet. Son corps et son visage se fondant dans celui de sa partenaire, en une union mystique qui dissout les limites physique. Comme souvent, c'est au japon que le 7ième art ira le plus loin dans ce domaine. Dans Tetsuo (et sa suite Tetsuo II : Body Hammer) du réalisateur culte Shinya Tsukamoto, on assiste au paroxysme du fantasme de l'union homme-machine, dans un Tokyo froid et déshumanisé où la technologie fleurit à même la chair. Une extase mécanique sinistre et troublante que l'on retrouve également dans I.K.U. (Orgasme) de Shu Lea Cheang, fantasme de pénis infatigable et de sexe artificiel, qui jouent eux-aussi le premier rôle, emportant le spectateur dans un univers fait d'attirances et répulsion pour les machines, typique de la cyberculture.

Maxence Grugier




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